Yan Levionnois

Photo : Natacha Colmez Photography

Artiste associé depuis 2016

Lauréat de quelques-uns des concours internationaux les plus prestigieux pour violoncelle, tels que les concours Rostropovitch ou Reine Elisabeth, Yan Levionnois se démarque par son esprit curieux qui le pousse à diversifier ses expériences artistiques. 

Baignant dans un environnement musical dès son plus jeune âge, il commence le violoncelle avec son père avant de partir étudier successivement à Paris avec Philippe Muller, à Oslo avec Truls Mørk et à la Juilliard School à New York avec Timothy Eddy. Son parcours le porte rapidement à rencontrer et à partager la scène avec des artistes de tous horizons, tels que David Grimal, Nicholas Angelich, Pierre Fouchenneret, Léa Hennino, Richard Galliano et Elliot Jenicot. Depuis 2016, sa complicité enthousiaste avec le pianiste Guillaume Bellom les amène à jouer souvent en récital. Enfin, il devient en 2019 membre du quatuor Hermès, explorant au sein de cet ensemble les richesses d’un répertoire inépuisable. 

Également à l’aise dans le répertoire concertant, il s’est produit en soliste avec notamment le London Philharmonic Orchestra, l’Orchestre National de France ou encore l’Orchestre National du Capitole de Toulouse, sous la direction de chefs tels que Heinrich Schiff, Daniele Gatti et Dimitry Sitkovetsky. Musicien complet, il participe par ailleurs régulièrement en tant que chef de pupitre à l’ensemble sans chef Les Dissonances, abordant avec eux les grandes pages orchestrales, depuis les symphonies de Beethoven jusqu’aux œuvres de Stravinsky, Bartók ou Ravel. 

Ces diverses expériences ont nourri sa discographie déjà riche d’une quinzaine d’opus, qui a été unanimement saluée par la presse et le public depuis son premier disque consacré au répertoire pour violoncelle seul des XXème et XXIème siècles. Ardent défenseur de la musique de son temps, il a d’ailleurs travaillé avec de nombreux compositeurs contemporains. La création du Concerto pour violoncelle et orchestre d’harmonie de Richard Dubugnon a notamment fait l’objet du film « Ce qu’il faut de silences », réalisé par Thierry Augé. On notera également ses enregistrements de The Sound of Trees, concerto pour violoncelle et clarinette de Camille Pépin, ainsi que de Dolmen, œuvre pour violoncelle seul de Kryštof Mařatka.

Dans un autre registre, sa collaboration avec le compositeur Romain Trouillet l’a amené à enregistrer de nombreuses bandes originales pour le théâtre comme pour l’écran, que ce soit par exemple pour les spectacles du mentaliste Viktor Vincent ou pour le court-métrage « Homesick » de Koya Kamura. 

Passionné par la poésie d’Arthur Rimbaud, il a conçu « Illuminations », un spectacle mêlant les poèmes du recueil éponyme aux Suites pour violoncelle seul de Britten, dans lequel il assure lui-même le rôle de récitant, et qui a également été gravé en disque. 

Il joue un violoncelle de David Tecchler de 1703, généreusement prêté par des mécènes privés.

Discographie sélective


Victor Julien-Laferrière

Photo : Jean-Baptiste Millot

Victor Julien-Laferrière est artiste associé depuis septembre 2017

Né à Paris en 1990, Victor Julien-Laferrière débute le violoncelle avec René Benedetti puis étudie successivement avec Roland Pidoux au Conservatoire de Paris, Heinrich Schiff à l’université de Vienne et Clemens Hagen au Mozarteum de Salzbourg. Parallèlement, il prend part de 2005 à 2011 à l’International Music Academy Switzerland de Seiji Ozawa.
Vainqueur du 1er prix au concours Reine Elisabeth à Bruxelles en 2017 lors de la première édition de ce concours consacrée au violoncelle, Victor a également remporté en 2012 le Concours International du Printemps de Prague. 

Il se produit notamment avec l’orchestre philharmonique de Radio France, le Brussels Philharmonic, l’orchestre national de Belgique, le Antwerp Symphony, l’orchestre royal de chambre de Wallonie, le State Hermitage Orchestra de Saint Pétersbourg, l’orchestre national d’Île-de-France, l’orchestre philharmonique du Luxembourg, le Slovak Radio Symphony ou encore le Bogota Philharmonic. Il est par ailleurs l’invité du Théâtre des Champs Elysées, du KKL de Lucerne, de la Tonhalle de Zurich, du Concertgebouw d’Amsterdam, de l’Auditorium du Louvre, de la Cité de la Musique, de la Salle Gaveau à Paris, du Palais des Beaux-Arts à Bruxelles, de l’opéra de Dijon, de la Phillips Collection à Washington, des festivals du Printemps de Prague, du Mecklenburg-Vorpommern, Olympus à Saint Pétersbourg, de Kuhmo, Gstaad et Deauville, des Folles Journées de Nantes et Tokyo, du festival de Pâques d’Aix-en-Provence…

Nommé « Soliste de l’Année » aux Victoires de la Musique classique 2018, Victor Julien-Laferrière est lauréat de la Fondation Groupe Banque Populaire, et s’est vu décerner le Prix de la Fondation Safran pour la Musique 2013. En 2009, il fonde en 2009 le trio Les Esprits en compagnie d’Adam Laloum et Mi-Sa Yang, et a enregistré plusieurs disques tous primés pour le label Mirare. C’est chez ce label qu’est paru en octobre 2016 un album de sonates avec Adam Laloum ayant obtenu un Diapason d’Or de l’Année, “ffff” de Télérama, ainsi que “Choc” du magazine Classica et faisant partie de la sélection des albums de l’année par Le Monde.

En 2018, il sera entre autres l’invité des orchestres de chambre de Paris et Lausanne, ainsi que de l’orchestre I Pomeriggi Musicali de Milan, de l’Orchestre National de Belgique, du Netherlands Philharmonic Orchestra, du Brussels Philharmonic et de l’Orchestre National de Lille. Il partira également en tournée au Brésil et se produira en récital à la fondation Louis Vuitton et au théâtre des Champs-Elysées.

En 2019, il fonde l’Orchestre Consuelo qu’il dirige.


Jean Rondeau

Photo : Clément Vayssieres

Artiste associé en résidence à la Fondation Singer-Polignac depuis janvier 2016

Qualifié par le Washington Post comme « l’un des interprètes les plus naturels que l’on puisse entendre sur une scène de musique classique de nos jours », Jean Rondeau est un véritable ambassadeur pour son instrument. Son talent exceptionnel et son approche du répertoire de clavecin ont été salués par la critique, et font de lui l’un des clavecinistes majeurs d’aujourd’hui. 

