César Franck et ses disciples

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Raoul Dufy (1877–1953)
Intérieur aux instruments de musique
1940, aquarelle, 65 x 50 cm
collection privée

Avant-propos

On mesure difficilement, aujourd’hui, l’extraordinaire rayonnement de César Franck dans la seconde moitié du XIXe siècle. Ce grand compositeur a largement déserté les programmes des concerts, même si l’on peut entendre sa symphonie et, trop rarement, ses merveilleuses Variations symphoniques, ou encore son Quintette avec piano. Seule sa Sonate pour violon et piano est restée un cheval de bataille des violonistes… Mais cet injuste oubli touche également toute une génération de disciples de César Franck, tels Vincent d'Indy, Pierre de Bréville, Alexis de Castillon, Guillaume Lekeu, ou Guy Ropartz dont les œuvres ne sont presque jamais reprises. Là encore, les exceptions sont rares, telles les mélodies d’Henri Duparc ou le Poème d’Ernest Chausson.

Ce groupe de musiciens représente pourtant, esthétiquement, l’apothéose du romantisme en France, mais aussi une véritable religion de la musique, essentielle dans la vie artistique à l’aube des temps modernes. En effet, même si Paris, dès les années 1830, avait accueilli des artistes romantiques venus de toute l’Europe, comme Liszt Chopin, Wagner, Bellini ou Verdi, le goût musical français est resté, jusqu'au milieu du XIXe siècle, principalement tourné vers l'opéra et l'opéra comique. C'est seulement après 1850 que les jeunes compositeurs français, à la suite de Berlioz, vont réellement découvrir le romantisme allemand : Beethoven, Mendelssohn, Schubert et Schumann, vont ainsi inspirer une nouvelle école tournée non seulement vers l’opéra, mais aussi la musique de chambre et la musique symphonique

Désireux de composer des œuvres exigeantes qui ne soient pas seulement conçues pour divertir le public, certains d’entre eux, comme Saint-Saëns ou Fauré, vont toutefois s’efforcer de modérer l’influence allemande en cultivant une spécificité française, avec ce qu'elle comporte de charme, de concision, de raffinement harmonique. Au contraire, César Franck et ses élèves vont non seulement chercher leurs sources dans Bach et dans Beethoven, mais ils vont également subir l’influence grandissante de Wagner, avec sa mélodie infinie, sa tension expressive, son chromatisme à fleur de peau, et ses inspirations légendaires qu’on retrouvera dans les opéras de Chausson ou d’Indy. On pourrait dire ainsi que l'école de Franck est le courant le plus allemand de la musique française – même si cette école conserve un couleur plus « nationale », comme cette délectation harmonique, qu'on goûte chez Franck ou chez Chausson... Sans oublier cette volonté d'explorer le folklore français, comme le fera d'Indy dans sa Symphonie cévenole.

Il faut également rappeler que les principaux chefs d’oeuvres de César Franck datent des quinze dernières années de sa vie, entre 1875 et 1890 . Et c’est à ce moment qu’il attire, comme professeur au conservatoire, toute une génération d’élèves fascinés par sa personnalité, ce qui lui vaudra le nom de pater seraphicus - tout à son art et à la spiritualité. Comme le résume Emile Vuillermoz : « Il a réhabilité les formes les plus hautes de l'expression musicale, a rattaché aux disciplines morales aussi bien qu'artistiques de Bach l'idéal qu'il défendait devant ses élèves, leur a fait mépriser le snobisme, les courants de la mode, les succès faciles, les concessions à la foule, la gloriole et l'argent. »

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Le jeune Guillaume Lekeu, qui ouvre notre programme, montre une véritable dévotion pour César Franck, dont il est l’un des plus jeunes élèves. Comme son maître, il est né en Belgique et sa disparition prématurée, à 24 ans, le désignera comme un génie foudroyé… Après l’installation de ses parents en France, à Poitiers puis à Angers il s’est en effet rapidement fait remarquer par des talents exceptionnels. Puis il est monté à Paris pour recevoir une vingtaine de leçons de Franck, impressionné par la force expressive de ses premiers essais. Après la disparition du maître, c’est Vincent d’Indy, son élève le plus proche, qui va poursuivre la formation de Lekeu – jusqu’à sa mort brutale de la typhoïde après avoir mangé un sorbet contaminé !

