« Vivre vite » Le dix-neuvième siècle face à l’accélération du temps et de l’histoire

Publié dans Colloques Sciences & Sciences Humaines

DEMACHY Robert (1859-1936) Vitesse (1904) - Épreuve photomécanique (similigravure) à partir d'une épreuve à la gomme bichromatée, H. 12,4 ; L. 17,9 cm - © Photo RMN-Grand Palais - P.Schmidt

Pass Présentation du Pass sanitaire à l'entrée

IXe Congrès de la Société des Études Romantiques et Dix-Neuviémistes

Avant-propos

Nous nous plaignons souvent, aujourd’hui, du tempo accéléré de nos vies. Mais de quand date cet emballement ? Le XIXe siècle est-il à l’origine de ce sentiment d’accélération continue du temps ? Force est de constater que, dès le tournant du siècle, les modes de vie ont tendance à s’inscrire en rupture avec les rythmes de l’Ancien Régime. Les bouleversements politiques, la labilité des trajectoires sociales, la fluidité des circuits commerciaux et financiers, l’évolution des moyens de transport, placent la vitesse au cœur de la vie quotidienne : le siècle du progrès n’a pas de temps à perdre. La presse, la mode, la Bourse, la tribune imposent, ou relaient, une cadence qui peut devenir infernale, tandis que les prouesses sportives ou musicales redoublent les records industriels et techniques. La littérature comme les arts visuels sont partie prenante de cette évolution dont ils rendent compte et qu’ils intègrent à leurs pratiques telle une performance. Photographes de l’instant, adeptes de l’écriture « à la vapeur », fascinés par la vitesse et la frénésie urbaine, côtoient cependant des observateurs plus critiques qui se proposent – exception, contrepoint, résistance ? – de faire l’éloge de la lenteur, du calme de la vie provinciale, des voyages et des passions au long cours. Car vivre vite, est-ce vivre plus, ou bien ne plus avoir le temps de vivre et de créer ?

Partenaire

LUNDI 4 OCTOBRE 2021

 

Ouverture du congrès  par Jean-Claude Caron, Christèle Couleau et Claire Barel-Moisan

Conférence plénière d’ouverture : Étienne Klein (Commissariat à l’Énergie Atomique, Laboratoire de recherche sur les sciences de la matière) : Le temps a-t-il une vitesse ? 

Session 1 : L’emballement médiatique (11h15-12h45)

Présidence : Jean-Claude Yon (EPHE, PSL)

Session 2 : La vitesse au quotidien (14h-15h30)

Présidence : Judith Lyon-Caen (EHESS)

Session 3 : Accélérer ou résister ? (15h50-17h50)

Présidence : Jean-Claude Caron (Université Clermont Auvergne)


MARDI 5 OCTOBRE 2021

Session 4  : Allegro ma non troppo (9h30-11h30)

Présidence : Cécile Reynaud (EPHE, PSL)

Session 5  : le geste véloce (11h45-13h15)

Présidence : José-Luis Diaz (Université de Paris)

Session 6 : Poétique et esthétique de la vitesse (14h-16h)

Présidence : Claire Barel-Moisan (CNRS. ENS de Lyon)

Session 7 : Inscrire la vitesse dans l’image (16h15-17h45)

Présidence : Éléonore Reverzy (Université Sorbonne Nouvelle)


MERCREDI 6 OCTOBRE 2021

Session 8 : Accélérer le mouvement (9h30-11h)

Présidence : Françoise Gaillard (Université de Paris)

Session 9 : En voiture ! (11h15-12h45)

Présidence : Marie-Ange Fougère (Université de Bourgogne)

Session 10: Cadences théâtrales (14h-15h)

Présidence : Émilie Pézard (Université de Poitiers)

Session 11 : Trouver son rythme (15h-16h)

Présidence : Philippe Hamon (Université de Paris)

Session 12 : Les temps de la vie (16h15-17h45)

Présidence : Christèle Couleau (Université Sorbonne Paris Nord)

 

Résumés de communication

Le temps a-t-il une vitesse ? par Etienne Klein

L’urgence semble s’être liquéfiée : elle s’infiltre partout. Alors, déplorant que nos agendas soient sursaturés, constatant que tout « fonce », à commencer par nous-mêmes, nous nous exclamons : « Le temps s’accélère ! » Comme si la dynamique du temps épousait celle de nos trépidations. Comme si le temps suivait le rythme de notre emploi du temps, nous courrait après, armé d’une fourche ou d’une pique. Comme si, surtout, le temps pouvait se voir doter d’une accélération, donc d’une vitesse. Mais comment définir la vitesse du temps, dès lors que toute vitesse est une dérivée par rapport… au temps ? N’y aurait-il donc pas là quelque abus de langage ?
En marge de cette question, nous reviendrons sur l’une des plus grandes controverses scientifiques de la seconde moitié du XIX e siècle : le paradoxe dit « de la réversibilité des équations de la mécanique » a vu s’affronter les plus grands savants de l’époque, d’Henri Poincaré à Pierre Duhem en passant par Wilhelm Ostwald, Ernst Mach, Max Planck ou Ludwig Boltzmann. Il s’agissait d’expliquer le fait que la plupart des phénomènes physiques sont irréversibles, alors même que les équations qui les régissent impliquent qu’ils devraient être réversibles…

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Écrire à la vapeur : conditions techniques de l’accélération du rythme culturel par Julien Schuh

L’imaginaire de la vitesse qui se développe au XIXe siècle, et l’accélération constante des rythmes sociaux, dépendent de conditions techniques et de ressources énergétiques et matérielles qu’on a tendance à oublier. Nous nous intéresserons à l’émergence de ce système articulant des conditions matérielles (énergies fossiles, rotatives comme la presse Marinoni, papier continu), économiques (circulation des capitaux, levée des contraintes pesant sur l’emprunt et la création d’entreprises) et culturelles (nouvelles pratiques de production et de consommation, périodicité et modes) dans le cas de la culture de l’imprimé. Il s’agira d’analyser une forme d’industrialisation des processus communicationnels qui se traduit par des injonctions à fluidifier les échanges textuels et graphiques, et un déplacement de la focale de la qualité du message à sa circulation et sa reprise, selon une logique comptable. Ces logiques de consommation culturelle, qui entraînent l’augmentation de la production d’objets dans des circuits menant à leur transformation en déchets, entrent en tension dans le siècle avec les pratiques de la collection, du recyclage, de la transmission patrimoniale.

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Comment accélérer davantage ? Gestion de la rapidité de l’événement politique dans la presse quotidienne de la Restauration (1815-1830) par Morgane Avellaneda

Une accélération des publications a lieu dans la presse de la Restauration. Les grands titres politiques de l’époque, entre autres le Journal des débats, la Quotidienne et le Constitutionnel, permettent au lecteur de suivre les nouvelles et les débats parlementaires au jour le jour, créant une nouvelle immédiateté de l’accès à l’information. Nous observerons la manière dont les quotidiens rendent compte de l’accélération du temps qui a lieu lors des événements à caractère exceptionnel, et la manière dont ces titres cherchent à rendre compte de l’importance d’un événement qui demande à être traitée de façon plus immédiate encore. Les journaux sont-ils, sous la Restauration, les vecteurs d’une rapidité politique en partie illusoire à laquelle ils participent ; ou courent-ils après une réalité toujours trop rapide, mettant ainsi au jour l’impossibilité d’un vrai suivi de l’actualité ? 