Après son début avec l’Orchestre de Paris dans le Concerto Champêtre de Poulenc en 2021, Jean Rondeau poursuit en 2021/22 ses engagements comme soliste jouant le Concerto pour Clavecin et Orchestre de Frank Martin avec l’Orchestre de Chambre de Genève, le Concert Champêtre de Francis Poulenc avec l’Orchestre Philharmonique de Zagreb, et en tournée avec le Freiburger Barockorchester et le Kammerorchester Basel. En musique de chambre, Jean Rondeau partage la scène avec le violoncelliste Nicolas Altstaedt au Staatsoper de Berlin et retrouve ses partenaires du Nevermind Quartet pour des projets d’enregistrement et des concerts à Madrid et la Chaux-de-Fonds ainsi qu’à la Konzerthaus Dortmund et le Wigmore Hall à Londres. Le point fort de la saison 2021-22 est la sortie en février 2022 des Variations Goldberg de Johann Sebastian Bach, un enregistrement que Jean Rondeau envisage depuis longtemps et qui est acclamé par la critique. La tournée associée à cette sortie le voit interpréter les Goldberg dans une quarantaine de salles en Europe, mettant l’accent sur la durabilité avec une logique écologique pour souligner les engagements environnementaux de l’artiste. Cette tournée comprend des concerts à la Philharmonie de Berlin, à l’Opéra de Francfort, au Concertgebouw d’Amsterdam, à l’Académie Liszt de Budapest, au Victoria Hall de Genève, à la Philharmonie de Paris et au Wigmore Hall de Londres entre autres. Jean Rondeau est également à l’honneur dans un « Portrait » à la Salle de Musique à la Chaux-de-Fonds, en partenariat avec l’Orchestre de Chambre de Genève qui comprend plus de six concerts (récitals solo, concerts de musique de chambre, et concerts en soliste).
Jean Rondeau est signé chez Erato, ayant enregistré plusieurs albums qui mettent à l’honneur la musique ancienne. L’album qui précède les Variations Goldberg s’intitule Melancholy Grace (2021), salué comme « émouvant […] varié, [et] merveilleux » par le NY Times et « sublime » par Le Devoir. Celui-ci est précédé par Barricades (2020), enregistré avec Thomas Dunford, qui fût acclamé par les critiques, tout comme son enregistrement des sonates de Scarlatti en 2019, qui a remporté le Diapason d’Or de l’Année cette année-là. Ses premières publications incluent son premier album Imagine (2015), qui a reçu le Choc de Classica et la reconnaissance de l’Académie Charles Cros ; Vertigo (2016, lauréat du Diapason d’Or cette année-là), qui rendait hommage à deux compositeurs baroques de sa France natale Jean-Philippe Rameau et Joseph-Nicolas-Pancrace Royer ; et Dynastie (2017), qui explore les concertos pour clavier de Bach et de ses fils Wilhelm Friedemann, Carl Philipp Emanuel et Johann Christian.
Grand promoteur de la musique contemporaine, Jean Rondeau joue en 2018 la première mondiale de Furakèla d’Eve Risser pour clavecin solo au BBC PROMS. Il aborde également ce répertoire en tant que compositeur : en 2016, il compose sa première bande originale pour le film Paula de Christian Schwochow, sorti en avant-première au Festival du film de Locarno la même année.
En plus de ses engagements comme soliste et chef d’orchestre, Jean Rondeau donne régulièrement des masterclasses dans le monde entier. Il a enseigné notamment à l’Académie de Gstaad et à l’Université de Hong Kong.
Jean Rondeau a étudié le clavecin avec Blandine Verlet au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, puis s’est perfectionné en continuo, orgue, piano, jazz et improvisation, ainsi qu’en direction d’orchestre. Il a complété sa formation musicale à la Guildhall School of Music and Drama à Londres. En 2012, il est devenu l’un des plus jeunes interprètes à remporter le premier prix au Concours international de clavecin de Bruges (MAfestival 2012), à l’âge de 21 ans.


Marie Ythier

Photo : Costanza Canali

Artiste associée depuis juillet 2018

Musicienne classique, mais aussi engagée dans une démarche de création auprès des compositeurs de sa génération, la violoncelliste Marie Ythier a déjà à son actif cinq disques, dont Une Rencontre, autour des oeuvres de Robert Schumann et Tristan Murail (Divine Art Recordings, Naxos 2019), qui a reçu les éloges de la presse internationale. 

Formée auprès d’Anne Gastinel, Miklos Perenyi, Philippe Muller, Gary Hoffmann et Heinrich Schiff, elle est régulièrement invitée dans des salles prestigieuses (Philharmonie de Paris, Auditorium de Dijon…) et se produit en soliste dans le monde entier (Kuhmo Festival, FIMC Lima, Suona Francese Italia, Festival Messiaen au Pays de la Meije, CMMAS de Morelia, CENART de Mexico, Luzern KKL…).

Marie Ythier travaille régulièrement avec des compositeurs tels qu’Ivo Malec, Gilbert Amy, Tristan Murail, Pierre Boulez…et est déjà dédicataire d’une dizaine de pièces écrites pour elle. Elle intègre souvent des ensembles anglais, italiens, allemands, et joue en soliste sous la direction de chefs de renom (P. Boulez, P. Csaba, C. Power…).

Passionnée par la transmission, elle est professeure de violoncelle au CRD d’Aulnay-sous-Bois, au Conservatoire du 15ème arrondissement de Paris, professeure invitée au conservatoire national supérieur de Lima, et donne des masterclasses en France, en Asie et en Amérique latine.

Marie Ythier, de par ses expériences musicales variées, est une artiste dont l’éclectisme et l’ouverture d’esprit se révèlent dans l’intérêt particulier qu’elle voue à la musique nouvelle. Elle aborde aussi volontiers le répertoire de toutes les époques, en musique de chambre ainsi qu’en soliste.

Lauréate de nombreux prix nationaux et internationaux (1er prix du concours de violoncelle des Zonta Clubs, lauréate Mécénat Société Générale, fondation Meyer, Adami…), Marie Ythier est diplômée des CNSM de Lyon et du CNSM de Paris où elle a effectué un 3e cycle supérieur. Marie Ythier est lauréate de la fondation Salabert ainsi que de la Fondation de France pour l’année 2015. Artiste en résidence à Monceau Assurances en 2017, lauréate de la fondation Cordes Sensibles, et enfin artiste associée de l’Adami depuis 2018, Marie Ythier est désormais artiste associée de la Fondation Singer-Polignac depuis juin 2018 et membre actif du Collège Contemporain depuis 2019.

Marie Ythier joue un violoncelle Bernardel Père prêté par l’association Talents et Violoncelles depuis 2019.

Discographie


« Vivre vite » Le dix-neuvième siècle face à l’accélération du temps et de l’histoire

DEMACHY Robert (1859-1936) Vitesse (1904) – Épreuve photomécanique (similigravure) à partir d’une épreuve à la gomme bichromatée, H. 12,4 ; L. 17,9 cm – © Photo RMN-Grand Palais – P.Schmidt

IXe Congrès de la Société des Études Romantiques et Dix-Neuviémistes

Avant-propos

Nous nous plaignons souvent, aujourd’hui, du tempo accéléré de nos vies. Mais de quand date cet emballement ? Le XIXe siècle est-il à l’origine de ce sentiment d’accélération continue du temps ? Force est de constater que, dès le tournant du siècle, les modes de vie ont tendance à s’inscrire en rupture avec les rythmes de l’Ancien Régime. Les bouleversements politiques, la labilité des trajectoires sociales, la fluidité des circuits commerciaux et financiers, l’évolution des moyens de transport, placent la vitesse au cœur de la vie quotidienne : le siècle du progrès n’a pas de temps à perdre. La presse, la mode, la Bourse, la tribune imposent, ou relaient, une cadence qui peut devenir infernale, tandis que les prouesses sportives ou musicales redoublent les records industriels et techniques. La littérature comme les arts visuels sont partie prenante de cette évolution dont ils rendent compte et qu’ils intègrent à leurs pratiques telle une performance. Photographes de l’instant, adeptes de l’écriture « à la vapeur », fascinés par la vitesse et la frénésie urbaine, côtoient cependant des observateurs plus critiques qui se proposent – exception, contrepoint, résistance ? – de faire l’éloge de la lenteur, du calme de la vie provinciale, des voyages et des passions au long cours. Car vivre vite, est-ce vivre plus, ou bien ne plus avoir le temps de vivre et de créer ?

LUNDI 4 OCTOBRE 2021

 

Ouverture du congrès par Jean-Claude Caron, Christèle Couleau et Claire Barel-Moisan

Conférence plénière d’ouverture : Étienne Klein (Commissariat à l’Énergie Atomique, Laboratoire de recherche sur les sciences de la matière) : Le temps a-t-il une vitesse ? 

Session 1 : L’emballement médiatique (11h15-12h45)

Présidence : Jean-Claude Yon (EPHE, PSL)

  • Morgane Avellaneda (Université de Saint-Étienne – Université des Antilles)
  • Julie Anselmini (Université de Caen)
  • Session 2 : La vitesse au quotidien (14h-15h30)

    Présidence : Judith Lyon-Caen (EHESS)

  • Sébastien Richez (Université de Caen-Normandie)
  • Camille Napolitano (École Pratique des Hautes Études)
  • Session 3 : Accélérer ou résister ? (15h50-17h50)

    Présidence : Jean-Claude Caron (Université Clermont Auvergne)

  • Ivan Burel (Institut d’Études Politiques de Lille)
  • Bruno Phalip (Université Clermont Auvergne)
  • Nicolas Cambon (Université Toulouse II – Jean Jaurès)

  • MARDI 5 OCTOBRE 2021

    Session 4 : Allegro ma non troppo (9h30-11h30)

    Présidence : Cécile Reynaud (EPHE, PSL)

  • Emmanuel Reibel (Université Lumière Lyon 2)
  • Hervé Lacombe (Université Rennes 2)
  • Pierre Fleury (Sorbonne Université)
  • Session 5 : le geste véloce (11h45-13h15)

    Présidence : José-Luis Diaz (Université de Paris)

  • Sébastien Lepetit (ENS-Lyon)
  • Jennifer Forrest (Texas State University)
  • Session 6 : Poétique et esthétique de la vitesse (14h-16h)

    Présidence : Claire Barel-Moisan (CNRS. ENS de Lyon)