Comme ses maîtres, Lekeu est un tempérament romantique dont les maîtres sont Bach, Beethoven et Wagner – mais il fréquente aussi les cercles littéraires. Et, surtout, il fascine par la puissance de ses premières œuvres de musique de chambre : sonate pour piano et violoncelle, trio avec piano, quatuor à cordes, sonate pour violon et piano. L’une des plus célèbres reste le fameux Adagio pour orchestre qu’on va entendre dans une version réduite pour sept instruments. Cette œuvre étonnante, composée à l’âge de vingt ans, porte en épigraphe un mot du poète Georges Vanor : « Les fleurs pâles du souvenir ». Elle fut peut-être écrite en hommage à Franck après sa disparition, mais, comme l’ont souligné certains musicologues, elle préfigure par son art contrapuntique et sa tension expressive certains aspects de l’expressionnisme allemand, notamment La Nuit transfigurée d’Arnold Schönberg.

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Guy Ropartz, le second compositeur du programme, est un cas inverse de Guillaume Lekeu. Car si son génie fut peut-être moins éclatant, il a bénéficié d’une vie longue pour l’époque, puisqu’il est mort après la Seconde guerre mondiale, à l’âge de 91 ans, affublé d’une longue barbe blanche rendue célèbre par quelques photos prise en Bretagne dans ses dernières années.


Ropartz, en effet, était originaire de Guingamp, et il a conservé toute sa vie un fort attachement à cette province qui a inspiré beaucoup de ses œuvres. Mais il a été aussi un grand animateur de la vie musicale française, occupant la direction de l’orchestre et du conservatoire de Nancy où il a fait venir les meilleurs musiciens, et où fut créé le Poème pour violon et orchestre de son amis Ernest Chausson. Il laisse par ailleurs un catalogue immense incluant un opéra, Le Pays, de nombres pièces orchestrales descriptives, mais aussi beaucoup de musique pure, de symphonies, de sonates, de quatuors.

Je me rappelle d’ailleurs comment Jean Hubeau, professeur au conservatoire de Paris et fin connaisseur de son œuvre, aimait souligner comment beaucoup de ses partitions mêlaient de superbes idées musicales et des développements parfois un peu scolaires, dans lesquels s’appliquait un peu trop la doctrine de l’école de Franck et de Vincent d’Indy… Il n’en est rien toutefois dans cet admirable Troisième Nocturne pour piano, composé en 1917 et dédié à Blanche Selva : une page à la fois simple et sophistiquée avec son accompagnement en arpèges, caractéristique du genre, mais aussi un jeu d’harmonies extraordinairement inventif et personnel qui en fait un petit chef d’oeuvre.

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Vincent d’Indy, lui, fut de son vivant le plus célèbre des disciples de Franck, même si l’on ne donne quasiment plus sa musique au concert, pas même la célèbre Symphonie cévenole, encore populaire dans les années 1950. Il a également contribué à créer la religion franckiste en écrivant sur son maître, mais aussi sur ces deux autres astres que sont pour lui Beethoven et Wagner – et il donne de ce dernier une sorte de déclinaison française dans ses opéras comme Fervaal, L’Etranger, ou la Légende de Saint-Christophe.