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Les damnés du feuilleton dramatique : critiquer vite, vite ! à l’ère de l’industrialisation des spectacles par Julie Anselmini

À l’ère du périodique et de l’industrialisation des spectacles, le critique dramatique est confronté, surtout dans la seconde moitié du XIXe siècle, à une double injonction : écrire, à un rythme soutenu, le feuilleton du journal auquel il collabore ; rendre compte d’une actualité souvent décevante et de spectacles trop souvent montés « à la va vite ». Comment l’accélération du temps médiatique et économique, et son impact sur le monde du spectacle comme sur leur propre activité, sont-ils appréhendés, thématisés mais aussi contournés par les critiques dramatiques ? Quelles scénographies, quelles stratégies déploient-ils pour s’en accommoder ou les dénoncer ? Quelles formes d’écriture sont-ils amenés à inventer ? C’est ce qui sera examiné à travers les cas de trois écrivains-critiques qui ont chacun adopté un positionnement et des choix différents pour remplir le « tonneau des Danaïdes » du feuilleton dramatique : Alexandre Dumas père, Théophile Gautier et Jules Barbey d’Aurevilly. 

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Standardisation horaire et ponctualité : la peur du retard par Côme Souchier

À l’occasion de la suppression des heures locales au profit de l’heure de Paris en 1891, opposants et partisans de la réforme interrogent leur rapport au temps. Les débats révèlent notamment une hantise du retard, compris à la fois comme manquement à la norme de ponctualité et moindre avancement dans le progrès civilisationnel. Nous proposons d’interroger, à partir des réactions aux réformes liées à la standardisation horaire, les intrications entre expressions et représentations du temps historique et du temps horaire.

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De la lettre un jour sur deux au message dans l’heure : la distribution du courrier comme valeur-étalon par Sébastien Richez

Le XIXe siècle voit un objet jusque-là peu usité, et tout son décorum, se révéler partout aux yeux des Français : la correspondance se répand, et la prise en charge est assurée par les agents du service postal. Dans un contexte de progrès de l’alphabétisation, d’essor économique et d’ouverture des terroirs, l’Etat met en place les conditions de circulation d’un courrier toujours plus rapide, qui concourt à la reconfiguration de l’espace-temps national, cependant pas totalement uniforme. Cette révolution vécue dans le rythme des échanges, par la voie postale, est alors considérée comme constitutive de la grandeur de la France. 

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Accélérer le temps et l’espace : la temporalité expositionnaire ou le reflet d’un système par Camille Napolitano

Microcosmes « caché[s] à l’intérieur » de Paris, les expositions universelles présentent, entre 1855 et 1900, les avancées industrielles, artistiques, scientifiques et techniques de la France au reste du monde, tout en créant, au cœur de sa capitale, un espace utopique de divertissement. Pourtant, éphémères, ces villes dans la ville sont destinées à disparaître au bout de six mois, instituant dès lors leur propre temporalité, caractérisée par la vitesse et l’accélération, dont cette communication analysera d’abord les enjeux organisationnels et constructifs. Elle interrogera ensuite ce phénomène, dont l’éphémérité traduit les enjeux temporels systémiques du xixe siècle, en tant que modélisation et laboratoire des accélérations industrielle, spatiale et économique que connaît alors l’Europe, l’inscrivant ainsi dans la recherche d’une modernité baudelairienne fugitive, transitoire et contingente.

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Comment ralentir la fébrilité des passions démocratiques : Tocqueville et l’« américanisation » de la société par Brigitte Krulic

Dans la Démocratie en Amérique, Tocqueville a dressé le tableau de l’ « américanisation » du monde induite par la modernité démocratique. Mû par la « crainte de n’avoir pas choisi la route la plus courte » pour atteindre la satisfaction immédiate de ses désirs, l’individu de l’âge démocratique « est toujours pressé ». Tocqueville ne croit pas qu’un retour au temps immobile de l’Ancien Régime soit possible ni souhaitable : il faut donc tempérer les passions démocratiques qui évolueront fatalement vers un pouvoir despotique si un ensemble de garde-fous et d’instances normatives ne vient pas les « ralentir ». Parmi ces indispensables « points fixes » figurent les formes de l’ordre juridique. La lenteur des procédures corrige la rapidité des passions dont elle « retarde » ou « arrête » l’assouvissement, elle impose des délais et instaure un système de médiations qui servent de barrière entre forts et faibles, gouvernants et gouvernés, retardant les uns et donnant aux autres « le temps de se reconnaître ». 

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Prendre de vitesse l’insurrection en France, 1831 – 1852 par Ivan Burel

Cette communication s’intéresse à la course de vitesse entre autorités françaises et groupes révolutionnaires au premier XIXe siècle, au lendemain des guerres napoléoniennes. Face une insurrection qui apparaît, pour une importante part du personnel politique et militaire, comme un danger réel et dont les convulsions ne cesseraient de se rapprocher, il s’agit d’étudier comment les autorités envisagent de répondre à cette menace imminente. D’une part en tentant de prévenir l’insurrection dans ses premiers moments, par l’infiltration des sociétés secrètes, la surveillance des potentiels insurgés et le déploiement de troupes destinées à écraser l’insurrection dès ses premiers balbutiements. D’autre part, en développant des discours politiques accompagnant ces mesures répressives, justifiées au nom de la « société en état de légitime défense » ne faisant que prendre de court la violence du « volcan » de l’émeute. 

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Entre permanence et souhait d’immuabilité, la restauration du monument médiéval au XIXe siècle par Bruno Phalip

Entre volonté de permanence et souhait d’immuabilité, les tenants de la restauration du monument au XIXe siècle tentent de freiner leur temps neuf en captant l’immobilité du temps long de l’éternité, de l’histoire en arrêt. Théoriser la restauration en France, comme en Europe, c’est admettre l’existence d’un temps destructeur qui rompt le pacte ancien du temps long des communautés avec leur environnement transmis. Rétablir, c’est également corriger et rendre le passé présentable un édifice restauré, miroir d’un temps accéléré. Le restaurateur prend alors le parti du temps présent, interventionniste, en utilisant des techniques et des organisations industrielles répondant aux normes contemporaines et non à celles du passé : mécanisation des chantiers et des ateliers, l’artisan/ouvrier, le chantier/usine, l’industrie au service de la restauration pansement d’un temps présent, brutal et heurté.

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Engager le corps dans les « blancs de la carte » ou fuir l’accélération du temps : expériences de temporalités « ancestrales » chez les voyageurs-naturalistes de la deuxième moitié du XIXe siècle par Nicolas Cambon

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, les derniers « blancs » sur les cartes européennes – ces « pays cannibales » qui hantent aux yeux des Européens l’intérieur de l’Afrique équatoriale, de l’Australie ou de Bornéo – sont visités par des voyageurs occidentaux. Dans un contexte d’expansion des empires coloniaux, notamment dans le Pacifique et en Afrique subsaharienne, ces explorateurs désirent y vivre des aventures[1] ; c’est-à-dire ressentir une temporalité moins cadencée qu’en métropole et, paradoxalement, plus forte, au diapason de leur corps et des affects vécus.
La chasse, l’ethnographie, la marche, ou encore la confrontation à l’univers végétal et minéral sont autant de pratiques permettant d’éprouver, en ces lieux, la décélération du temps. Ces voyageurs ont des identités différentes – naturalistes, aventuriers, journalistes – mais le désir, identifié par Georges Vigarello, de « rechercher de l’inattendu, s’enrichir par la surprise, se mesurer par l’intensité[2] » leur est commun. Cet état d’esprit contribue, lors de la rédaction du récit de voyage, à enfermer les natifs dans cette temporalité jugée plus lente et ancestrale ; les renvoyant à une époque préhistorique[3].