  • Emmanuel Boldrini (Université Lyon 2)
  • Yoann Chaumeil (Université Toulouse II – Jean Jaurès)
  • Cyrielle Mary (Université de Caen)
  • Session 7 : Inscrire la vitesse dans l’image (16h15-17h45)

    Présidence : Éléonore Reverzy (Université Sorbonne Nouvelle)

  • Axel Hohnsbein (Université de Bordeaux)
  • Rae Beth Gordon (Université du Connecticut)

  • MERCREDI 6 OCTOBRE 2021

    Session 8 : Accélérer le mouvement (9h30-11h)

    Présidence : Françoise Gaillard (Université de Paris)

  • Édouard Bourdelle (Université de Strasbourg)
  • Marie-Ange Fougère (Université de Bourgogne)
  • Session 9 : En voiture ! (11h15-12h45)

    Présidence : Marie-Ange Fougère (Université de Bourgogne)

  • Tim Farrant (Pembroke College, Oxford)
  • Marie-Bernard Bat (Université Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines)
  • Session 10: Cadences théâtrales (14h-15h)

    Présidence : Émilie Pézard (Université de Poitiers)

  • Valentina Ponzetto (FNRS/Université de Lausanne)
  • Session 11 : Trouver son rythme (15h-16h)

    Présidence : Philippe Hamon (Université de Paris)

  • Aimée Boutin (Florida State University)
  • Session 12 : Les temps de la vie (16h15-17h45)

    Présidence : Christèle Couleau (Université Sorbonne Paris Nord)

  • Virginie A. Duzer (Pomona College, California)
  • Anne Carol (Aix-Marseille Université)
  • Biographies

    Jérémie Alliet

    Doctorant en première année en Littérature Française, à l’École Normale Supérieure de Lyon, et agrégé de lettres modernes, Jérémie Alliet prépare une thèse sur « l’héroïsme sans héros dans les romans de Balzac entre 1842 et 1848 », sous la direction du professeur Éric Bordas (IHRIM).


    Julie Anselmini

    Professeure en Littérature à l’Université de Caen-Normandie, J. Anselmini est spécialiste de l’œuvre de Dumas père, auquel elle a consacré plusieurs ouvrages et numéros de revues (Le roman d’Alexandre Dumas père ou la réinvention du merveilleux, Droz, 2010 ; Dumas critique, J. Anselmini dir., PULIM, 2013 ; A. Dumas, Gaule et France, éd. critique J. Anselmini, Garnier, 2015…). Elle consacre actuellement ses recherches aux liens entre critique et littérature chez les écrivains du XIXe siècle.


    Morgane Avellaneda

    Morgane Avellaneda est en quatrième année de doctorat à l’Université de Saint-Étienne, elle travaille sur le journalisme de Chateaubriand sous la direction de Jean-Marie Roulin. Normalienne et agrégée de Littérature française, elle est chargée de recherche documentaire au service de la Presse de la Bibliothèque nationale de France où elle a créé un outil destiné à la valorisation et l’usage pédagogique des feuilletons romanesques au XIXe siècle.


    Claire Barel-Moisan

    Claire Barel-Moisan est chargée de recherches au CNRS (dans l’UMR IHRIM, à l’École Normale Supérieure de Lyon). Elle enseigne à Hamilton College (Paris) et à l’ENS-Lyon. Spécialiste de la poétique romanesque balzacienne, elle a publié des travaux sur la littérature
    romanesque du XIXe siècle (en particulier sur Balzac, Sand et Flaubert), ainsi que sur les sciences dans le roman français et dans la presse (XIXe siècle et première moitié du XXe siècle). Elle dirige l’ANR Anticipation, sur le roman d’anticipation scientifique (1860-1940). Parmi
    ses dernières publications : Le XIXe siècle face au futur. VIIe Congrès de la SERD, Claire Barel-Moisan, Aude Déruelle et José-Luis Diaz (dir.), 2018 : http://serd.hypotheses.org/le-xixe-siecle-au-futur et Le roman des possibles. L’anticipation dans l’espace médiatique francophone (1860-1940), Claire Barel-Moisan et Jean-François Chassay (dir.), Presses de l’Université de Montréal, 2019.


    Pierre-Henry Bas

    Pierre-Henry BAS est docteur en histoire médiévale, spécialisé sur le combat à pied à cheval. Chercheur associé au laboratoire d’histoire IRHiS (Université de Lille). Président de l’association REGHT (Recherche et Expérimentation du Geste Historique et Technique). Membre du programme Equinologie sur les interactions homme cheval de Paris 3. Auteur de plusieurs articles sur l’histoire de l’équitation et de l’escrime à partir de l’étude des traités techniques et des sources judiciaires.


    Marie-Bernard Bat

    Agrégée de Lettres modernes, Marie-Bernard Bat est PRAG à l’Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines et termine une thèse en littérature à Sorbonne Université. Ses travaux s’intéressent à l’esthétique comparée des mouvements artistiques européens et à leur transposition littéraire durant la deuxième moitié du xixe siècle, plus particulièrement dans l’œuvre d’Octave Mirbeau. Elle a publié plusieurs contributions dans des ouvrages collectifs (E. Kociubińska, dir., Romanciers fin-de-siècle, Brill, 2021) et a codirigé Les Paradoxes d’Octave Mirbeau (avec P. Glaudes et E. Sermadiras, Garnier, 2018).


    Emmanuel Boldrini

    Doctorant en Littérature française/ Histoire de l’art à l’Université Lumière Lyon 2, au sein du laboratoire IHRIM et enseignant ATER de littérature et arts visuels – Emmanuel Boldrini prépare une thèse sur les représentations de la préhistoire dans l’imaginaire fin-de-siècle, sous la direction de Delphine Gleizes.


    Edouard Bourdelle

    Edouard Bourdelle est normalien et agrégé de lettres modernes. Professeur dans le secondaire (Dieppe), il est doctorant à l’Université de Strasbourg. La thèse qu’il prépare sous la direction de M. Bertrand Marquer (EA 1337 « Configurations Littéraires ») s’intitule « Chercher son rythme : les Promeneurs littéraires, du Second Empire à la Belle Époque (1855-1891) ».


    Aimée Boutin

    Aimée Boutin est professeure d’études françaises à Florida State University à Tallahassee, aux États-Unis. Elle est l’auteure d’un premier livre sur la poésie et la voix maternelle (Maternal Echoes : The Poetry of Marceline Desbordes-Valmore and Alphonse de Lamartine, 2001). Son livre City of Noise : Sound and Nineteenth-Century Paris et le numéro de Dix-Neuf qu’elle a dirigé sur le flâneur et les sens font partie de ses recherches sur les « sound studies » et les études urbaines. Elle travaille actuellement sur la mobilité ferroviaire dans les écrits de femmes au XIXe siècle. Au printemps 2021, elle est accueillie au Collégium de Lyon. 


    Ivan Burel

    Ivan Burel est professeur agrégé d’histoire et doctorant contractuel au laboratoire IRHiS, Université de Lille, depuis septembre 2018. Dans le cadre d’une thèse sous la direction de Philippe Darriulat, ses travaux portent sur la contre-insurrection au XIXe siècle dans ses dimensions militaires, politiques et culturelles et sur les circulations des théories et pratiques de la guerre irrégulière aux échelles européennes et impériales. 


    Nicolas Cambon

    Nicolas Cambon est agrégé en histoire et réalise une thèse, sous la direction de Sophie Dulucq, portant sur les connaissances franco-britanniques sur l’anthropophagie aux XVIIIe et XIXe siècles. Il s’intéresse aussi bien aux modalités de perceptions et collectes d’informations dans le Pacifique et en Afrique subsaharienne, qu’aux hypothèses et théories formulées puis discutées en Angleterre et en France. Ses réflexions se concentrent sur le rôle des affects dans la construction d’un savoir portant sur des objets jugés difficiles, tels que le cannibalisme.


    Anne Carol

    Anne Carol est professeur d’histoire contemporaine à Aix-Marseille Université, membre de l’IUF. Ses travaux portent sur la France au XIXe siècle, notamment sur l’histoire pratiques médicales (Les médecins et la mort, 2004), l’histoire de la mort (L’embaumement, une passion romantique, 2015 ; avec R. Bertrand, Aux origines des cimetières contemporains, 2016), l’histoire de l’exécution capitale (Physiologie de la Veuve, 2012 ; Au pied de l’échafaud, 2017). 