Il y a dans sa musique un certain refus des séductions harmoniques et un goût sévère du contrepoint qui peut paraître rébarbatif. D’Indy, pour autant, n’est pas un compositeur simple. Et il laisse aussi une grande place à la nature dans ses œuvres, où nous saisit parfois un sentiment d’espace, que ce soit dans le Jour d’été à la montagne, le Poème des rivages, ou le Diptyque méditerranéen. Son amour de la montagne, où il parcourait des dizaines de kilomètres à pied, est d’ailleurs illustré dès ses jeunes années par des œuvres pour piano comme le Poème des montagne, les Tableaux de voyage, ou encore la suite de valses intitulée Helvetia, op 17, écrite à Cassis en décembre 1882 et qui évoque une traversée de la Suisse au retour de Bayreuth. La première valse Aarau est dédiée à Gabriel Fauré et a quelque chose de la grâce fauréenne. La seconde Schinznach est dédiée à André Messager ; et la troisième, peut-être la ,plus jolie, se nomme Laufenburg. Créées par le grand pianiste Louis Diémer, ces trois valses montrent en tout cas, une forme de séduction musicale pas si fréquente chez d’Indy

En 1895, désireux de perpétuer l’esprit franckiste, d’Indy fondera la Schola cantorum,, rue Saint-Jacques, où il souhaitera enseigner la musique pure, par opposition au Conservatoire qui fabrique des virtuoses et des compositeurs d’opéra. Il se passionnera également avant l’heure pour la musique ancienne et trouvera un soutien chez le prince et la princesse de Polignac qui l’accueilleront ici-même avec d’autres passionnés, pour des séances au cours desquelles on chantera des chœurs de la renaissance, ou encore le Dardanus de Rameau, recréé le 23 acril 1895.

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Enfin, Ernest Chausson, dernier compositeur de ce programme, demeure peut-être la figure centrale parmi les élèves de Franck à travers son Poème pour violon et orchestre, mais aussi sa symphonie, ses mélodies et ses œuvres de musique de chambre. Il est en outre un protagoniste important de la vie artistique de son époque par ses liens avec les milieux impressionnistes et symbolistes... même si sa vie se verra, elle aussi, prématurément interrompue en 1899 par un accident de bicyclette.

Quand il décide, à vingt ans passés, de se consacrer entièrement à la musique, Chausson étudie d’abord avec Massenet ; mais sa rencontre avec César Franck, au début des années 1880, correspond bien mieux à son tempérament en quête de spiritualité artistique. Comme la plupart des artistes de sa génération, il subit également le choc wagnérien et se rend à Bayreuth où il entend la Tétralogie et la création de Parsifal. Au au cours de ces voyages il se lie avec Vincent d’Indy. Pour autant son wagnérisme sera toujours tempéré – davantage que celui d’un Duparc – par l’ambition de créer une musique française par le sens de la couleur et le chatoiement harmonique. Il affirmera même à la fin de sa courte vie qu’il faut se « déwagnériser », comme le souhaite également Debussy, son ami de jeunesse.

Parmi ses œuvres les plus célèbres figurent les cycles de mélodies comme la Chanson perpétuelle, ou le Poème de l’Amour et de la mer pour voix et orchestre, mais aussi des œuvres de musique de chambre, notamment le quatuor avec piano ou encore, le Concert pour piano, violon et quatuor op 21 à que nous allons entendre. La partition est dédiée à Eugène Ysaÿe, qui devait la créer le 4 mars 1892 à Bruxelles. L'accueil fut excellent, le critique Pierre Lalo écrivant : « c'est l'une des œuvres les plus considérables de ces dernières années dans le domaine de la musique de chambre ».

L’œuvre est écrite pour deux instruments solistes – piano et violon – , avec un accompagnement de quatuor à cordes qui joue presque le rôle de l’orchestre au sein d’un petit concerto. Mais le mot « concert » semble aussi évoquer la musique française du XVIIIe siècle et son art du divertissement, juxtaposant des morceaux contrastés. Les quatre mouvements ont d’ailleurs été composés indépendamment les uns des autres,entre 1889 et 1891 avant d’être rassemblés dans ce cet ensemble qui est l’un des chefs de la musique de chambre française de la fin du XIXe siècle : à la fois franckiste par la structure savante et l’expressivité du premier mouvement, mais déjà impressionniste dans la merveilleuse Sicilienne.

