16 août 94

Il faut, chère Princesse, que vous me pardonniez le retard que j’ai mis à répondre à votre aimable lettre qui m’a suivi de Plombières à Bâle, et que je n’ai reçue qu’en rentrant à Paris, où nous sommes depuis quelques jours. Tout en m’abrutissant, les eaux m’ont fait le plus grand bien, et ma santé est en ce moment excellente. Je continue à l’améliorer en faisant de la bicyclette dans le Bois désert. A vous cette histoire :

Il y a un mois, la veille de mon départ, j’étais allé rendre une visite à l’Ange de la rue Christophe Colomb. Là, je lui fis tous mes compliments sur la façon dont son éditeur lançait son livre, à propos d’un article paru quelques jours avant dans Le Figaro sous la signature de Davenay, je crois. Alors, elle me dit : « C’est une infamie! Cet article est de Barrès, il est désolé, il m’a dit qu’on avait du faire cela pour ne pas froisser Philippe Gille, et qu’il avait reçu à ce sujet un mot de Calmette lui expliquant la chose, et je suis navrée parce que j’avais annoncé à tous mes amis que j’allais avoir un article de Barrès, alors on m’a dit : « Nous avons lu un article dans le Figaro, mais il n’est pas de Barrès... » Tout cela est stupide, ennuyeux. Vous, tâchez de me savoir... 

Entre M. Barrès. Baise-main. On s‘asseoit.- Silence. (Elle) -  Je racontais à M. Forain la chose inique dont vous êtes victime ; il est de mon avis : vous ne devez pas, pour vous même, laisser passer çà... 

(Lui) - Vous avez reçu Madame, la lettre que Calmette m’avait adressée ? 

 - « Oui. »

(Moi à lui, et de fort bonne foi) - C’est tout de même extraordinaire qu’on se soit permis cette impertinence vis à vis de vous... Pareille chose m’arriverait pour un dessin, je vous assure que je me fâcherais.

- M. Forain a raison. Vous ne devez pas laisser passer çà. 

Là-dessus, je prends congé.

Deux heures après, j’étais au Figaro.  Vous savez,  dis-je à Calmette,  qu’Ossit est furieuse, qu’elle comptait sur du Barrès signé Barrès et qu’on lui a donné du Davenay, que du Davenay signé Barrès aurait peut-être fait son affaire, mais que du Barrès signé Davenay, pour elle, cà n’existe pas.  Alors Calmette eut un bon sourire. Je comprends ! fis-je. Et lui de m’expliquer que c’était M. Barrès lui-même qui avait tenu à signer son article Davenay pour des raisons tout à fait intimes et conjugales ; qu’alors mon Dieu, c’est bien simple, il avait été convenu que lui, Calmette, - dans un petit mot cordial -, mettrait en avant la susceptibilité de Philippe Gille. Et l’Ange a cette lettre dans ses pièces à conviction.

Voilà, je pense, un bon bol de bon bouillon de culture du Moi, que notre pauvre Baronne a pris à la cuillère.

Naturellement, Calmette m’ayant prié de n’en rien dire à la baronne, elle ignore tout. Lisez cette histoire au Prince pendant une averse, et croyez-moi, chère Princesse, bien amicalement votre tout dévoué

Forain

Ma femme vous envoie ainsi qu’au Prince ses meilleurs souvenirs. Il est bien convenu, n’est-ce-pas qu’Ossit ne doit rien savoir.

Dear Winnie,

Il y a bien longtemps que je ne vous ai vue, et je ne cesse de penser à vous. J’ai la certitude que vous allez aller mieux, vous avez touché le fond de votre abîme, insensiblement le progrès va avoir lieu, l’avenir qui réserve quelque chose à tous les humains ne peut être vide pour vous pleine de vie, d’espoirs, d’imagination, de tendresse. Faites dire quand vous viendrez, votre vieille Anna.

Laboratoire de Physique

74, rue de Vaugirard

Madame,

Votre notaire m’a prévenu que vous mettiez à ma disposition chaque année chez lui pendant sept années consécutives, en deux versements, le 15 juillet et le 15 décembre, une somme de quatre mille francs. En attendant que j’aie l’honneur de vous être présenté lundi, je vous adresse mes vifs remerciements. Je suis heureux d’être délivré des soucis matériels pour mes achats d’appareils.