    Yoann Chaumeil

    Yoann Chaumeil, agrégé de lettres modernes et diplômé de l’ENS ULM, est en thèse à l’université Toulouse-Jean Jaurès sous la codirection de Fabienne Bercegol et de Pierre Glaudes. Sa thèse porte sur la crise de la communauté chez Léon Bloy et sur la dialectique entre la communauté et l’individu qui en découle. Ses articles et communications touchent plus largement à la littérature fin-de-siècle, à l’intrication du politique, du spirituel et du littéraire, ainsi qu’aux questions d’images auctoriales.


    Stanislas de Courville

    Stanislas de Courville est docteur en philosophie auprès de l’Université Jean Moulin Lyon 3. En partant des œuvres de Walter Benjamin et Gilles Deleuze, il travaille sur l’influence de la Seconde Guerre mondiale sur l’histoire et la théorie du cinéma. Ses recherches portent également sur le symbolisme russe, le cinéma soviétique, la représentation des crimes de masse et, enfin, la médialité contemporaine. Il est également traducteur de théoriciens des médias contemporains (Richard Grusin, Giovanna Borradori, Erkki Huhtamo, etc.).


    Béatrice Didier

    Béatrice Didier, professeur émérite à l’ENS (Ulm) où elle a créé et anime un séminaire « Littérature /musique ». Auteur de plusieurs ouvrages sur la littérature française du XVIIIe et du XIXe siècle (Ecritures du moi. Ecrits de femmes). Pour ce qui concerne la musique : La musique des Lumières (PUF), et plus récemment : Enserrer la musique dans le filet des mots, (Hermann, 2018). Elle dirige chez Champion l’édition des Œuvres complètes de Chateaubriand et de celles de G.Sand et la collection « Dialogue des arts ».


    Virginie A. Duzer

    Virginie A. Duzer dirige le Département de Romance Languages and Literatures de Pomona College, California (USA), où elle est Associate Professor of French. Son premier livre, L’Impressionnisme littéraire, est paru aux PUV en 2013. S’intéressant particulièrement aux relations entre images et textes dans les avant-gardes, ainsi qu’à la question de la jeune fille et de ses savoirs, elle travaille en ce moment à un nouvel ouvrage chromatisant intitulé Le Mobilier de la couleur.


    Tim Farrant

    Tim Farrant est Chargé de cours en Littérature française du dix-neuvième siècle à l’Université d’Oxford et Fellow à Pembroke College. Il a publié notamment Balzac’s Shorter Fictions: Genesis and GIenre (Oxford: OUPress, 2002), An Introduction to Nineteenth-Century French Literature (Londres : Duckworth, 2007), et Jules Verne : Three Novels (Londres, Everyman, 2013), ainsi que de nombreux articles sur la littérature, la culture et les arts visuels en France.


    Pierre Fleury

    Ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure, agrégé de lettres modernes et pianiste, Pierre Fleury enseigne actuellement la grammaire et la stylistique à Paris-Sorbonne. Il y effectue une thèse sur Flaubert, sous la direction de Jacques Dürrenmatt. Outre divers articles, il a publié en 2017, aux Presses Universitaires de Vincennes, un ouvrage qui compare au plus près les textes et la musique : Nerval et Schumann, La folie en partage.


    Jennifer Forrest

    Jennifer Forrest est professeure de français à la Texas State University. Elle est l’auteure d’études sur la littérature française fin-de-siècle avec un intérêt particulier pour l’influence de l’acrobate sur l’imaginaire artistique (Decadent Aesthetics and the Acrobat in Fin-de-Siècle France, Routledge 2019). Elle travaille également sur le cinéma (sérials, séries, remakes, suites, reboots). Dans son prochain livre, elle examinera le rôle de l’acrobate dans le film muet.


    Marie-Ange Fougère

    Marie-Ange Fougère est maître de conférences HDR à l’université de Bourgogne. Elle travaille à la fois sur le rire au XIXe siècle (Rire à l’Exposition universelle de 1900 : la fin d’un mythe, Presses de l’université de Nanterre, 2021) et sur les romans réalistes et naturalistes (édition du Ventre de Paris d’Émile Zola, GF, 2020).


    Rae Beth Gordon

    Rae Beth Gordon, Professeur émerite de Littérature et de Cultural Studies du XIXe siècle en France à l’Université du Connecticut, a écrit notamment: Ornament, Fantasy and Desire in 19th-century French Literature, Princeton Univ. Press, 1992, Princeton Legacy Library, 2013 ; Dances with Darwin, 1875-1910, Ashgate Press, 2009 /Routledge 2016 ; Why the French love Jerry Lewis: From Cabaret to Early Cinema, Stanford Univ. Press, 2001; De Charcot à Charlot: Mises en scène du corps pathologique, Presses Univ. de Rennes, 2013. En plus de nombreux essais, son travail a fait partie d’expositions à Lille, Genève et New York.


    Axel Hohnsbein

    Axel Hohnsbein est maître de conférences à l’université de Bordeaux. Il travaille principalement sur la presse de vulgarisation scientifique et photographique. 

    Projets en cours : ouvrage issu de sa thèse à paraître sur le site Epistémocritique (La Science en mouvement. La presse de vulgarisation au prisme des dispositifs optiques) ; numéro d’Arts et savoirs codirigé avec Bénédicte Jarrasse (à paraître), intitulé Des corps dans la ville ; publication d’un ouvrage codirigé avec Delphine Gleizes, portant sur Les Visages de l’objet imprimés, issu de la JE de février 2021 portant sur les frontispices.


    Etienne Klein

    Etienne Klein, né en 1958, est physicien et philosophe des sciences. Il est directeur de recherches au CEA où il dirige depuis 2007 le Laboratoire de Recherche sur les Sciences de la Matière. Il est membre de l’Académie des Technologies et anime tous les samedis sur France culture l’émission « Science en questions ». 

    Etienne Klein s’intéresse à la question du temps et à d’autres sujets qui sont à la croisée de la physique et de la philosophie, telles l’interprétation de la physique quantique, la question de l’origine de l’univers ou encore celle du statut du vide dans la physique contemporaine. Soucieux de la diffusion des connaissances scientifiques, il est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages.


    Brigitte Krulic

    Brigitte Krulic, ancienne élève de l’ENS, professeure des Universités (Paris Nanterre), est spécialiste de l’histoire des idées politiques (XIXe et XXe siècles). Elle travaille en particulier sur la formation des Etats-nations, la notion de modernité démocratique et les relations entre la fiction romanesque et l’histoire. Parmi ses publications : Nietzsche penseur de la hiérarchie. Pour une lecture tocquevillienne de Nietzsche, L’Harmattan, 2002 ; Tocqueville, Gallimard, 2016 ; A paraître : Flora Tristan, Essai biographique, Gallimard, NRF Biographies, fin 2020.


    Hervé Lacombe

    Hervé Lacombe est professeur de musicologie à l’université Rennes 2, spécialiste de la musique aux XIXe et XXe siècles, particulièrement de l’opéra. Il a dirigé ou codirigé 11 ouvrages collectifs et publié 6 monographies, récompensées par divers prix. Il prépare actuellement pour les Éditions Fayard une Histoire de l’opéra français en trois volumes, pluridisciplinaire et collective (avec une équipe internationale de 180 chercheurs).


    Sébastien Lepetit

    Enseignant dans le secondaire et en CPGE, Sébastien Lepetit prépare une thèse sous la direction de M.Éric Bordas (Vibration, du concept à la métaphore, du XVIIIe au XIXe siècle). Il est rattaché à l’école doctorale 3LA ainsi qu’au laboratoire de recherche, IHRIM. Il a rédigé quelques notices dans le Dictionnaire Balzac, « Adaptations chorégraphiques », « Adaptations lyriques », « Adaptations musicales », « Beethoven », « Musique », « Opéra » (en cours de publication).


    Camille Napolitano

    Camille Napolitano est doctorante en histoire de l’art à l’École pratique des hautes études (ED 472/Histara-EA 7347). Sa thèse porte sur l’étalagisme et l’art de la devanture de magasin pendant la première moitié du XXe siècle en France, et en particulier pendant l’entre-deux-guerres. Elle est chercheuse associée à la Bibliothèque nationale de France où elle travaille sur le fonds de presse professionnelle commerciale, et est également secrétaire de publication de la revue Profils de l’Association d’histoire de l’architecture (AHA). En parallèle de son doctorat, elle enseigne l’histoire et la théorie des arts à l’université Paris, Sciences et Lettres, et l’histoire de l’architecture contemporaine à l’université de Lille.