Il faut toutefois noter que ce courant franckiste, après avoir été l’un des moteurs de la musique française à la fin du XIXe siècle, va se voir soudain dépassé, vieilli, avec le tournant radical incarné par Debussy, puis Ravel, Stravinski, et toute une musique moderne qui prônera une approche beaucoup plus libre de la composition. D’Indy, toutefois, essaiera de prolonger cet héritage jusqu’à sa mort, en 1931, à la Schola Cantorum. Des apprentis musiciens tels Roussel, Déodat de Séverac ou Satie viendront y chercher certaines bases de l’art musical, et notamment l’étude du contrepoint, cet héritage de César Franck qui se conjuguera dans leurs œuvres à l’esprit de la musique moderne.

Benoît Duteurtre

Programme

Guillaume Lekeu (1870-1894)

  • Adagio pour septuor à cordes (1891)

Guy Ropartz (1864-1955)

  • Troisième nocturne pour piano (1916)

Vincent d’Indy (1851-1931)

  • Helvetia pour piano opus 17

Ernest Chausson (1855-1899)

  • Concert pour violon, piano et quatuor à cordes opus 21
    • Décidé
    • Sicilienne
    • Grave
    • Très animé
Interprètes
  • Pierre Fouchenneret violon
  • Quatuor Hanson
  • Raphaël Pagnon alto
  • Adrien Bellom violoncelle
  • Simon Guidicelli contrebasse
  • Théo Fouchenneret, Philippe Hattat piano

Biographies

Pierre Fouchenneret violon

Artiste insatiable, fort d’une discographie de plus d’une vingtaine de disques, il dédie plusieurs années de sa vie à l’œuvre d’un  compositeur, s’entoure des plus beaux chambristes pour, le plus souvent, en graver une intégrale. En 2016, il enregistre chez Aparte l’intégrale des sonates pour violon et piano de Beethoven avec Romain Descharmes. En 2018, parait le premier volume d’une intégrale de la musique de chambre de Gabriel Fauré avec Simon Zaoui et Raphaël Merlin. Il se lance également avec le quatuor Strada, Eric Lesage, Florent Pujuila, Adrien Boisseau...dans le projet insensé de jouer toute la musique de chambre de Brahms. L’intégrale parait chez B.Records au cours de la saison 2018-2019.

Enfant prodige, Pierre Fouchenneret obtient à 16 ans son premier prix de violon et de musique de chambre au CNSM de Paris, remporte ensuite le Grand Prix du Concours International de musique de chambre de Bordeaux, le Grand prix Georges Enesco de la Sacem, et devient lauréat de la fondation Natixis.
Invité sur les scènes du monde entier, l’« archer hors norme » (Le Figaro) de Pierre Fouchenneret est rapidement amené à jouer avec des musiciens d’exception tels que le Fine Art Quartet, Jean-François Heisser, Jean-Frédéric Neuburger, Zongh Xu, Julien Leroy, Nicolas Angelich... Il fonde en 2013 le quatuor Strada avec Sarah Nemtanu, Lise Berthaud et François Salque.

Artiste gourmand et complet Pierre Fouchenneret est reconnu par les orchestres français et internationaux pour son audace et sa vision du répertoire. Il a notamment été invité par l’orchestre de la Suisse Romande, le Suzhou Symphony Orchestra, l’orchestre national de Bordeaux, le Philharmonique de Brno, le Philharmonique de Nice, le Baltic de Saint Petersbourg, l’orchestre de chambre Nouvelle-Aquitaine.

Pierre Fouchenneret est artiste associé en résidence à la Fondation Singer-Polignac.