Cette communication propose de revenir sur cette temporalité vécue, propre aux séjours dans les terrae incognitae et décrite par les voyageurs dans leurs récits de voyage. Il s’agit de montrer que leurs discours s’arriment à des appréciations sensorielles et émotionnelles de ces espaces et leurs populations.

  • [1] Sylvain Venayre, La gloire de l’aventure. Genèse d’une mystique moderne (1850-1940), Paris, Aubier, 2002.
  • [2] Georges Vigarello, Le sentiment de soi : histoire de la perception du corps. XVIe-XXe siècle, Paris, Éditions du Seuil, 2014, p. 132.
  • [3] Johannes Fabian, Le temps et les autres : Comment l’anthropologie construit son objet, Toulouse, Anacharsis, 2006 (1ère éd. 1983).

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La virtuosité est-elle divine ou démoniaque ? par Béatrice Didier

L’accélération des mouvements, les progrès de la facture des instruments, le vedettariat et le rôle de la presse avec l’extension du public, peuvent expliquer la place croissante donnée à la virtuosité dans les concerts, dans la pédagogie. Mais que signifie la virtuosité ? Est-elle une forme de bravoure, un bel exemple d’ascétisme héroïque ? Répond-elle à une volonté dictatoriale de prise de possession magique ou diabolique de l’auditoire ? Les métaphores et les caricatures révèlent bien l’ambiguïté de la virtuosité . Si, selon Stendhal, « le mouvement fait tout pour l’expression », et donc la signification de la musique, l’interrogation sur la virtuosité amène une réflexion sur la lenteur. A la musique de Rossini, si brillante dans sa rapidité, Stendhal préfère en définitive, « les émotions sombres si puissamment évoquées par les notes lentes de Mozart ».

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« Jouer vite » : la vapeur et le métronome par Emmanuel Reibel

Tandis que le XIXe siècle rêve d’une « musique à vapeur », hybridant l’instrument de musique et la locomotive, le métronome, inventé par Maelzel en 1815, se pose rapidement en outil de contrôle du tempo. Faut-il alors opposer la vapeur, métaphore de la vitesse effrénée, et le métronome, souvent utilisé par les interprètes pour garder la mesure, et éviter d’accélérer ? L’examen d’une série de textes consacrés au métronome permettra de montrer que cette machine constitue le symbole et le vecteur d’une nouvelle relation, d’ordre industriel, au temps : celle-ci joue un rôle paradoxal dans l’accélération du temps musical, et incarne l’ambivalence d’une époque qui, pour des raisons tout à la fois économiques et philosophiques, cherche tout à la fois à accélérer le temps et à contrôler les cadences.

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De "La Dame blanche" (1825) à "Carmen" (1875) : temps et histoire dans l’opéra-comique par Hervé Lacombe

Créé en 1825, La Dame blanche de Boieldieu propose une sorte de contre-accélération du temps, de ré-enracinement de l’Histoire dans le passé (notamment par la célébration des traditions) et de ré-encrage de la société dans des valeurs perdues. Cinquante ans plus tard, Bizet lance un mot d’ordre esthétique : « Mort à La Dame blanche ». Il s’agit pour lui de réinventer l’opéra-comique. Ce faisant, il exprime un autre rapport au temps. Carmen semble indiquer en effet un refus de l’histoire présente comme passé perpétué. L’œuvre célèbre tout autant une accélération du temps qu’un rejet des conventions.

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Stylistique de l’accélération en musique et en littérature (Schumann, Poe, Flaubert) par Pierre Fleury

Certaines indications de tempo dans l’œuvre de Schumann impliquent une conception et une pratique éminemment problématisées de l’accélération à l’époque romantique. Partant de ces remarques musicologiques, nous explorerons les lieux de l’accélération dans quelques textes littéraires. Qu’est-ce qu’un texte qui va vite ? qu’est-ce qu’un texte qui va de plus en plus vite ? L’accélération d’un texte n’est pas l’accélération de ses événements (il ne suffit pas d’écrire « elle se mit à courir » pour augmenter la vitesse d’un texte) mais celle du flux textuel lui-même ; alors, nous mettrons en évidence les procédures furtives des écrivains, qui, tels des compositeurs, disséminent à fleur de texte de secrètes indications de tempo…

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« Vivre ou survivre » : l’escrime au XIXème siècle, entre vitesse et précipitation par Pierre-Henry Bas

L’escrime, qu’elle soit ludique, de duel ou de guerre, est une activité physique où la vitesse serait l’élément capital : en théorie, il faut atteindre l’autre le premier du tranchant ou de la pointe, et ce le plus rapidement possible. Ce principe serait universel et commun aux différentes armes les plus utilisées au XIXe siècle, en particulier le sabre, la baïonnette, l’épée ou encore le fleuret. Toutefois, dès la fin du XIXe siècle, cette importance de la vitesse est parfois remise en cause chez certains escrimeurs, militaires et maîtres d’armes. Elle ne serait que le reflet d’une grande méconnaissance de l’art de combattre et le fruit de la brutalisation, de la vulgarisation et de l’amoralité de la société. Ainsi, l’objet de cette communication sera de comparer les approches théoriques et pratiques de différents publics sur le rapport vitesse/efficacité à la lecture des sources techniques (traités d’escrime, de cavalerie ou d’équitation), littéraires (mémoires) et normatives (réglementions des salles d’armes et des duels).

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Le bal de l’Opéra (1830-1848) ou la « chimère du mouvement perpétuel » (Le Ménestrel, 15 février 1835) par Sébastien Lepetit

Le bal public et plus particulièrement le bal de l’Opéra, est un phénomène nouveau qui attire sous la monarchie de juillet, journalistes, caricaturistes, musiciens et écrivains. Comment, à travers la musique, la danse et le délire social, l’imagination créatrice du spectateur a pu se projeter dans une vision fantasmatique d’une société prise dans un mouvement perpétuel ? Lieu de projection des fantasmes, lieu de tous les possibles, le bal est à la fois l’expression d’une plus grande liberté, mais aussi, l’expression morbide, d’une vie que l’on brûle à toute vitesse. Entre fascination et vision critique, le spectateur lui-même perçoit dans cet emportement un vertige, une dépossession de son corps. Mais tout ce discours du spectateur ne relève-t-il pas du cliché ? Est-ce bien les effets d’une décadence de la société ou un mouvement d’une grande vivacité créatrice ?

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Les Hanlon-Lees et le film de poursuite muet : acrobates, appareil et élan au service du réel par Jennifer Forrest

La rencontre entre technologie et acrobatie s'est fait lors de l'exposition universelle de 1878 dans les pantomimes sautantes des Hanlon-Lees. Depuis, le corps acrobatique a disparu pour ne plus être qu’élan, non plus moteur mais objet propulsé par des dispositifs techniques et scénographiques qui le transformaient en machine en perpétuel mouvement. Cet acrobate s'est prêté aux premiers films de poursuite en offrant aux spectateurs un corps-machine constamment en mouvement et une énergie vous-êtes-là.