    Jacques Neefs

    Jacques Neefs, professeur émérite, Johns Hopkins University et Université Paris 8, membre de l’American Academy of Arts and Sciences. Il a publié de nombreuses études sur Stendhal, Balzac, Hugo, Flaubert, Queneau, Perec, Simon, et sur la critique génétique. Il publie, avec Anne Herschberg Pierrot, La Tentation de saint Antoine et Bouvard et Pécuchet dans le tome V des Œuvres complètes de Flaubert, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 2021.


    Bruno Phalip

    Bruno PHALIP est professeur d’histoire de l’architecture et d’archéologie du Moyen Âge à l’Université Clermont Auvergne, membre du CHEC EA 1001 USR 3550. Ses recherches, comme ses publications, sont liées à l’analyse des chantiers de construction et de restauration des monuments du Moyen Âge. La part technologique, mais aussi les parts des hommes et des communautés, y sont prépondérantes dans leurs liens avec les sociétés considérées.


    Valentina Ponzetto

    Valentina Ponzetto est Professeure Boursière du Fonds National de la Recherche Suisse et enseigne à l’Université de Lausanne, où elle dirige le projet de recherche Théâtres de société. Entre Lumières et Second Empire. Ses recherches portent actuellement sur la littérature dramatique, la dramaturgie et la vie théâtrale des XVIIIe et XIXe siècles, sur l’esthétique des genres dramatiques, sur les théâtres de société et sur la place des femmes dans le monde théâtral.


    Emmanuel Reibel

    Emmanuel Reibel est professeur de musicologie à l’Université Lumière Lyon 2, membre de l’IHRIM – UMR 5317. Spécialiste de l’esthétique romantique et de l’histoire des discours sur la musique, lauréat de l’Académie française, il est l’auteur de plusieurs essais et de nombreux articles. Il dirige le programme Dictéco, consacré aux écrits de compositeurs (dicteco.huma-num.fr) et prépare actuellement un ouvrage consacré à l’industrialisation de la musique au XIXe siècle.


    Georges Ribeill

    Chercheur historien et sociologue, spécialiste des chemins de fer, fondateur de Rails et histoire, conseiller éditorial de la revue Historail, j’ai consacré des centaines d’articles et quelques livres à une histoire « humanisée » des chemins de fer en France, dont le dernier, Les trains de nuit(La Vie du Rail, 2021), relatent deux siècles d’histoire d’un mode de voyage « lent », bien révolu. 


    Sébastien Richez

    Docteur en histoire contemporaine (université de Caen-Normandie), historien au comité pour l’histoire de La Poste (CHP). A récemment publié avec Léonard Laborie, Attention, fragile ! Economie et politique de la messagerie postale en France, XIXe-XXe siècle, Bruxelles, PIE Peter Lang, 2020, 316 p.


    Gaultier Roux

    Gaultier Roux, Maître de conférences, Université Fudan (Shanghai). Docteur ès Lettres (Sorbonne Université), Gaultier Roux est spécialiste de l’œuvre de Pierre Loti au sujet de laquelle il prépare actuellement une monographie, et plus largement de littératures de voyage (1850-1945). Il dirige également un projet de recherche sur les écrivains francophones en Chine du traité de Shimonoseki (1895) à la proclamation de la République populaire (1949). 


    Julien Schuh

    Julien Schuh est Maître de Conférence à l’Université Paris Nanterre (CSLF). Il est spécialiste de la littérature du XIXe siècle, des relations entre littérature et médias et des humanités numériques. Dernier livre paru, en collaboration avec Marie-Eve Thérenty et Pierre-Carl Langlais: Fake news et viralité avant internet (CNRS, 2020).


    Côme Souchier

    Doctorant en science politique au laboratoire PACTE à Grenoble, Côme Souchier mène un projet de thèse sur la gouvernementalité temporelle de la société française, de la naissance de l’horlogerie au XIIIe siècle à nos jours, sous la direction de Martine Kaluszynski et Jérôme Lamy. Il est l’auteur de Maîtriser le temps. Du projet scientifique au gouvernement des temporalités, aux Éditions du Croquant, paru en 2018.


    Hélène Thil

    Hélène Thil est agrégée de Lettres modernes et doctorante contractuelle à la Faculté des Lettres de Sorbonne Université. Sa thèse, qu’elle prépare sous la direction de Florence Naugrette, porte sur « L’aventure collective : la troupe théâtrale comme utopie sociale dans la fiction française, du Capitaine Fracasse de Gautier au Molière de Mnouchkine ».


    François Vanoosthuyse

    François Vanoosthuyse, professeur de littérature française à l’Université de Rouen, enseigne la littérature, l’histoire de l’art et le cinéma. Il a publié sur Stendhal deux collectifs en codirection, des articles et un ouvrage ; il a également publié une étude de L’Éducation sentimentale. Il dirige la Revue Stendhal (PSN) et le Centre Flaubert du CEREdI EA 3229. Il participe à la rénovation du site Flaubert et à l’organisation des manifestations scientifiques et culturelles du bicentenaire Flaubert en Normandie. Il prépare la publication de trois collectifs : Théâtre, histoire, actualité. Paris, 1789-1830 (Presses Universitaires de Dijon, 2022) ; Formations d’écrivains au XIXe siècle. Ecoles, sociabilités, autodidaxies (RHLF, 2021, avec Jérémy Naïm) ; Le négatif de l’écriture. Enquêtes sur le pouvoir de décréer (Fabula.org, 2021, avec Jean-Louis Jeannelle).


    Résumés de communication

    Le temps a-t-il une vitesse ? par Etienne Klein

    L’urgence semble s’être liquéfiée : elle s’infiltre partout. Alors, déplorant que nos agendas soient sursaturés, constatant que tout « fonce », à commencer par nous-mêmes, nous nous exclamons : « Le temps s’accélère ! » Comme si la dynamique du temps épousait celle de nos trépidations. Comme si le temps suivait le rythme de notre emploi du temps, nous courrait après, armé d’une fourche ou d’une pique. Comme si, surtout, le temps pouvait se voir doter d’une accélération, donc d’une vitesse. Mais comment définir la vitesse du temps, dès lors que toute vitesse est une dérivée par rapport… au temps ? N’y aurait-il donc pas là quelque abus de langage ?
    En marge de cette question, nous reviendrons sur l’une des plus grandes controverses scientifiques de la seconde moitié du XIX e siècle : le paradoxe dit « de la réversibilité des équations de la mécanique » a vu s’affronter les plus grands savants de l’époque, d’Henri Poincaré à Pierre Duhem en passant par Wilhelm Ostwald, Ernst Mach, Max Planck ou Ludwig Boltzmann. Il s’agissait d’expliquer le fait que la plupart des phénomènes physiques sont irréversibles, alors même que les équations qui les régissent impliquent qu’ils devraient être réversibles…


    Écrire à la vapeur : conditions techniques de l’accélération du rythme culturel par Julien Schuh

    L’imaginaire de la vitesse qui se développe au XIXe siècle, et l’accélération constante des rythmes sociaux, dépendent de conditions techniques et de ressources énergétiques et matérielles qu’on a tendance à oublier. Nous nous intéresserons à l’émergence de ce système articulant des conditions matérielles (énergies fossiles, rotatives comme la presse Marinoni, papier continu), économiques (circulation des capitaux, levée des contraintes pesant sur l’emprunt et la création d’entreprises) et culturelles (nouvelles pratiques de production et de consommation, périodicité et modes) dans le cas de la culture de l’imprimé. Il s’agira d’analyser une forme d’industrialisation des processus communicationnels qui se traduit par des injonctions à fluidifier les échanges textuels et graphiques, et un déplacement de la focale de la qualité du message à sa circulation et sa reprise, selon une logique comptable. Ces logiques de consommation culturelle, qui entraînent l’augmentation de la production d’objets dans des circuits menant à leur transformation en déchets, entrent en tension dans le siècle avec les pratiques de la collection, du recyclage, de la transmission patrimoniale.


    Comment accélérer davantage ? Gestion de la rapidité de l’événement politique dans la presse quotidienne de la Restauration (1815-1830) par Morgane Avellaneda

    Une accélération des publications a lieu dans la presse de la Restauration. Les grands titres politiques de l’époque, entre autres le Journal des débats, la Quotidienne et le Constitutionnel, permettent au lecteur de suivre les nouvelles et les débats parlementaires au jour le jour, créant une nouvelle immédiateté de l’accès à l’information. Nous observerons la manière dont les quotidiens rendent compte de l’accélération du temps qui a lieu lors des événements à caractère exceptionnel, et la manière dont ces titres cherchent à rendre compte de l’importance d’un événement qui demande à être traitée de façon plus immédiate encore. Les journaux sont-ils, sous la Restauration, les vecteurs d’une rapidité politique en partie illusoire à laquelle ils participent ; ou courent-ils après une réalité toujours trop rapide, mettant ainsi au jour l’impossibilité d’un vrai suivi de l’actualité ? 