Quatuor Hanson

Le quatuor Hanson s’est formé en 2013 au Conservatoire national supérieur de musique de Paris. Il obtient sa licence à l’unanimité puis son Master dans la classe de Jean Sulem (quatuor Rosamonde). Membre de l’European Chamber Music Academy après avoir été invité aux sessions de Manchester puis de Grossraming (Autriche), le quatuor travaille avec Hatto Beyerle, Johannes Meissl, Miguel Da Silva, Peter Cropper et se perfectionne auprès de Claire Désert, du trio Wanderer, du quatuor Ebène et de Mathieu Herzog. En 2014, le quatuor est en résidence au festival international de La Roque d’Anthéron.

Il se produit en quintette avec Jean Sulem au Grand salon des Invalides et interprète Figura IV / Passagio per quartetto d’archi de Matthias Pintscher au festival ManiFeste de l’IRCAM. Le quatuor Hanson est lauréat du concours européen «Musiques d’ensemble » de la Fnapec 2014 où il remporte la bourse de l’Académie des Beaux-Arts. En 2015, il se perfectionne à l'université des arts de Vienne auprès de Johannes Meissl.

Le quatuor a obtenu le 2e prix du concours international de quatuor à cordes Joseph Haydn en 2017 ainsi que trois prix spéciaux (le prix Joseph Haydn, le prix 20e siècle et le prix du public), le 2e prix du concours de Genève en 2016, le 3e prix ainsi que le prix du public au 11e concours international de quatuor à cordes de Lyon en 2015. Lors de l'ISA Competition à Reichenau en Autriche, les musiciens remportent trois prix dont celui du meilleur quatuor à cordes, ainsi que deux prix spéciaux (les "Wienner Klassik" et "Second Viennese School" prizes). Il est soutenu par la Fondation Banque Populaire.

Le quatuor se produit dans des salles prestigieuses telles l'auditorium de la Maison de la radio et la Philharmonie de Paris, le Wigmore Hall de Londres, le Victoria Hall de Genève, l’ORF Kulturhaus de Vienn (Autriche), l'opéra de Lyon, la Salle Cortot, le Grand salon des Invalides et les Archives nationales. Les quatre musiciens ont été les invités de festivals tels La Roque d'Anthéron, le festival Pablo Casals, le Kalkalpen Kammermusik Festival (Autriche), Les Vacances de Monsieur Haydn, Les Chaises musicales en Vienne, le festival de La Baule. Leur carrière internationale les amène à se produire en Europe, au Maroc et très prochainement en Chine.

Le quatuor partage régulièrement la scène avec des musiciens tels Michel Lethiec, Paul Meyer, Bruno Philippe, Vadim Kholodenko, Amaury Viduvier ou encore Guillaume Bellom.

Le premier enregistrement du quatuor sera consacré à Haydn et paraîtra à l’automne 2019 pour le label Aparté.

Le quatuor Hanson est en résidence à la Fondation Singer-Polignac depuis 2015.


Raphaël Pagnon alto

Après des études de violon aux conservatoires de Reims et Marseille, Raphaël intègre à Paris les classes d’Annick Roussin et Christophe Poiget. Il débute parallèlement l’alto auprès de Michel Michalakakos et intègre la même année le Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris dans la classe d’alto de Pierre-Henri Xuereb. Il y obtient en 2015 sa licence d’interprète mention « très bien ». Il a également la chance de bénéficier des conseils de Yuri Bashmet, Tabea Zimmerman ou encore Garth Knox lors de divers cours et masterclasses.