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La durée de l’instant par Jacques Neefs

Dans L’Éducation sentimentale (1869) cette phrase : « une heure sonna, lentement, pareille à une voix qui l’eût appelé. », que Du Camp reprocha à Flaubert : « ça c’est farce ». Flaubert ne la modifia pas. Je propose, en écho à la question de la vitesse et de l’accélération des temps, une réflexion sur le traitement de la durée de l’instant dans la « modernité esthétique », en commentant quelques-uns de ces « instants » transformés en résonnances d’impressions, en fulgurations durables, chez Flaubert et Baudelaire. J’envisagerai les formules ainsi inventées, par comparaison avec des formules aussi différentes que « l’accident » ou « la chute ». Mais aussi par rapport à ce qui se joue en peinture, en particulier avec Manet et Cézanne. Comment se forment une durée et une pensée esthétique modernes pour la capture de l’instant.

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Le temps long de l’évolution dans le récit préhistorique : quelles stratégies narratives pour le dire vite ? par Emmanuel Boldrini

L’avènement quasi-simultané du darwinisme et de l’archéologie préhistorique marque l’ouverture progressive d’une nouvelle épistémè biologique qui a œuvré à la perturbation du régime d’historicité. Aux côtés des révolutions politiques et industrielles, l’évolution humaine semble déstabiliser notre perception du temps, mais, contrairement à elles, en l’installant dans la lenteur. Très tôt, la littérature s’est saisi du thème préhistorique, mais un tel défi pose d’emblée un problème d’échelle : comment, en effet, faire entrer dans l’histoire brève du roman l’Histoire plurimillénaire de l’espèce ? Comment faire coïncider le récit de l’humanité et celui du personnage ? Je propose de faire l’examen de la mise en place de stratégies narratives qui ont permis d’accélérer l’insaisissable temps long de l’évolution humaine afin de le faire entrer dans le temps relativement bref du roman ou du conte.

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L’urgence apocalyptique dans la littérature fin-de-siècle par Yoann Chaumeil

À la fin du xixe siècle, un même spectre apocalyptique plane sur des familles de pensée très différentes. Sous des formes aussi bien religieuses que sécularisées, les pensées de l’apocalypse dans la littérature fin-de-siècle sont particulièrement présentes : contestation de l’idéologie du progrès et du rapport au temps que celui-ci implique, elles offrent autant d’échappées hors d’une modernité en crise, éprise de rationalisme et de scientisme. En étudiant différentes pensées et fictions apocalyptiques, cette communication interroge la nature du temps qui est en jeu : si ce temps de la hâte et de l’urgence est sans nul doute l’une des modalités possibles de la vitesse, il faut nettement le distinguer du type de vitesse induite par le temps du progrès.

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La notion de vitesse dans la représentation du chemin de fer dans la peinture impressionniste par Cyrielle Mary

N.C

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Imprégnation ou mitraillage ? La vitesse photographique au XIXe siècle par Axel Hohnsbein

Nous nous proposons de traiter de la question de la vitesse dans les pratiques photographiques du second XIXe siècle, en nous appuyant principalement sur un corpus d’ouvrages et de périodiques spécialisés. La « rapidité » – selon le terme technique employé par les praticiens – des émulsions, des révélateurs, des objectifs, du déploiement du matériel, augmente régulièrement au cours du siècle, ce qui bouleverse les pratiques photographiques et les représentations qui l’accompagnent. Au-delà d’un panorama des pratiques photographiques de « l’instantané », nous souhaitons étudier l’évolution des mots de la photographie, porteuse selon nous d’une poétique que les périodiques spécialisés ne manquent pas d’exploiter.

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Le Cinématographe : vitesse et sidération perceptuelle par Rae Beth Gordon

À la rapidité des corps se déplaçant dans l'espace dans les premiers films des Frères Lumière en décembre 1896, s'ajoutèrent les étonnants trucages de Georges Méliès quelques mois plus tard. Cette communication examine les effets de ces deux formes de vitesse sur la perception et sur le corps des spectateurs. Je me pencherai d'abord sur le trucage du fondu-enchaîné où une image se superpose à une autre en même temps que la première se met à disparaître. Au moment où l'image devient indéchiffrable avant de se transformer en autre chose, l'expérience optique est sidérante. Cette expérience sera ensuite comparée à celle des chocs ressentis dans le corps des spectateurs, chocs produits par l'extrème vitesse des mouvements frénétiques et saccadés des comiques burlesques. Je montrerai enfin pourquoi l'engouement pour la vitesse est devenu un véritable besoin corporel à partir du dernier quart du XIXe siècle avec son apogée dans les films du premier cinéma. 

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Sous toutes voiles ou à toute vapeur : le devenir du récit maritime dans la seconde moitié du XIXe siècle par Gaultier Roux

Avec l’introduction de la machine à vapeur, la marine connaît une évolution graduelle mais radicale. Toutefois, à la différence du train ou de l’automobile, le navire moderne ne propose pas un nouveau régime viatique, mais en modifie un qui préexiste. Cette communication entreprendra de mettre en lumière les conséquences d’une mutation technologique majeure dans la littérature nautique de langue française, de Jules Michelet à Pierre Loti. On peut déjà formuler l’hypothèse suivante : la mutation en question produirait une modification des perceptions aboutissant à terme à une évolution des représentations. Il faudra alors examiner l’existence ou non de solutions de continuité dans le récit de mer. Pour ce faire, on cherchera à comprendre comment la vitesse mécanique altère le récit maritime et dans quelle mesure il en modifie les mythes fondateurs, afin de déterminer si l’on peut affirmer, ou non, que se joue alors un renouvellement de la poétique de la navigation.

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La promenade à l’épreuve de la vitesse par Édouard Bourdelle

L’accélération du temps, telle qu’elle s’opère sous le Second Empire comme conséquence d’un essor de la technique et d’une idéologie du progrès, trouve une de ses illustrations dans un nouvel usage collectif de la promenade. Cette pratique fait du paysage un objet de consommation : un paysage normé, qui ôte toute individualité aux promeneurs, mettant à mal la notion romantique du « paysage état d’âme », et contribuant au contraire à une « crise de la résonance », pour reprendre les termes du sociologue Hartmut Rosa. Nous verrons comment la littérature imagine des réponses à cette crise de l’uniformité, via l’étude de textes mettant en scène des promeneurs, réels ou fictifs, souffrant de la vitesse, afin de voir les modalités de résistance au temps présent qu’offre la littérature. 

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"Festina lente". Le trottoir roulant de l’Expo 1900 par Marie-Ange Fougère

En 1900 est créé, à l’Exposition universelle, le trottoir roulant, moyen de locomotion innovant permettant de faire, sans se fatiguer et plus rapidement qu’à pied, une boucle autour d’une partie du site. Certes la vitesse du trottoir roulant est modeste, mais l’idée est bien d’offrir aux visiteurs la possibilité d’aller vite.

Le trottoir roulant, en réalité, est tout autant une attraction qu’un moyen de transport : cette dimension ludique justifie que se dévoilent aisément sentiments, craintes et autres fantasmes suscités par ce nouveau moyen de transport et, plus généralement par la vitesse.

La presse contemporaine, dans les rubriques quotidiennes consacrées à l’Exposition, offre ici un angle de vue privilégié. D’une part elle donne à voir, par le biais d’anecdotes amusantes, les réactions à chaud des visiteurs. D’autre part, elle offre aux journalistes une tribune pour soulever des questions d’ordre plus général autour du progrès et de l’expérimentation de la relativité, mais aussi pour s’interroger sur les implications morales de la vitesse, voire sur les enjeux existentiels propres au mouvement perpétuel qui régit le trottoir roulant.