    Les damnés du feuilleton dramatique : critiquer vite, vite ! à l’ère de l’industrialisation des spectacles par Julie Anselmini

    À l’ère du périodique et de l’industrialisation des spectacles, le critique dramatique est confronté, surtout dans la seconde moitié du XIXe siècle, à une double injonction : écrire, à un rythme soutenu, le feuilleton du journal auquel il collabore ; rendre compte d’une actualité souvent décevante et de spectacles trop souvent montés « à la va vite ». Comment l’accélération du temps médiatique et économique, et son impact sur le monde du spectacle comme sur leur propre activité, sont-ils appréhendés, thématisés mais aussi contournés par les critiques dramatiques ? Quelles scénographies, quelles stratégies déploient-ils pour s’en accommoder ou les dénoncer ? Quelles formes d’écriture sont-ils amenés à inventer ? C’est ce qui sera examiné à travers les cas de trois écrivains-critiques qui ont chacun adopté un positionnement et des choix différents pour remplir le « tonneau des Danaïdes » du feuilleton dramatique : Alexandre Dumas père, Théophile Gautier et Jules Barbey d’Aurevilly. 


    Standardisation horaire et ponctualité : la peur du retard par Côme Souchier

    À l’occasion de la suppression des heures locales au profit de l’heure de Paris en 1891, opposants et partisans de la réforme interrogent leur rapport au temps. Les débats révèlent notamment une hantise du retard, compris à la fois comme manquement à la norme de ponctualité et moindre avancement dans le progrès civilisationnel. Nous proposons d’interroger, à partir des réactions aux réformes liées à la standardisation horaire, les intrications entre expressions et représentations du temps historique et du temps horaire.


    De la lettre un jour sur deux au message dans l’heure : la distribution du courrier comme valeur-étalon par Sébastien Richez

    Le XIXe siècle voit un objet jusque-là peu usité, et tout son décorum, se révéler partout aux yeux des Français : la correspondance se répand, et la prise en charge est assurée par les agents du service postal. Dans un contexte de progrès de l’alphabétisation, d’essor économique et d’ouverture des terroirs, l’Etat met en place les conditions de circulation d’un courrier toujours plus rapide, qui concourt à la reconfiguration de l’espace-temps national, cependant pas totalement uniforme. Cette révolution vécue dans le rythme des échanges, par la voie postale, est alors considérée comme constitutive de la grandeur de la France. 


    Accélérer le temps et l’espace : la temporalité expositionnaire ou le reflet d’un système par Camille Napolitano

    Microcosmes « caché[s] à l’intérieur » de Paris, les expositions universelles présentent, entre 1855 et 1900, les avancées industrielles, artistiques, scientifiques et techniques de la France au reste du monde, tout en créant, au cœur de sa capitale, un espace utopique de divertissement. Pourtant, éphémères, ces villes dans la ville sont destinées à disparaître au bout de six mois, instituant dès lors leur propre temporalité, caractérisée par la vitesse et l’accélération, dont cette communication analysera d’abord les enjeux organisationnels et constructifs. Elle interrogera ensuite ce phénomène, dont l’éphémérité traduit les enjeux temporels systémiques du xixe siècle, en tant que modélisation et laboratoire des accélérations industrielle, spatiale et économique que connaît alors l’Europe, l’inscrivant ainsi dans la recherche d’une modernité baudelairienne fugitive, transitoire et contingente.


    Comment ralentir la fébrilité des passions démocratiques : Tocqueville et l’« américanisation » de la société par Brigitte Krulic

    Dans la Démocratie en Amérique, Tocqueville a dressé le tableau de l’ « américanisation » du monde induite par la modernité démocratique. Mû par la « crainte de n’avoir pas choisi la route la plus courte » pour atteindre la satisfaction immédiate de ses désirs, l’individu de l’âge démocratique « est toujours pressé ». Tocqueville ne croit pas qu’un retour au temps immobile de l’Ancien Régime soit possible ni souhaitable : il faut donc tempérer les passions démocratiques qui évolueront fatalement vers un pouvoir despotique si un ensemble de garde-fous et d’instances normatives ne vient pas les « ralentir ». Parmi ces indispensables « points fixes » figurent les formes de l’ordre juridique. La lenteur des procédures corrige la rapidité des passions dont elle « retarde » ou « arrête » l’assouvissement, elle impose des délais et instaure un système de médiations qui servent de barrière entre forts et faibles, gouvernants et gouvernés, retardant les uns et donnant aux autres « le temps de se reconnaître ». 


    Prendre de vitesse l’insurrection en France, 1831 – 1852 par Ivan Burel

    Cette communication s’intéresse à la course de vitesse entre autorités françaises et groupes révolutionnaires au premier XIXe siècle, au lendemain des guerres napoléoniennes. Face une insurrection qui apparaît, pour une importante part du personnel politique et militaire, comme un danger réel et dont les convulsions ne cesseraient de se rapprocher, il s’agit d’étudier comment les autorités envisagent de répondre à cette menace imminente. D’une part en tentant de prévenir l’insurrection dans ses premiers moments, par l’infiltration des sociétés secrètes, la surveillance des potentiels insurgés et le déploiement de troupes destinées à écraser l’insurrection dès ses premiers balbutiements. D’autre part, en développant des discours politiques accompagnant ces mesures répressives, justifiées au nom de la « société en état de légitime défense » ne faisant que prendre de court la violence du « volcan » de l’émeute. 


    Entre permanence et souhait d’immuabilité, la restauration du monument médiéval au XIXe siècle par Bruno Phalip

    Entre volonté de permanence et souhait d’immuabilité, les tenants de la restauration du monument au XIXe siècle tentent de freiner leur temps neuf en captant l’immobilité du temps long de l’éternité, de l’histoire en arrêt. Théoriser la restauration en France, comme en Europe, c’est admettre l’existence d’un temps destructeur qui rompt le pacte ancien du temps long des communautés avec leur environnement transmis. Rétablir, c’est également corriger et rendre le passé présentable un édifice restauré, miroir d’un temps accéléré. Le restaurateur prend alors le parti du temps présent, interventionniste, en utilisant des techniques et des organisations industrielles répondant aux normes contemporaines et non à celles du passé : mécanisation des chantiers et des ateliers, l’artisan/ouvrier, le chantier/usine, l’industrie au service de la restauration pansement d’un temps présent, brutal et heurté.


    Engager le corps dans les « blancs de la carte » ou fuir l’accélération du temps : expériences de temporalités « ancestrales » chez les voyageurs-naturalistes de la deuxième moitié du XIXe siècle par Nicolas Cambon

    Dans la seconde moitié du XIXe siècle, les derniers « blancs » sur les cartes européennes – ces « pays cannibales » qui hantent aux yeux des Européens l’intérieur de l’Afrique équatoriale, de l’Australie ou de Bornéo – sont visités par des voyageurs occidentaux. Dans un contexte d’expansion des empires coloniaux, notamment dans le Pacifique et en Afrique subsaharienne, ces explorateurs désirent y vivre des aventures[1] ; c’est-à-dire ressentir une temporalité moins cadencée qu’en métropole et, paradoxalement, plus forte, au diapason de leur corps et des affects vécus.
    La chasse, l’ethnographie, la marche, ou encore la confrontation à l’univers végétal et minéral sont autant de pratiques permettant d’éprouver, en ces lieux, la décélération du temps. Ces voyageurs ont des identités différentes – naturalistes, aventuriers, journalistes – mais le désir, identifié par Georges Vigarello, de « rechercher de l’inattendu, s’enrichir par la surprise, se mesurer par l’intensité[2] » leur est commun. Cet état d’esprit contribue, lors de la rédaction du récit de voyage, à enfermer les natifs dans cette temporalité jugée plus lente et ancestrale ; les renvoyant à une époque préhistorique[3].

    Cette communication propose de revenir sur cette temporalité vécue, propre aux séjours dans les terrae incognitae et décrite par les voyageurs dans leurs récits de voyage. Il s’agit de montrer que leurs discours s’arriment à des appréciations sensorielles et émotionnelles de ces espaces et leurs populations.

    • [1] Sylvain Venayre, La gloire de l’aventure. Genèse d’une mystique moderne (1850-1940), Paris, Aubier, 2002.
    • [2] Georges Vigarello, Le sentiment de soi : histoire de la perception du corps. XVIe-XXe siècle, Paris, Éditions du Seuil, 2014, p. 132.
    • [3] Johannes Fabian, Le temps et les autres : Comment l’anthropologie construit son objet, Toulouse, Anacharsis, 2006 (1ère éd. 1983).