Raphaël est lauréat du Concours international Città di Cremona, du Concours national des jeunes altistes, du Prix du département des Bouches-du-Rhône, des Concours Bellan et Tertis, et est soutenu par la fondation « Musique et Vin au Clos Vougeot ». Il est membre de l’Académie de la Staatskapelle Berlin sous la direction de Daniel Barenboim entre 2016 et 2018. À cette occasion, il se produit dans des lieux aussi prestigieux que la Philharmonie de Paris, le Konzerthaus Berlin, la Philharmonie de Berlin sous la direction de chefs tels que Zubin Mehta, Simon Rattle, James Levine, Paavo Järvi... Il collabore également régulièrement avec des ensembles tels quel Les Dissonances ou l’ensemble Appassionato.

Passionné de musique de chambre, il a l’occasion de se produire aux côtés de partenaires de renom comme Dong-Suk Kang, Pascal Devoyon, Jérôme Pernoo, Dejan Bogdanovic.

Membre fondateur du quatuor Agate, il étudie actuellement auprès de Mathieu Herzog (quatuor Ébène) et Luc-Marie Aguera (quatuor Ysaye). Il côtoie également des maîtres réputés de cette discipline : Eberhard Feltz, Günter Pichler et Gerhard Schulz du quatuor Alban Berg, Yovan Markovitch du quatuor Danel, des membres du quatuor Talich et du quatuor Vogler.

Il joue sur un alto de Friedrich Alber de 2014.

Raphaël est en résidence à la Fondation Singer-Polignac avec le quatuor Agate.


Adrien Bellom violoncelle

Après avoir étudié dans la classe de Jérôme Pernoo au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, puis au Mozarteum de Salzburg auprès de Clemens Hagen ainsi qu'à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth en Belgique, Adrien Bellom poursuit actuellement une activité soutenue de chambriste.

Il est membre fondateur du quatuor avec piano Abegg et du quatuor à cordes Lachrymae, et est actuellement le violoncelliste du trio Medici. Il se produit aussi régulièrement en sonate avec son frère Guillaume Bellom, avec lequel il vient d’obtenir un Master en musique de chambre dans la classe de Claire Désert.

On a ainsi pu l'entendre aux côtés de nombreuses personnalités musicales au festival de Bel-Air, au festival de la Roche-Posay, au festival des Arcs, aux Journées Ravel de Monfort l'Amaury, au festival de Deauville, au festival de La Prée, au festival Debussy, au Palazetto Bru Zane à Venise, aux Sommets musicaux de Gstaad, à Flagey, à l'Auditorium du Louvre, à la Philarmonie de Paris...

Adrien fait partie depuis 2015 de la troupe du Centre de musique de chambre de Paris en résidence à la Salle Cortot, sous la direction artistique de Jérôme Pernoo. Après avoir intégré l'académie de l'orchestre philharmonique de Radio France et l'académie de l'orchestre de Paris il joue désormais au sein de différents orchestres de chambre, tels que l'ensemble Appassionato ou les Forces Majeures.

Adrien accorde depuis son plus jeune âge une grande place à la pratique du piano ; il obtient en 2014 un Premier Prix au Conservatoire de Boulogne-Billancourt dans la classe de Nicolas Mallarte. En tant que violoncelliste du trio Medici, il a participé à l’enregistrement du coffret CD Reicha publié chez Outhere Music en coproduction avec la Chapelle Musicale Reine Elisabeth et le Palazetto Bru Zane, sorti en septembre 2017.

Adrien est en résidence à la Fondation Singer-Polignac avec le trio Medici depuis 2017.


Simon Guidicelli contrebasse

Né en 1989, Simon Guidicelli commence la contrebasse à huit ans à l’école normale de musique d’Aix-en- Provence. Il y obtient en 2008 son diplôme de perfectionnement à l’unanimité avec les félicitations du jury dans la classe de Francis Laforge. Il est admis la même année au Conservatoire national supérieur de musique de Paris dans la classe de Thierry Barbé.

Il se produit régulièrement avec l’orchestre national du Capitole de Toulouse ainsi qu’avec l’orchestre national de France, l’orchestre de l’Opéra de Paris, l’orchestre de chambre de Montpellier sous la direction de chefs tels que Tugan Sokhiev, Daniele Gatti, Philippe Jordan, Kristjan Järvi, Harmut Haenchen.