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A contre-courant : des militants de la « petite vitesse » en chemins de fer par Georges Ribeill

Les compagnies de chemins de fer ont constamment mis en valeur comme atouts du rail sa vitesse. en visant « les gens d’affaires » remplissant les compartiments de 1ère classe et les poches des actionnaires. Mais elles ont promu parfois les attraits géographiques de leurs réseaux, ce qui méritait d’être « vu du train », en promouvant ainsi un tourisme ferroviaire à « petite vitesse ». Pour promouvoir sa ligne d’Aurillac à Montauban, la compagnie d’Orléans financera ainsi en 1869 unGuide destinéau « vrai touriste », celui qui « ne voyage pas uniquement pour arriver au but, mais pour le plaisir même que donne le trajet. » Les compagnies inventeront aussi l’art de voyager « en rond » et non pas selon un aller-retour en ligne droite en somme, avec leurs « billets circulaires » saisonniers. Un siècle après, la TGV-mania ambiante détruira cet art du « voyage à petite vitesse », dont les excès féconderont à leur tour une Slow-train mania

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Vivre vite / Ralentir : rapidités et recueillements ferroviaires au XIXe siècle, des deux côtés de la Manche par Tim Farrant

La rapidité est une raison d’être, peut-être la raison d’être de la modernité. Comment donc se fait-il donc qu’au dix-neuvième siècle l’imaginaire ferroviaire viendra se baser sur le passé, voire même sur l’antiquité ? Cette communication cherchera des réponses à cette question, en s’interrogeant sur les réactions britanniques et françaises postérieures et contemporaines au chemin de fer, et en examinant les motifs de ces réactions. Il en ressortira une vision qui pourra surprendre, et qui fait appel au passé, à la spiritualité et à la transcendance comme pour masquer les troubles et les dislocations provoqués par ce nouveau mode de déplacement.

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« La vitesse, ce don irremplaçable de la machine » : Octave Mirbeau et "La 628-E8" par Marie-Bernard Bat

Après une longue crise de la création, Octave Mirbeau semble retrouver l’inspiration en changeant radicalement de paradigme dans La 628-E8. Au modèle de l’artiste et des arts plastiques, il substitue une nouvelle muse, l’automobile. D’abord moyen pour le romancier d’appréhender différemment le monde qui l’entoure en faisant corps avec le paysage, la machine, comme source de vitesse, s’affirme également comme une allégorie révélatrice de distinction idéologique et non sociale. Cette expérience donne lieu à la recherche d’une écriture de l’instantanéité grâce à l’esthétique du fragment et du discontinu, qui lui permet de gommer les distinctions génériques, tout en s’émancipant de la tradition réaliste. Mais si Mirbeau fait l’éloge de la technique dans la veine d’une esthétique pré-futuriste, il sait se méfier des excès et du mirage de « l’homme-machine » grisé par la vitesse.

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« Courir les hasards des chemins » : le rythme du voyage dans les romans de comédiens par Hélène Thil

La seconde moitié du XIXe siècle est marquée par la fascination des romanciers pour le motif de la troupe ambulante. Dans la lignée du Roman comique de Scarron et des Années d’apprentissage de Wilhelm Meister de Goethe, des œuvres comme Le Capitaine Fracasse de Théophile Gautier, L’Homme qui rit de Victor Hugo, Pierre qui roule de George Sand, ou encore César Cascabel de Jules Verne, mettent en scène les tribulations d’une compagnie théâtrale. Cette communication se propose d’étudier le rythme du voyage dans ces romans de comédiens pour mettre au jour le lien entre la dimension itinérante de la troupe et la poétique de la vitesse à l’œuvre dans ces textes. 

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Théâtres de société : improvisations dramatiques pour consommations éphémères par Valentina Ponzetto

La pratique du théâtre de société connaît au XIXe siècle une très grande vogue qui s’intensifie sous le Second Empire. On y reprend quelque succès des théâtres publics, mais il existe également un répertoire composé ad hoc pour ces scènes, dont la poétique s’inscrit souvent sous le signe de la vitesse. Pièces de loisir ou de circonstance, elles sont brèves et assez simples, pour faciliter la mémorisation et la mise en scène. La consommation en est tout aussi éphémère : elles ne donnent souvent lieu qu’à une seule représentation, pour laisser vite la place à d’autres répertoires. Les pièces de société seraient-elles donc vite composées, vite joués, vite oubliés ? Je me propose d’étudier ces pratiques en interrogeant leur impact sur la poétique du répertoire produit, sur la manière de le jouer et sur sa postérité.

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Vertige d’un monde pris de vitesse. La mutation de la perception dans la littérature du XIXe siècle par Stanislas de Courville

La Littérature du XIXe siècle a témoigné de mutations extrêmement rapides et variées de la perception sous l’influence de l’aire urbaine. À tel point que Walter Benjamin évoquait l’avènement d’une « perception sous forme de choc » dont l’art se serait fait l’écho et qui s’instituerait durablement au XXe siècle avec le cinématographe. Au centre de cette nouvelle forme de perception se trouve l’augmentation toujours croissante de la vitesse, conjuguée à l’explosion du phénomène des masses, entité résolument moderne qui se déverse sur le monde et s’avère la matrice de tous ses changements. En nous appuyant sur les théoriciens d’une historicité de la perception que furent Merleau-Ponty et Benjamin, nous proposerons de penser la ou les mutations de la perception en cours au XIXe siècle à travers leurs nombreuses expressions littéraires, de Balzac à Zola ou de Gogol à Gontcharov, en passant par Baudelaire, Nerval et Huysmans.

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Parnasse, Vapeur et Vitesse par Aimée Boutin

Réfractaires au progrès technique, les Parnassiens se sont opposés à la modernité définie par la vapeur et la vitesse. Certains Parnassiens, cependant, se sont inspirés du chemin de fer, symbole de l’accélération moderne et point d’achoppement dans le débat qui opposait les chefs de file du Parnasse et les partisans des Chants modernes. À partir d’un corpus composé de poèmes de J. Soulary, Villiers de L’Isle-Adam, A. Mérat, L. Dierx, L. Siefert, S. Prudhomme et P. Verlaine, j’examinerai comment ces poètes ont mis en forme les rythmes de la locomotion et/ou les mutations de la perception du paysage devenu « panorama » sous l’effet de la vitesse. Selon les formes poétiques employées, les poètes maîtrisent plus ou moins bien le vertige moderne de la vitesse, souvent vécu entre rêve et réalité. Parmi les exemples traités, le pantoum de Louisa Siefert communique le mieux l’incertitude par rapport à l’avenir dont on pourra mesurer la portée individuelle et collective.

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« Disparu(s) comme une étoile filante » - les personnages balzaciens face à l’accélération de l’existence par Jérémie Alliet

L’objet de cette communication est d’étudier le vécu subjectif du temps par les personnages balzaciens des romans de Balzac parus et publiés en feuilleton (principalement entre 1842 et 1848), dans un geste de comparaison avec la représentation du temps dans ses premières œuvres (Le Centenaire et La Peau de Chagrin). Cette comparaison permettra d’interroger la spécificité feuilletonesque de la chronologie balzacienne, en mettant principalement en avant le paradoxe d’une accélération interne des textes, marqués par le vieillissement ou la disparition prématurés des personnages, et une dilatation de la narration, conduisant à l’écriture d’œuvres très longues, dont l’intrigue ramifiée et répétitive s’étend souvent sur plusieurs années. On se demandera enfin si cette esthétique du temps balzacien se retrouve dans le travail d’autres feuilletonistes (Dumas, Sue).

