Les Leçons de ténèbres

Publié dans Concerts de saison

Texte de présentation

À l’époque baroque, pendant le Carême, théâtres et salles de concerts étaient fermés en signe de pénitence. Les compositeurs s’exprimaient alors exclusivement dans la musique liturgique, livrant des œuvres d’une grande sobriété en même tant que d’une extraordinaire puissance expressive. Les Leçons de ténèbres sont des partitions composées pour les offices des trois derniers jours de la semaine sainte, qui conclut le Carême avant la fête de Pâques. Les textes utilisés, tirés des Lamentations de Jérémie, se rapportent à la solitude de Jésus avant sa crucifixion. Les musiques bouleversantes composées par Couperin sur ce thème étaient jouées selon le rituel de l’office, qui se tenait à la nuit tombée. Au terme de chaque pièce, un des cierges qui éclairaient l’église était éteint, symbolisant l’abandon progressif du Christ par ses disciples. C’est une fois l’église plongée dans l’obscurité totale que retentissait le terrible Miserere implorant le pardon divin.

Spécialiste de ce répertoire singulier, Le Poème Harmonique, qui a déjà reconstitué ce cérémonial spectaculaire pour des musiques de Charpentier, Lalande et Cavalieri, s’y replonge avec celles de Couperin, dans un concert à l’atmosphère unique.

Ce programme, créé en avril 2009 à Cracovie (Pologne), a notamment été donné à l’Oratoire du Louvre (Paris), au Festival de Mexico (Mexique), à la Philharmonie de Cologne (Allemagne) et au Miller Theater de New York (États-Unis).

Programme

Guillaume-Gabriel Nivers (1632-1714)

  • Antienne Zelus domus tuae (plain-chant)
  • Psaume Salvum me fac Deus (plain-chant)
  • Versicule Dum convenirent

François Couperin (1668-1733)

  • Leçons de ténèbres pour le Mercredy Saint
    • Première leçon à une voix
  • Messe solennelle
    • Gloria « Tierce en taille »
  • Leçons de ténèbres pour le Mercredy Saint
    • Deuxième leçon à une voix
  • Messe solennelle
    • Sanctus « Cromorne en taille »
  • Leçons de ténèbres pour le Mercredy Saint
    • Troisième leçon à deux voix

Guillaume-Gabriel Nivers

  • Antienne Justificieris Domine

Louis-Nicolas Clérambault (1676-1749)

  • Miserere à trois voix
Interprètes

Biographies

Le Poème Harmonique

Depuis 1998, Le Poème Harmonique fédère autour de son fondateur Vincent Dumestre des musiciens passionnés dévoués à l’interprétation des musiques des XVIIe et XVIIIe siècles. Rayonnant sur la scène française comme internationale, l’ensemble témoigne, par ses programmes inventifs et exigeants, d’une démarche éclairée au cœur des répertoires et d’un travail approfondi sur les textures vocales et instrumentales.

Son champ d’action ? Les pages connues ou méconnues rythmant vie quotidienne et cérémonies à Versailles (Lalande, Lully, Couperin, Charpentier…), l’Italie baroque de Monteverdi à Pergolèse, ou encore l’Angleterre de Purcell et Clarke.

Pour l’opéra, il imagine de vastes fresques ; sa collaboration avec Benjamin Lazar scellée autour de Lully donne naissance à plusieurs spectacles unanimement salués (Le Bourgeois gentilhomme, Cadmus et Hermione et le tout récent Phaéton à Perm et Versailles avec musicAeterna), mais d’autres productions où la musique rencontre diverses disciplines artistiques – marionnettes, cirque, danse, théâtre… – sont aussi acclamées : Caligula, opéra pour marionnettes de G.M. Pagliardi, Le Carnaval Baroque avec Cécile Roussat & Julien Lubek et To be or not to be, écrit par Ivan Alexandre et mis en scène par Vincent Huguet.

L’ensemble est familier des plus grands festivals et salles du monde (Philharmonie de Paris, Opéra-Comique, Opéra royal de Versailles, Festivals d’Ambronay, de Beaune, et de Sablé, Wigmore Hall (Londres), Forbidden City Hall (Pékin), Wiener Konzerthaus, Concertgebouw d’Amsterdam, Palais des Beaux-Arts (Bruxelles), Oji Hall (Tokyo), Université Columbia (New York), Teatro San Carlo (Naples), Accademia Santa Cecilia (Rome), Philharmonie de Saint-Pétersbourg, BBC Proms.… ), tout en étant très engagé en Normandie, sa région de résidence.

Ses 30 enregistrements pour le label Alpha connaissent un rare succès public et critique, recevant les récompenses les plus prestigieuses de la presse.