Contrebassiste de l'ensemble Le Balcon dirigé par Maxime Pascal, il participe à de nombreux projets, dont La Symphonie Fantastique de Berlioz/Lavandier, Le Premier meutre d’Arthur Lavandier, Le Balcon de Peter Eötvös, et les Lieux Perdus de Pedro Garcia-Velasquez.

Il s’occupe également à la production de projets pour Le Poème Harmonique, dirigé par Vincent Dumestre.

En 2018-2019, il participe avec Le Balcon à l’opéra Donnerstag aus Licht de Stockhausen à l’Opéra comique de Paris.


Théo Fouchenneret piano

Théo Fouchenneret commence ses études musicales au Conservatoire à rayonnement régional de Nice à l’âge de cinq ans dans la classe de Christine Gastaud. À treize ans, il obtient son prix de piano mention "très bien" à l’unanimité. Il entre alors au Conservatoire national supérieur de musique de Paris dans la classe d’Alain Planès, puis dans celle d’Hortense Cartier-Bresson. Il obtient son master mention "très bien", est admis en 3e cycle et suit également l’enseignement de la classe d’accompagnement.

En octobre 2013, il est lauréat du Concours international Gabriel Fauré. En 2018, il remporte le premier prix ex-aequo du Concours de Genève et est nommé dans la catégorie "soliste instrumental" aux Victoires de la musique classique.

Il a fondé en 2014 le trio Messiaen aux côtés du violoniste David Petrlik et du violoncelliste Volodia van Keulen, avec qui il obtient le premier prix au Concours international de musique de chambre de Lyon en 2018. Ce prix permet au trio d'enregistrer, avec Raphaël Sévère, son premier disque pour le label Mirare consacré au Quatuor pour la fin du temps de Messiaen et aux Court Studies de Thomas Adès.

Théo s’est déjà produit dans des salles prestigieuses en France (UNESCO, opéra de Nice, opéra de Dijon...) et à l’étranger (Toppan Hall à Tokyo, Izumi Hall à Osaka, Munetsugu Hall à Nagoya, National Concert Hall à Taïwan...). Aujourd’hui invité par de nombreux festivals (festival de Pâques de Deauville, Rencontres musicales de Bélaye, festival de La Roque d’Anthéron, Cully Classique...), il partage la scène avec des musiciens tels Raphaël Sévère, Victor Julien-Laferrière, Tatsuki Narita, Nicolas Bône, Roland Pidoux, Romain Descharmes, Éric Picard, Christophe Morin.

Théo Fouchenneret est en résidence à la Fondation Singer-Polignac avec le trio Messiaen.


Philippe Hattat piano

Né en 1993, Philippe Hattat entame ses études musicales à l’âge de huit ans au Conservatoire de Levallois-Perret. Il entre dès 2003, au Conservatoire à rayonnement régional de Paris en classe de piano, puis en 2006 en classe d’accompagnement (avec Ariane Jacob, Jean-Marie Cottet et Philippe Biros) et passe parallèlement un baccalauréat littéraire. Il est parallèlement l'un des « disciples » de Jean-Marc Luisada qui lui ouvre de nombreuses voies d’interprétation. En 2011, il entre au Conservatoire national supérieur de musique de Paris dans la classe de piano de Jean-François Heisser et dans celle d’accompagnement de Jean-Frédéric Neuburger. En 2013, il suit le cursus supérieur d’écriture et obtient le prix d’harmonie avec Jean-François Zygel, le prix de contrepoint avec Pierre Pincemaille et le prix d’écriture XXe-XXIe avec Alain Mabit. En 2014 il entre en Master de musique de chambre dans la classe d’Itamar Golan, en trio avec François Pineau-Benois (violon) et Nil Kocamangil (violoncelle).