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Temporalités de la jeune fille par Virginie A. Duzer

« C’est de l’espace, toujours plus allongé, qui s’étend entre la nubilité des femmes et leur mariage qu’est née la question si compliquée de la jeune fille » remarquait Remy de Gourmont dans son célèbre article de 1907 intitulé « Jeunes filles ». Pour rendre compte de cet interstice, entre l’avant-goût du flirt et la soudaine ellipse de la nuit de noce, les romanciers des années 1850-1900 ont joué d’accélérations et de ralentissements, qui sont tout autant volontairement psychologiques que potentiellement érotiques. De sorte que ce serait au cœur des variations de vitesse que l’on serait le mieux à même de comprendre l’importance que la jeune fille a pu avoir, en tant que sujet, que thème et que personnage à la fin du dix-neuvième siècle. Et c’est à une évocation éclairée des différentes vitesses narratives et textuelles que sera dédiée cette communication, qu’accompagneront des toiles, des photographies et des cartes postales soigneusement choisies.

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Un éloge du sursis. Quelques réflexions autour de la mort et de la vitesse au XIXe siècle par Anne Carol

On se propose d’explorer quelques pistes autour de l’articulation entre la mort et la vitesse au XIXe siècle. Il semblerait en effet que le mortuaire et le funéraire constituent des espaces de résistance à l’accélération qui caractérise la modernité.

Une première piste pourrait être celle du temps des funérailles. Les usages funéraires se codifient, chez les professionnels comme chez les endeuillés. La lenteur (dans les déplacements, par exemple) semble faire partie des éléments qui participent désormais de la décence de la cérémonie, à l’instar du silence. Une deuxième piste pourrait être celle du rapport au temps et à l’éternité. Des pratiques comme l’embaumement, la transformation du cimetière en un espace de conservation ou la promotion des concessions perpétuelles semblent indiquer une volonté très forte de suspendre le cours du temps et de freiner l’érosion des corps et du souvenir, au delà du cas des grands hommes. 

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Biographies

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Jérémie Alliet

Doctorant en première année en Littérature Française, à l’École Normale Supérieure de Lyon, et agrégé de lettres modernes, Jérémie Alliet prépare une thèse sur « l’héroïsme sans héros dans les romans de Balzac entre 1842 et 1848 », sous la direction du professeur Éric Bordas (IHRIM).

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Julie Anselmini

Professeure en Littérature à l'Université de Caen-Normandie, J. Anselmini est spécialiste de l'œuvre de Dumas père, auquel elle a consacré plusieurs ouvrages et numéros de revues (Le roman d'Alexandre Dumas père ou la réinvention du merveilleux, Droz, 2010 ; Dumas critique, J. Anselmini dir., PULIM, 2013 ; A. Dumas, Gaule et France, éd. critique J. Anselmini, Garnier, 2015...). Elle consacre actuellement ses recherches aux liens entre critique et littérature chez les écrivains du XIXe siècle.

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Morgane Avellaneda

Morgane Avellaneda est en quatrième année de doctorat à l’Université de Saint-Étienne, elle travaille sur le journalisme de Chateaubriand sous la direction de Jean-Marie Roulin. Normalienne et agrégée de Littérature française, elle est chargée de recherche documentaire au service de la Presse de la Bibliothèque nationale de France où elle a créé un outil destiné à la valorisation et l’usage pédagogique des feuilletons romanesques au XIXe siècle.

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Claire Barel-Moisan

Claire Barel-Moisan est chargée de recherches au CNRS (dans l’UMR IHRIM, à l’École Normale Supérieure de Lyon). Elle enseigne à Hamilton College (Paris) et à l’ENS-Lyon. Spécialiste de la poétique romanesque balzacienne, elle a publié des travaux sur la littérature
romanesque du XIXe siècle (en particulier sur Balzac, Sand et Flaubert), ainsi que sur les sciences dans le roman français et dans la presse (XIXe siècle et première moitié du XXe siècle). Elle dirige l’ANR Anticipation, sur le roman d’anticipation scientifique (1860-1940). Parmi
ses dernières publications : Le XIXe siècle face au futur. VIIe Congrès de la SERD, Claire Barel-Moisan, Aude Déruelle et José-Luis Diaz (dir.), 2018 : http://serd.hypotheses.org/le-xixe-siecle-au-futur et Le roman des possibles. L’anticipation dans l’espace médiatique francophone (1860-1940), Claire Barel-Moisan et Jean-François Chassay (dir.), Presses de l’Université de Montréal, 2019.

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Pierre-Henry Bas

Pierre-Henry BAS est docteur en histoire médiévale, spécialisé sur le combat à pied à cheval. Chercheur associé au laboratoire d’histoire IRHiS (Université de Lille). Président de l’association REGHT (Recherche et Expérimentation du Geste Historique et Technique). Membre du programme Equinologie sur les interactions homme cheval de Paris 3. Auteur de plusieurs articles sur l’histoire de l’équitation et de l’escrime à partir de l’étude des traités techniques et des sources judiciaires.

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Marie-Bernard Bat

Agrégée de Lettres modernes, Marie-Bernard Bat est PRAG à l’Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines et termine une thèse en littérature à Sorbonne Université. Ses travaux s’intéressent à l’esthétique comparée des mouvements artistiques européens et à leur transposition littéraire durant la deuxième moitié du xixe siècle, plus particulièrement dans l’œuvre d’Octave Mirbeau. Elle a publié plusieurs contributions dans des ouvrages collectifs (E. Kociubińska, dir., Romanciers fin-de-siècle, Brill, 2021) et a codirigé Les Paradoxes d’Octave Mirbeau (avec P. Glaudes et E. Sermadiras, Garnier, 2018).

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Emmanuel Boldrini

Doctorant en Littérature française/ Histoire de l’art à l’Université Lumière Lyon 2, au sein du laboratoire IHRIM et enseignant ATER de littérature et arts visuels – Emmanuel Boldrini prépare une thèse sur les représentations de la préhistoire dans l’imaginaire fin-de-siècle, sous la direction de Delphine Gleizes.

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Edouard Bourdelle

Edouard Bourdelle est normalien et agrégé de lettres modernes. Professeur dans le secondaire (Dieppe), il est doctorant à l’Université de Strasbourg. La thèse qu’il prépare sous la direction de M. Bertrand Marquer (EA 1337 « Configurations Littéraires ») s’intitule « Chercher son rythme : les Promeneurs littéraires, du Second Empire à la Belle Époque (1855-1891) ».

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Aimée Boutin

Aimée Boutin est professeure d’études françaises à Florida State University à Tallahassee, aux États-Unis. Elle est l’auteure d’un premier livre sur la poésie et la voix maternelle (Maternal Echoes : The Poetry of Marceline Desbordes-Valmore and Alphonse de Lamartine, 2001). Son livre City of Noise : Sound and Nineteenth-Century Paris et le numéro de Dix-Neuf qu’elle a dirigé sur le flâneur et les sens font partie de ses recherches sur les « sound studies » et les études urbaines. Elle travaille actuellement sur la mobilité ferroviaire dans les écrits de femmes au XIXe siècle. Au printemps 2021, elle est accueillie au Collégium de Lyon. 

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Ivan Burel

Ivan Burel est professeur agrégé d’histoire et doctorant contractuel au laboratoire IRHiS, Université de Lille, depuis septembre 2018. Dans le cadre d’une thèse sous la direction de Philippe Darriulat, ses travaux portent sur la contre-insurrection au XIXe siècle dans ses dimensions militaires, politiques et culturelles et sur les circulations des théories et pratiques de la guerre irrégulière aux échelles européennes et impériales. 