Le Poème Harmonique fête ses vingt ans en 2019 et a offert, autour de son millième concert, un bouquet de créations : Élévations, concert-performance avec le circassien Mathurin Bolze (Cirque-Théâtre d’Elbeuf, Théâtre de Caen), la recréation de Le Musiche di Castaldi, premier disque de l’ensemble, créé aux Musicales de Normandie et donné en 2020 à Gaveau avec Eva Zaïcik, la zarzuela Coronis de Sebastián Durón mise en scène par Omar Porras (Théâtre de Caen), en tournée 2020 à l’Opéra de Rouen Normandie, l’Opéra de Limoges, l’Opéra de Lille et la Maison de la Culture d’Amiens.

L’année 2020 accueillera également une tournée d’Anamorfosi au Zaryadye Hall de Moscou (Russie), au Concertgebouw de Bruges (Belgique), Auditorium du Louvre (Paris) et au centre De Biljoke à Gent (Belgique), ainsi que la création d’Ouverture à la française, sur la naissance de l’orchestre et son émergence en Europe, à l’Auditorium de Radio France.

2019 a également été jalonnée par la parution d’un DVD (Phaéton) et de deux albums : Airs de cour et Anamorfosi, récompensé par la presse (Recording of the month de Gramophone, Diapason d’Or et Choc de Classica).

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Le Poème Harmonique est soutenu par le Ministère de la Culture (DRAC de Normandie), la Région Normandie, le Département de la Seine-Maritime, la Ville de Rouen et est en partenariat avec le projet Démos - Philharmonie de Paris.

Pour ses répétitions, le Poème Harmonique est en résidence à la Fondation Singer-Polignac.

Mécénat Musical Société Générale, la Caisse des Dépôts, Lubrizol France et la Fondation Crédit Coopératif sont mécènes du Poème Harmonique.


© François Berthier

Vincent Dumestre théorbe   et direction

Son goût prononcé pour les arts, son sens créatif de l’esthétique baroque, sa flamme d’explorateur et son goût de l’aventure collective l’incitent naturellement à défricher les répertoires des XVIIe et XVIIIe siècles et à créer un ensemble sur mesure. Avec son Poème Harmonique, Vincent Dumestre est aujourd’hui l’un des artisans les plus inventifs et polyvalents du renouveau baroque, embrassant direction d’orchestre, de chœur, de saison musicale, de concours et de festivals, sans rien lâcher de la pratique de ses instruments premiers, à cordes pincées.

S’il est sollicité dans tous les hauts lieux internationaux de la musique baroque, Vincent Dumestre développe aussi une partie de son activité en Normandie où il a fondé son ensemble et assure également, depuis 3 ans la direction artistique du Festival de Musique Baroque du Jura. Il s’est vu confier la saison 2017 du festival Misteria Paschalia à Cracovie.

Vincent Dumestre est chevalier dans l’Ordre national des Arts et des Lettres et dans l’Ordre national du Mérite. D’exhumations en reconstitutions, de compositeurs connus en programmes inattendus, il n’a de cesse de proposer de véritables créations, ouvrant les horizons de tout un pan de musique vocale et instrumentale et lui offrant une large visibilité qui fait référence.


© DR

Léa Trommenschlager soprano

Léa Trommenschlager est diplômée du conservatoire de Strasbourg ainsi que de la Musikhochschule Hanns Eisler de Berlin. En 2011, elle est lauréate de l’Académie du festival international d’Aix-en-Provence. La même année, elle participe à l'opéra De la Terreur des Hommes d’Arthur Lavandier avec Le Balcon. En 2012, elle poursuit la tournée du spectacle Cher Erik Satie de Jean Bellorini. En 2013, elle chante le rôle-titre dans Ariane à Naxos de Strauss au théâtre de l’Athénée à Paris (mise en scène Benjamin Lazar) avec Le Balcon dirigé par Maxime Pascal puis Fiordiligi dans Cosi fan Tutte (mise en scène Margita Zalite) à la Tischlerei du Deutsche Oper Berlin. Elle intègre ensuite la production Doppelgänger (mise en scène David Marton) créée au Schauspiel Stuttgart. À l'été 2014, Léa est invitée à se produire en récital aux festivals d’Aldeburgh, au Samuel Beckett - Happy Days Festival avec le pianiste Julius Drake et au festival d'Aix-en-Provence où elle chante notamment les Vier Letzte Lieder de Strauss sous la direction d'Alain Altinoglu.

Dans les répertoires de la mélodie et du Lied, elle a le plaisir de travailler avec les pianistes Alphonse Cemin, Alexander Fleischer, Elizabete Šīrante et Jonathan Ware. Au printemps 2015 paraît son premier enregistrement avec le label B Records du cycle Myrthen de Schumann, avec la complicité du baryton-basse Damien Pass et du pianiste Alphonse Cemin.

On a notamment pu entendre Léa sur les scènes de l’opéra de Lille, de l’Opéra Comique, de La Criée à Marseille, de l’opéra de Perm et du Tchekhov Festival de Moscou, de l’opéra de Versailles, du festival d’Aldeburgh, du théâtre de Chaillot, de la Salle Flagey à Bruxelles, de la Konzerthaus de Berlin, du Mozarteum à Salzbourg et également à Cracovie, Riga, au Chili et au Royaume-Uni.