    La virtuosité est-elle divine ou démoniaque ? par Béatrice Didier

    L’accélération des mouvements, les progrès de la facture des instruments, le vedettariat et le rôle de la presse avec l’extension du public, peuvent expliquer la place croissante donnée à la virtuosité dans les concerts, dans la pédagogie. Mais que signifie la virtuosité ? Est-elle une forme de bravoure, un bel exemple d’ascétisme héroïque ? Répond-elle à une volonté dictatoriale de prise de possession magique ou diabolique de l’auditoire ? Les métaphores et les caricatures révèlent bien l’ambiguïté de la virtuosité . Si, selon Stendhal, « le mouvement fait tout pour l’expression », et donc la signification de la musique, l’interrogation sur la virtuosité amène une réflexion sur la lenteur. A la musique de Rossini, si brillante dans sa rapidité, Stendhal préfère en définitive, « les émotions sombres si puissamment évoquées par les notes lentes de Mozart ».


    « Jouer vite » : la vapeur et le métronome par Emmanuel Reibel

    Tandis que le XIXe siècle rêve d’une « musique à vapeur », hybridant l’instrument de musique et la locomotive, le métronome, inventé par Maelzel en 1815, se pose rapidement en outil de contrôle du tempo. Faut-il alors opposer la vapeur, métaphore de la vitesse effrénée, et le métronome, souvent utilisé par les interprètes pour garder la mesure, et éviter d’accélérer ? L’examen d’une série de textes consacrés au métronome permettra de montrer que cette machine constitue le symbole et le vecteur d’une nouvelle relation, d’ordre industriel, au temps : celle-ci joue un rôle paradoxal dans l’accélération du temps musical, et incarne l’ambivalence d’une époque qui, pour des raisons tout à la fois économiques et philosophiques, cherche tout à la fois à accélérer le temps et à contrôler les cadences.


    De « La Dame blanche » (1825) à « Carmen » (1875) : temps et histoire dans l’opéra-comique par Hervé Lacombe

    Créé en 1825, La Dame blanche de Boieldieu propose une sorte de contre-accélération du temps, de ré-enracinement de l’Histoire dans le passé (notamment par la célébration des traditions) et de ré-encrage de la société dans des valeurs perdues. Cinquante ans plus tard, Bizet lance un mot d’ordre esthétique : « Mort à La Dame blanche ». Il s’agit pour lui de réinventer l’opéra-comique. Ce faisant, il exprime un autre rapport au temps. Carmen semble indiquer en effet un refus de l’histoire présente comme passé perpétué. L’œuvre célèbre tout autant une accélération du temps qu’un rejet des conventions.


    Stylistique de l’accélération en musique et en littérature (Schumann, Poe, Flaubert) par Pierre Fleury

    Certaines indications de tempo dans l’œuvre de Schumann impliquent une conception et une pratique éminemment problématisées de l’accélération à l’époque romantique. Partant de ces remarques musicologiques, nous explorerons les lieux de l’accélération dans quelques textes littéraires. Qu’est-ce qu’un texte qui va vite ? qu’est-ce qu’un texte qui va de plus en plus vite ? L’accélération d’un texte n’est pas l’accélération de ses événements (il ne suffit pas d’écrire « elle se mit à courir » pour augmenter la vitesse d’un texte) mais celle du flux textuel lui-même ; alors, nous mettrons en évidence les procédures furtives des écrivains, qui, tels des compositeurs, disséminent à fleur de texte de secrètes indications de tempo…


    « Vivre ou survivre » : l’escrime au XIXème siècle, entre vitesse et précipitation par Pierre-Henry Bas

    L’escrime, qu’elle soit ludique, de duel ou de guerre, est une activité physique où la vitesse serait l’élément capital : en théorie, il faut atteindre l’autre le premier du tranchant ou de la pointe, et ce le plus rapidement possible. Ce principe serait universel et commun aux différentes armes les plus utilisées au XIXe siècle, en particulier le sabre, la baïonnette, l’épée ou encore le fleuret. Toutefois, dès la fin du XIXe siècle, cette importance de la vitesse est parfois remise en cause chez certains escrimeurs, militaires et maîtres d’armes. Elle ne serait que le reflet d’une grande méconnaissance de l’art de combattre et le fruit de la brutalisation, de la vulgarisation et de l’amoralité de la société. Ainsi, l’objet de cette communication sera de comparer les approches théoriques et pratiques de différents publics sur le rapport vitesse/efficacité à la lecture des sources techniques (traités d’escrime, de cavalerie ou d’équitation), littéraires (mémoires) et normatives (réglementions des salles d’armes et des duels).


    Le bal de l’Opéra (1830-1848) ou la « chimère du mouvement perpétuel » (Le Ménestrel, 15 février 1835) par Sébastien Lepetit

    Le bal public et plus particulièrement le bal de l’Opéra, est un phénomène nouveau qui attire sous la monarchie de juillet, journalistes, caricaturistes, musiciens et écrivains. Comment, à travers la musique, la danse et le délire social, l’imagination créatrice du spectateur a pu se projeter dans une vision fantasmatique d’une société prise dans un mouvement perpétuel ? Lieu de projection des fantasmes, lieu de tous les possibles, le bal est à la fois l’expression d’une plus grande liberté, mais aussi, l’expression morbide, d’une vie que l’on brûle à toute vitesse. Entre fascination et vision critique, le spectateur lui-même perçoit dans cet emportement un vertige, une dépossession de son corps. Mais tout ce discours du spectateur ne relève-t-il pas du cliché ? Est-ce bien les effets d’une décadence de la société ou un mouvement d’une grande vivacité créatrice ?


    Les Hanlon-Lees et le film de poursuite muet : acrobates, appareil et élan au service du réel par Jennifer Forrest

    La rencontre entre technologie et acrobatie s’est fait lors de l’exposition universelle de 1878 dans les pantomimes sautantes des Hanlon-Lees. Depuis, le corps acrobatique a disparu pour ne plus être qu’élan, non plus moteur mais objet propulsé par des dispositifs techniques et scénographiques qui le transformaient en machine en perpétuel mouvement. Cet acrobate s’est prêté aux premiers films de poursuite en offrant aux spectateurs un corps-machine constamment en mouvement et une énergie vous-êtes-là.


    La durée de l’instant par Jacques Neefs

    Dans L’Éducation sentimentale (1869) cette phrase : « une heure sonna, lentement, pareille à une voix qui l’eût appelé. », que Du Camp reprocha à Flaubert : « ça c’est farce ». Flaubert ne la modifia pas. Je propose, en écho à la question de la vitesse et de l’accélération des temps, une réflexion sur le traitement de la durée de l’instant dans la « modernité esthétique », en commentant quelques-uns de ces « instants » transformés en résonnances d’impressions, en fulgurations durables, chez Flaubert et Baudelaire. J’envisagerai les formules ainsi inventées, par comparaison avec des formules aussi différentes que « l’accident » ou « la chute ». Mais aussi par rapport à ce qui se joue en peinture, en particulier avec Manet et Cézanne. Comment se forment une durée et une pensée esthétique modernes pour la capture de l’instant.


    Le temps long de l’évolution dans le récit préhistorique : quelles stratégies narratives pour le dire vite ? par Emmanuel Boldrini

    L’avènement quasi-simultané du darwinisme et de l’archéologie préhistorique marque l’ouverture progressive d’une nouvelle épistémè biologique qui a œuvré à la perturbation du régime d’historicité. Aux côtés des révolutions politiques et industrielles, l’évolution humaine semble déstabiliser notre perception du temps, mais, contrairement à elles, en l’installant dans la lenteur. Très tôt, la littérature s’est saisi du thème préhistorique, mais un tel défi pose d’emblée un problème d’échelle : comment, en effet, faire entrer dans l’histoire brève du roman l’Histoire plurimillénaire de l’espèce ? Comment faire coïncider le récit de l’humanité et celui du personnage ? Je propose de faire l’examen de la mise en place de stratégies narratives qui ont permis d’accélérer l’insaisissable temps long de l’évolution humaine afin de le faire entrer dans le temps relativement bref du roman ou du conte.