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Nicolas Cambon

Nicolas Cambon est agrégé en histoire et réalise une thèse, sous la direction de Sophie Dulucq, portant sur les connaissances franco-britanniques sur l’anthropophagie aux XVIIIe et XIXe siècles. Il s’intéresse aussi bien aux modalités de perceptions et collectes d’informations dans le Pacifique et en Afrique subsaharienne, qu’aux hypothèses et théories formulées puis discutées en Angleterre et en France. Ses réflexions se concentrent sur le rôle des affects dans la construction d’un savoir portant sur des objets jugés difficiles, tels que le cannibalisme.

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Anne Carol

Anne Carol est professeur d’histoire contemporaine à Aix-Marseille Université, membre de l’IUF. Ses travaux portent sur la France au XIXe siècle, notamment sur l’histoire pratiques médicales (Les médecins et la mort, 2004), l’histoire de la mort (L’embaumement, une passion romantique, 2015 ; avec R. Bertrand, Aux origines des cimetières contemporains, 2016), l’histoire de l’exécution capitale (Physiologie de la Veuve, 2012 ; Au pied de l’échafaud, 2017). 

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Yoann Chaumeil

Yoann Chaumeil, agrégé de lettres modernes et diplômé de l’ENS ULM, est en thèse à l’université Toulouse-Jean Jaurès sous la codirection de Fabienne Bercegol et de Pierre Glaudes. Sa thèse porte sur la crise de la communauté chez Léon Bloy et sur la dialectique entre la communauté et l’individu qui en découle. Ses articles et communications touchent plus largement à la littérature fin-de-siècle, à l’intrication du politique, du spirituel et du littéraire, ainsi qu’aux questions d’images auctoriales.

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Stanislas de Courville

Stanislas de Courville est docteur en philosophie auprès de l’Université Jean Moulin Lyon 3. En partant des œuvres de Walter Benjamin et Gilles Deleuze, il travaille sur l’influence de la Seconde Guerre mondiale sur l’histoire et la théorie du cinéma. Ses recherches portent également sur le symbolisme russe, le cinéma soviétique, la représentation des crimes de masse et, enfin, la médialité contemporaine. Il est également traducteur de théoriciens des médias contemporains (Richard Grusin, Giovanna Borradori, Erkki Huhtamo, etc.).

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Béatrice Didier

Béatrice Didier, professeur émérite à l’ENS (Ulm) où elle a créé et anime un séminaire « Littérature /musique ». Auteur de plusieurs ouvrages sur la littérature française du XVIIIe et du XIXe siècle (Ecritures du moi. Ecrits de femmes). Pour ce qui concerne la musique : La musique des Lumières (PUF), et plus récemment : Enserrer la musique dans le filet des mots, (Hermann, 2018). Elle dirige chez Champion l’édition des Œuvres complètes de Chateaubriand et de celles de G.Sand et la collection « Dialogue des arts ».

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Virginie A. Duzer

Virginie A. Duzer dirige le Département de Romance Languages and Literatures de Pomona College, California (USA), où elle est Associate Professor of French. Son premier livre, L’Impressionnisme littéraire, est paru aux PUV en 2013. S’intéressant particulièrement aux relations entre images et textes dans les avant-gardes, ainsi qu’à la question de la jeune fille et de ses savoirs, elle travaille en ce moment à un nouvel ouvrage chromatisant intitulé Le Mobilier de la couleur.

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Tim Farrant

Tim Farrant est Chargé de cours en Littérature française du dix-neuvième siècle à l’Université d’Oxford et Fellow à Pembroke College. Il a publié notamment Balzac’s Shorter Fictions: Genesis and GIenre (Oxford: OUPress, 2002), An Introduction to Nineteenth-Century French Literature (Londres : Duckworth, 2007), et Jules Verne : Three Novels (Londres, Everyman, 2013), ainsi que de nombreux articles sur la littérature, la culture et les arts visuels en France.

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Pierre Fleury

Ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure, agrégé de lettres modernes et pianiste, Pierre Fleury enseigne actuellement la grammaire et la stylistique à Paris-Sorbonne. Il y effectue une thèse sur Flaubert, sous la direction de Jacques Dürrenmatt. Outre divers articles, il a publié en 2017, aux Presses Universitaires de Vincennes, un ouvrage qui compare au plus près les textes et la musique : Nerval et Schumann, La folie en partage.

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Jennifer Forrest

Jennifer Forrest est professeure de français à la Texas State University. Elle est l’auteure d’études sur la littérature française fin-de-siècle avec un intérêt particulier pour l’influence de l’acrobate sur l’imaginaire artistique (Decadent Aesthetics and the Acrobat in Fin-de-Siècle France, Routledge 2019). Elle travaille également sur le cinéma (sérials, séries, remakes, suites, reboots). Dans son prochain livre, elle examinera le rôle de l’acrobate dans le film muet.

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Marie-Ange Fougère

Marie-Ange Fougère est maître de conférences HDR à l’université de Bourgogne. Elle travaille à la fois sur le rire au XIXe siècle (Rire à l’Exposition universelle de 1900 : la fin d’un mythe, Presses de l’université de Nanterre, 2021) et sur les romans réalistes et naturalistes (édition du Ventre de Paris d’Émile Zola, GF, 2020).

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Rae Beth Gordon

Rae Beth Gordon, Professeur émerite de Littérature et de Cultural Studies du XIXe siècle en France à l’Université du Connecticut, a écrit notamment: Ornament, Fantasy and Desire in 19th-century French Literature, Princeton Univ. Press, 1992, Princeton Legacy Library, 2013 ; Dances with Darwin, 1875-1910, Ashgate Press, 2009 /Routledge 2016 ; Why the French love Jerry Lewis: From Cabaret to Early Cinema, Stanford Univ. Press, 2001; De Charcot à Charlot: Mises en scène du corps pathologique, Presses Univ. de Rennes, 2013. En plus de nombreux essais, son travail a fait partie d'expositions à Lille, Genève et New York.

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Axel Hohnsbein

Axel Hohnsbein est maître de conférences à l’université de Bordeaux. Il travaille principalement sur la presse de vulgarisation scientifique et photographique. 

Projets en cours : ouvrage issu de sa thèse à paraître sur le site Epistémocritique (La Science en mouvement. La presse de vulgarisation au prisme des dispositifs optiques) ; numéro d’Arts et savoirs codirigé avec Bénédicte Jarrasse (à paraître), intitulé Des corps dans la ville ; publication d’un ouvrage codirigé avec Delphine Gleizes, portant sur Les Visages de l’objet imprimés, issu de la JE de février 2021 portant sur les frontispices.

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Etienne Klein

Etienne Klein, né en 1958, est physicien et philosophe des sciences. Il est directeur de recherches au CEA où il dirige depuis 2007 le Laboratoire de Recherche sur les Sciences de la Matière. Il est membre de l’Académie des Technologies et anime tous les samedis sur France culture l’émission « Science en questions ». 

Etienne Klein s’intéresse à la question du temps et à d’autres sujets qui sont à la croisée de la physique et de la philosophie, telles l’interprétation de la physique quantique, la question de l’origine de l’univers ou encore celle du statut du vide dans la physique contemporaine. Soucieux de la diffusion des connaissances scientifiques, il est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages.

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Brigitte Krulic

Brigitte Krulic, ancienne élève de l’ENS, professeure des Universités (Paris Nanterre), est spécialiste de l'histoire des idées politiques (XIXe et XXe siècles). Elle travaille en particulier sur la formation des Etats-nations, la notion de modernité démocratique et les relations entre la fiction romanesque et l'histoire. Parmi ses publications : Nietzsche penseur de la hiérarchie. Pour une lecture tocquevillienne de Nietzsche, L'Harmattan, 2002 ; Tocqueville, Gallimard, 2016 ; A paraître : Flora Tristan, Essai biographique, Gallimard, NRF Biographies, fin 2020.