Veuillez agréer, Madame, l’expression de ma respectueuse reconnaissance.

E. Branly

23 mai 1912 

29 décembre 1920 (photocopie confiée par la Fondation Manuel de Falla)

Cher Monsieur,

Je suis tout à fait attristée de savoir que vous avez été si souffrant. J'ai été malade moi-même tout l'été. Je ne puis malheureusement vous fixer aucune date pour la représentation. Prenez tout le temps que vous voudrez pour finir l'oeuvre.

Je suis trop souffrante encore pour faire un projet d'ici longtemps. Tous mes meilleurs souvenirs.

Pcesse Ed de Polignac.

 

Madame,

Dans le cas où notre causerie de l’autre jour vous reviendrait en mémoire et vous tiendrait quelque peu à coeur, j’aimerais en effet, ainsi que vous en aviez exprimé le désir, vous en voir entretenir Madame la Ctesse G. dont l’intelligent intérêt vous est connu. A partager moi-même avec ce confident lucide et discret la délicate responsabilité de ces idées émises, je désire, pour mon compte cette fois, vous entretenir de certain précieux projet en d’autres matières, et qui si vous y trouviez de la gloire pourrait bien requérir de vous, pour une fois, une aide brillante et rapide. Je vous salue, Madame, avec l’assurance de toute ma haute sympathie pour les rares et nobles qualités et vélléïtés généreuses simplement révélées au cours de notre entretien. Puisse l’avenir vous donner de les réaliser en des entreprises sérieuses et sereines dont l’accomplissement serait un juste prix de vos hautes aspirations.

Comte Robert de Montesquiou

5 juin 92 

non daté                                                                                                      9, rue Alfred de Vigny

and how, please, could I help taking notice of such a kind and charming letter as yours? It gives me the greatest pleasure to think that I have such good and true friends là bas, en Egypte ! Fancy young Shattuck (whom I know very well) playing my sonata and precisely before you in a beautiful arabian house. And you say you enjoyed it and still you want me to take no notice of it all ? Je ne suis pas encore aussi racorni que cela! Et je vous remercie, ainsi que Shattuck ! à bientôt Reynaldo Hahn

Fourques 1935-

Princesse,

Laissez-moi vous dire ma longue et profonde et respectueuse tendresse, faite de souvenirs du coeur, tous précieux et forts.

votre Jean Cocteau

Samedi.

Petite Wynn, merci de votre cher mot. Nous disons avec Hélène combien nous vous aimons, et plus la vie est profonde, plus on se sent proche de vous. Nous vous aimons avec une grave et tendre affection. Nous vous attendons à déjeuner demain.

Je vous embrasse

votre Anna.

8-10 avril 1889

Princesse,

Mes camarades du Comité et moi-même désirons bien vivement aller vous remercier dès que vous serez de retour de Bruxelles. Voudriez-vous bien nous accorder un instant vendredi, vers 1h1/2 ? Nous avons à coeur de vous offrir l’expression de notre reconnaissance afin de vous dire que, de l’avis général, le Concert de samedi a été le plus intéressant et le plus réussi que nous ayons eu depuis bien longtemps. Parmi nos auditeurs nous avions Mr Garcin, chef d’orchestre du Conservatoire qui m’a paru prendre bonne note de quelques noms de nos morceaux, et Tchaïkovsky également très satisfait.

Nous avons été stupéfiés par la nouvelle que Chabrier était à la soirée de la Présidence vendredi. Pourquoi pas à notre concert samedi, et pourquoi, surtout n’y avoir pas voulu figurer ? C’est là un mystère qu’il m’est impossible d’éclaircir !

Permettez-moi de vous remercier encore tout particulièrement et soyez bien assurée que j’apprécie très vivement vos bontés pour moi,

Votre très reconnaissant et très respectueusement dévoué.

Gabriel Fauré

Voudriez-vous me dire si vous pouvez nous recevoir vendredi à 1h1/2 ? J’espère que vous aurez eu une belle représentation à Bruxelles.