Philippe Hattat s’est produit dans de nombreux festivals en tant que soliste : Les Nuits musicales de Pise Musique au moulin (Moulin d’Andé) ; Musique et Terroir à Caunes-Minervois Le Brulhois musical ; l’Heure musicale au Marais (Paris) ; Festival Chopin (Paris) ; l’Orangerie de Sceaux ; Festival du Palazzetto Bru Zane (Paris) ; Musica da Casa Menotti (Spoleto, Italie) et La Roque d’Anthéron. En tant que chambriste, il participe aux Journées Ravel de Monfort-l’Amaury ; Musiques sur Ciel de Cordes-sur-Ciel ; Moments musicaux de Chalosse Printemps de l’Académie Maurice Ravel de Saint-Jean-de-Luz ; Gümüşlük Klasik Müzik Festivali en Turquie. Avec  l'orchestre de chambre tchèque Camerata bohemia (direction Rémi Gousseau) et l’orchestre Bel’Arte (direction Richard Boudarham), il participe en tant que soliste aux Estivales en Puisaye-Forterre. En tant que clavier d’orchestre, il participe aux Folles Journées de Nantes 2013 avec l’orchestre Poitou-Charentes (direction : Jean-François Heisser) ainsi qu'au 32ème festival Aspect des Musiques d’Aujourd’hui (Caen) avec l’ensemble Multilatérale (direction Kanako Abe). 

Philippe Hattat est souvent sollicité pour l’accompagnement vocal avec chœur (accompagnement occasionnel des chœurs Francis Bardot) ou avec chanteurs solistes. Il a également été chef de chant pour l’opéra Les Contes de la lune vague après la pluie de Xavier Dayer (coopération entre la Fondation Royaumont, l’ensemble Linea, l’opéra de Rouen et l’Opéra Comique).

Compositeur, Philippe Hattat a suivi l’enseignement de Michel Merlet à Levallois-Perret (2005- 2011) en composition et orchestration. Il pratique le clavecin et l’orgue depuis 2008 avec Benjamin Steens. Il joue également du violoncelle. En octobre 2014 il entre dans la classe d’improvisation à l’orgue de Pierre Pincemaille au Conservatoire à rayonnement régional de Saint-Maur-des-Fossés et obtient son prix dans cette même discipline en juin 2016. Très impliqué dans la création contemporaine, il a dernièrement participé à deux premières mondiales : le cycle de mélodies Imago Mundi d’Olivier Greif avec le baryton L’Oiseleur des Longchamps en mai 2016 puis la création mondiale partielle des Études pour piano de Philippe Manoury, avec Jean-Frédéric Neuburger au Festival Berlioz (2016). Attaché tant au répertoire qu’à la création contemporaine où à la redécouverte de compositeurs moins connus (Séverac, Durosoir, etc), son horizon musical s’est élargi à l’étude et la pratique de la musique médiévale (chant grégorien, polyphonies vocales improvisées) et des musiques traditionnelles extra-européennes (pratique du gamelan de Java central, étude des polyphonies vocales géorgiennes avec l’ethnomusicologue Simha Arom, etc).

Philippe Hattat est lauréat du concours international de piano Claude Bonneton de Sète (2010 ; 1er prix et prix du public), du concours international de piano d’Orléans (2016 ; Prix Mention Spéciale Ricardo Viñes, Prix Mention Spéciale Alberto Ginastera, et Prix de composition André Chevillon – Yvonne Bonnaud), et du Concours international Giorgio Cambissa (2016).

Outre ses activités musicales et pour satisfaire son ouverture d’esprit et son insatiable curiosité, il s’intéresse à de nombreux autres domaines du savoir (sciences physiques, géologie, philosophie, archéologie, anthropologie, etc.), avec une prédilection certaine pour la linguistique comparative et les origines du langage.

Philippe Hattat est en résidence à la Fondation Singer-Polignac depuis 2017.