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Hervé Lacombe

Hervé Lacombe est professeur de musicologie à l'université Rennes 2, spécialiste de la musique aux XIXe et XXe siècles, particulièrement de l’opéra. Il a dirigé ou codirigé 11 ouvrages collectifs et publié 6 monographies, récompensées par divers prix. Il prépare actuellement pour les Éditions Fayard une Histoire de l’opéra français en trois volumes, pluridisciplinaire et collective (avec une équipe internationale de 180 chercheurs).

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Sébastien Lepetit

Enseignant dans le secondaire et en CPGE, Sébastien Lepetit prépare une thèse sous la direction de M.Éric Bordas (Vibration, du concept à la métaphore, du XVIIIe au XIXe siècle). Il est rattaché à l’école doctorale 3LA ainsi qu’au laboratoire de recherche, IHRIM. Il a rédigé quelques notices dans le Dictionnaire Balzac, « Adaptations chorégraphiques », « Adaptations lyriques », « Adaptations musicales », « Beethoven », « Musique », « Opéra » (en cours de publication).

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Camille Napolitano

Camille Napolitano est doctorante en histoire de l’art à l’École pratique des hautes études (ED 472/Histara-EA 7347). Sa thèse porte sur l’étalagisme et l’art de la devanture de magasin pendant la première moitié du XXe siècle en France, et en particulier pendant l’entre-deux-guerres. Elle est chercheuse associée à la Bibliothèque nationale de France où elle travaille sur le fonds de presse professionnelle commerciale, et est également secrétaire de publication de la revue Profils de l’Association d’histoire de l’architecture (AHA). En parallèle de son doctorat, elle enseigne l’histoire et la théorie des arts à l’université Paris, Sciences et Lettres, et l’histoire de l’architecture contemporaine à l’université de Lille.

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Jacques Neefs

Jacques Neefs, professeur émérite, Johns Hopkins University et Université Paris 8, membre de l’American Academy of Arts and Sciences. Il a publié de nombreuses études sur Stendhal, Balzac, Hugo, Flaubert, Queneau, Perec, Simon, et sur la critique génétique. Il publie, avec Anne Herschberg Pierrot, La Tentation de saint Antoine et Bouvard et Pécuchet dans le tome V des Œuvres complètes de Flaubert, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 2021.

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Bruno Phalip

Bruno PHALIP est professeur d’histoire de l’architecture et d’archéologie du Moyen Âge à l’Université Clermont Auvergne, membre du CHEC EA 1001 USR 3550. Ses recherches, comme ses publications, sont liées à l’analyse des chantiers de construction et de restauration des monuments du Moyen Âge. La part technologique, mais aussi les parts des hommes et des communautés, y sont prépondérantes dans leurs liens avec les sociétés considérées.

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Valentina Ponzetto

Valentina Ponzetto est Professeure Boursière du Fonds National de la Recherche Suisse et enseigne à l’Université de Lausanne, où elle dirige le projet de recherche Théâtres de société. Entre Lumières et Second Empire. Ses recherches portent actuellement sur la littérature dramatique, la dramaturgie et la vie théâtrale des XVIIIe et XIXe siècles, sur l’esthétique des genres dramatiques, sur les théâtres de société et sur la place des femmes dans le monde théâtral.

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Emmanuel Reibel

Emmanuel Reibel est professeur de musicologie à l’Université Lumière Lyon 2, membre de l’IHRIM – UMR 5317. Spécialiste de l’esthétique romantique et de l’histoire des discours sur la musique, lauréat de l’Académie française, il est l’auteur de plusieurs essais et de nombreux articles. Il dirige le programme Dictéco, consacré aux écrits de compositeurs (dicteco.huma-num.fr) et prépare actuellement un ouvrage consacré à l’industrialisation de la musique au XIXe siècle.

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Georges Ribeill

Chercheur historien et sociologue, spécialiste des chemins de fer, fondateur de Rails et histoire, conseiller éditorial de la revue Historail, j’ai consacré des centaines d’articles et quelques livres à une histoire « humanisée » des chemins de fer en France, dont le dernier, Les trains de nuit(La Vie du Rail, 2021), relatent deux siècles d’histoire d’un mode de voyage "lent", bien révolu. 

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Sébastien Richez

Docteur en histoire contemporaine (université de Caen-Normandie), historien au comité pour l’histoire de La Poste (CHP). A récemment publié avec Léonard Laborie, Attention, fragile ! Economie et politique de la messagerie postale en France, XIXe-XXe siècle, Bruxelles, PIE Peter Lang, 2020, 316 p.

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Gaultier Roux

Gaultier Roux, Maître de conférences, Université Fudan (Shanghai). Docteur ès Lettres (Sorbonne Université), Gaultier Roux est spécialiste de l’œuvre de Pierre Loti au sujet de laquelle il prépare actuellement une monographie, et plus largement de littératures de voyage (1850-1945). Il dirige également un projet de recherche sur les écrivains francophones en Chine du traité de Shimonoseki (1895) à la proclamation de la République populaire (1949). 

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Julien Schuh

Julien Schuh est Maître de Conférence à l’Université Paris Nanterre (CSLF). Il est spécialiste de la littérature du XIXe siècle, des relations entre littérature et médias et des humanités numériques. Dernier livre paru, en collaboration avec Marie-Eve Thérenty et Pierre-Carl Langlais: Fake news et viralité avant internet (CNRS, 2020).

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Côme Souchier

Doctorant en science politique au laboratoire PACTE à Grenoble, Côme Souchier mène un projet de thèse sur la gouvernementalité temporelle de la société française, de la naissance de l’horlogerie au XIIIe siècle à nos jours, sous la direction de Martine Kaluszynski et Jérôme Lamy. Il est l’auteur de Maîtriser le temps. Du projet scientifique au gouvernement des temporalités, aux Éditions du Croquant, paru en 2018.

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Hélène Thil

Hélène Thil est agrégée de Lettres modernes et doctorante contractuelle à la Faculté des Lettres de Sorbonne Université. Sa thèse, qu’elle prépare sous la direction de Florence Naugrette, porte sur « L’aventure collective : la troupe théâtrale comme utopie sociale dans la fiction française, du Capitaine Fracasse de Gautier au Molière de Mnouchkine ».

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François Vanoosthuyse

François Vanoosthuyse, professeur de littérature française à l’Université de Rouen, enseigne la littérature, l’histoire de l’art et le cinéma. Il a publié sur Stendhal deux collectifs en codirection, des articles et un ouvrage ; il a également publié une étude de L’Éducation sentimentale. Il dirige la Revue Stendhal (PSN) et le Centre Flaubert du CEREdI EA 3229. Il participe à la rénovation du site Flaubert et à l’organisation des manifestations scientifiques et culturelles du bicentenaire Flaubert en Normandie. Il prépare la publication de trois collectifs : Théâtre, histoire, actualité. Paris, 1789-1830 (Presses Universitaires de Dijon, 2022) ; Formations d’écrivains au XIXe siècle. Ecoles, sociabilités, autodidaxies (RHLF, 2021, avec Jérémy Naïm) ; Le négatif de l’écriture. Enquêtes sur le pouvoir de décréer (Fabula.org, 2021, avec Jean-Louis Jeannelle).

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