Parmi ses projets récents, citons Jakob Lenz de Wolfgang Rihm au théâtre de l’Athénée avec le Balcon, Il Terremoto de Draghi à Séville avec Le Poème Harmonique, Donnerstag aus Licht de Stockhausen au Southbank Center de Londres avec Le Balcon mais aussi Lady M de Marc Ducret à Paris et Marseille, et une tournée avec l’ensemble Cairn.


© DR

Brenda Poupard mezzo-soprano

Tout récemment couronnée d'un Master de chant du Conservatoire National Supérieur de Musique et Danse de Paris (CNSMDP), la mezzo-soprano Brenda Poupard n'a pas tardé à se faire remarquer, tant par son aisance scénique que par sa voix souple guidée par une solide technique de chant.

Pour preuve, sa saison 2019/2020 la voit déjà donner une série de récitals de mélodies françaises au Japon avec le pianiste Jean-Michel Kim, chanter le rôle de la Nymphe Iris (Coronis de S. Durón) avec Le Poème Harmonique de Vincent Dumestre au théâtre de Caen, mais aussi aux opéras de Lille, Limoges, Rouen et Amiens, ou encore participer avec ce même ensemble à l’enregistrement de Cadmus et Hermione de Jean-Baptiste Lully, dans le rôle de L’Amour et de Palès.

Membre de la promotion 2019 de l’Académie de chant du festival international d’Aix-en-Provence, elle s'est déjà produite en concert avec l’ensemble La Tempête, le Quatuor Yako, et a interprété les rôles de Sesto (Giulio Cesare de Haendel) et de Lisetta (Il Mondo della Luna de Haydn) lors de deux co-productions du CNSMDP et de la Philharmonie de Paris.


Floriane Hasler alto

Après une enfance entourée de musique et de théâtre, Floriane Hasler intègre le chœur d'adultes de la Maîtrise de Notre-Dame de Paris (direction Lionel Sow) où elle suit l'enseignement de Rosa Dominguez. Dans ce cadre, elle se familiarise avec la musique médiévale et se perfectionne en musique ancienne, son domaine de prédilection.


En 2017, elle est admise au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris (CNSMDP), où elle se penche sur un répertoire plus tardif, appuyée par ses professeurs Chantal Mathias et Florence Boissolle. Elle y découvre par ailleurs l'art de la scène avec Vincent Vittoz et Emmanuelle Cordoliani.

La jeune mezzo est alors retenue pour plusieurs projets où elle tient des parties solistes, tels que la cantate BWV 3 de J.S Bach (direction Masaaki Suzuki), la re-création de l'opéra Giove in Argo d'Antonio Lotti, où elle tient le rôle de Diane (direction Léonardo García Alarcón) et la cantate BWV 106 de J.S Bach, dite l'actus tragicus (direction Stephan MacLeod).

Parallèlement à sa formation, elle collabore avec de nombreux ensembles parmi lesquels Pygmalion (direction Raphaël Pichon), Les Surprises (direction Louis-Noël Bestion de Camboulas), Mora Vocis (direction Els Janssens-Vanmunster), Marguerite Louise (direction Gaëtan Jarry), la Tempête (direction Simon-Pierre Bestion de Camboulas).

Passionnée par Bach, elle chante le Magnificat (direction Marzena Diakun) à la cathédrale Notre-Dame de Paris, ainsi que la Passion selon Saint Jean (direction Simon Proust) où elle tient successivement les parties d'alto solo.

Elle est également sollicitée par l'ensemble Correspondance (direction Sébastien Daucé) pour interpréter des extraits d'oeuvres de H.Purcell.

À l'âge de 23 ans, Floriane Hasler fait ses premiers pas aux opéras de Versailles, Bordeaux et Caen, où elle reprend le rôle de la troisième Grâce dans l'Orfeo de L. Rossi (direction Raphaël Pichon, mise en scène Jetske Mijnssen).

Peu après, elle enregistre La Descente d'Orphée aux enfers de M.A Charpentier avec l'ensemble Desmarest (direction Ronan Khalil), dans le rôle de Proserpine (paru chez Glossa).

Il lui tient enfin à coeur de faire vivre le répertoire contemporain, ce qui l'amène à travailler avec l'ensemble Le Balcon (direction Maxime Pascal et Alphonse Cemin), notamment pour un programme autour de Voix de Claude Vivier.

Prochainement, on pourra l'entendre dans le Miserere de Clérambault à trois voix de femmes avec le Poème Harmonique (dirigé par Vincent Dumestre) et dans le rôle de Mme de la Haltière dans Cendrillon de Massenet, mis en scène par Emmanuelle Cordoliani au sein du CNSMDP.