    L’urgence apocalyptique dans la littérature fin-de-siècle par Yoann Chaumeil

    À la fin du xixe siècle, un même spectre apocalyptique plane sur des familles de pensée très différentes. Sous des formes aussi bien religieuses que sécularisées, les pensées de l’apocalypse dans la littérature fin-de-siècle sont particulièrement présentes : contestation de l’idéologie du progrès et du rapport au temps que celui-ci implique, elles offrent autant d’échappées hors d’une modernité en crise, éprise de rationalisme et de scientisme. En étudiant différentes pensées et fictions apocalyptiques, cette communication interroge la nature du temps qui est en jeu : si ce temps de la hâte et de l’urgence est sans nul doute l’une des modalités possibles de la vitesse, il faut nettement le distinguer du type de vitesse induite par le temps du progrès.


    La notion de vitesse dans la représentation du chemin de fer dans la peinture impressionniste par Cyrielle Mary

    N.C


    Imprégnation ou mitraillage ? La vitesse photographique au XIXe siècle par Axel Hohnsbein

    Nous nous proposons de traiter de la question de la vitesse dans les pratiques photographiques du second XIXe siècle, en nous appuyant principalement sur un corpus d’ouvrages et de périodiques spécialisés. La « rapidité » – selon le terme technique employé par les praticiens – des émulsions, des révélateurs, des objectifs, du déploiement du matériel, augmente régulièrement au cours du siècle, ce qui bouleverse les pratiques photographiques et les représentations qui l’accompagnent. Au-delà d’un panorama des pratiques photographiques de « l’instantané », nous souhaitons étudier l’évolution des mots de la photographie, porteuse selon nous d’une poétique que les périodiques spécialisés ne manquent pas d’exploiter.


    Le Cinématographe : vitesse et sidération perceptuelle par Rae Beth Gordon

    À la rapidité des corps se déplaçant dans l’espace dans les premiers films des Frères Lumière en décembre 1896, s’ajoutèrent les étonnants trucages de Georges Méliès quelques mois plus tard. Cette communication examine les effets de ces deux formes de vitesse sur la perception et sur le corps des spectateurs. Je me pencherai d’abord sur le trucage du fondu-enchaîné où une image se superpose à une autre en même temps que la première se met à disparaître. Au moment où l’image devient indéchiffrable avant de se transformer en autre chose, l’expérience optique est sidérante. Cette expérience sera ensuite comparée à celle des chocs ressentis dans le corps des spectateurs, chocs produits par l’extrème vitesse des mouvements frénétiques et saccadés des comiques burlesques. Je montrerai enfin pourquoi l’engouement pour la vitesse est devenu un véritable besoin corporel à partir du dernier quart du XIXe siècle avec son apogée dans les films du premier cinéma. 


    Sous toutes voiles ou à toute vapeur : le devenir du récit maritime dans la seconde moitié du XIXe siècle par Gaultier Roux

    Avec l’introduction de la machine à vapeur, la marine connaît une évolution graduelle mais radicale. Toutefois, à la différence du train ou de l’automobile, le navire moderne ne propose pas un nouveau régime viatique, mais en modifie un qui préexiste. Cette communication entreprendra de mettre en lumière les conséquences d’une mutation technologique majeure dans la littérature nautique de langue française, de Jules Michelet à Pierre Loti. On peut déjà formuler l’hypothèse suivante : la mutation en question produirait une modification des perceptions aboutissant à terme à une évolution des représentations. Il faudra alors examiner l’existence ou non de solutions de continuité dans le récit de mer. Pour ce faire, on cherchera à comprendre comment la vitesse mécanique altère le récit maritime et dans quelle mesure il en modifie les mythes fondateurs, afin de déterminer si l’on peut affirmer, ou non, que se joue alors un renouvellement de la poétique de la navigation.


    La promenade à l’épreuve de la vitesse par Édouard Bourdelle

    L’accélération du temps, telle qu’elle s’opère sous le Second Empire comme conséquence d’un essor de la technique et d’une idéologie du progrès, trouve une de ses illustrations dans un nouvel usage collectif de la promenade. Cette pratique fait du paysage un objet de consommation : un paysage normé, qui ôte toute individualité aux promeneurs, mettant à mal la notion romantique du « paysage état d’âme », et contribuant au contraire à une « crise de la résonance », pour reprendre les termes du sociologue Hartmut Rosa. Nous verrons comment la littérature imagine des réponses à cette crise de l’uniformité, via l’étude de textes mettant en scène des promeneurs, réels ou fictifs, souffrant de la vitesse, afin de voir les modalités de résistance au temps présent qu’offre la littérature. 


    « Festina lente ». Le trottoir roulant de l’Expo 1900 par Marie-Ange Fougère

    En 1900 est créé, à l’Exposition universelle, le trottoir roulant, moyen de locomotion innovant permettant de faire, sans se fatiguer et plus rapidement qu’à pied, une boucle autour d’une partie du site. Certes la vitesse du trottoir roulant est modeste, mais l’idée est bien d’offrir aux visiteurs la possibilité d’aller vite.

    Le trottoir roulant, en réalité, est tout autant une attraction qu’un moyen de transport : cette dimension ludique justifie que se dévoilent aisément sentiments, craintes et autres fantasmes suscités par ce nouveau moyen de transport et, plus généralement par la vitesse.

    La presse contemporaine, dans les rubriques quotidiennes consacrées à l’Exposition, offre ici un angle de vue privilégié. D’une part elle donne à voir, par le biais d’anecdotes amusantes, les réactions à chaud des visiteurs. D’autre part, elle offre aux journalistes une tribune pour soulever des questions d’ordre plus général autour du progrès et de l’expérimentation de la relativité, mais aussi pour s’interroger sur les implications morales de la vitesse, voire sur les enjeux existentiels propres au mouvement perpétuel qui régit le trottoir roulant.


    A contre-courant : des militants de la « petite vitesse » en chemins de fer par Georges Ribeill

    Les compagnies de chemins de fer ont constamment mis en valeur comme atouts du rail sa vitesse. en visant « les gens d’affaires » remplissant les compartiments de 1ère classe et les poches des actionnaires. Mais elles ont promu parfois les attraits géographiques de leurs réseaux, ce qui méritait d’être « vu du train », en promouvant ainsi un tourisme ferroviaire à « petite vitesse ». Pour promouvoir sa ligne d’Aurillac à Montauban, la compagnie d’Orléans financera ainsi en 1869 unGuide destinéau « vrai touriste », celui qui « ne voyage pas uniquement pour arriver au but, mais pour le plaisir même que donne le trajet. » Les compagnies inventeront aussi l’art de voyager « en rond » et non pas selon un aller-retour en ligne droite en somme, avec leurs « billets circulaires » saisonniers. Un siècle après, la TGV-mania ambiante détruira cet art du « voyage à petite vitesse », dont les excès féconderont à leur tour une Slow-train mania


    Vivre vite / Ralentir : rapidités et recueillements ferroviaires au XIXe siècle, des deux côtés de la Manche par Tim Farrant

    La rapidité est une raison d’être, peut-être la raison d’être de la modernité. Comment donc se fait-il donc qu’au dix-neuvième siècle l’imaginaire ferroviaire viendra se baser sur le passé, voire même sur l’antiquité ? Cette communication cherchera des réponses à cette question, en s’interrogeant sur les réactions britanniques et françaises postérieures et contemporaines au chemin de fer, et en examinant les motifs de ces réactions. Il en ressortira une vision qui pourra surprendre, et qui fait appel au passé, à la spiritualité et à la transcendance comme pour masquer les troubles et les dislocations provoqués par ce nouveau mode de déplacement.


    « La vitesse, ce don irremplaçable de la machine » : Octave Mirbeau et « La 628-E8 » par Marie-Bernard Bat

    Après une longue crise de la création, Octave Mirbeau semble retrouver l’inspiration en changeant radicalement de paradigme dans La 628-E8. Au modèle de l’artiste et des arts plastiques, il substitue une nouvelle muse, l’automobile. D’abord moyen pour le romancier d’appréhender différemment le monde qui l’entoure en faisant corps avec le paysage, la machine, comme source de vitesse, s’affirme également comme une allégorie révélatrice de distinction idéologique et non sociale. Cette expérience donne lieu à la recherche d’une écriture de l’instantanéité grâce à l’esthétique du fragment et du discontinu, qui lui permet de gommer les distinctions génériques, tout en s’émancipant de la tradition réaliste. Mais si Mirbeau fait l’éloge de la technique dans la veine d’une esthétique pré-futuriste, il sait se méfier des excès et du mirage de « l’homme-machine » grisé par la vitesse.


    « Courir les hasards des chemins » : le rythme du voyage dans les romans de comédiens par Hélène Thil

    La seconde moitié du XIXe siècle est marquée par la fascination des romanciers pour le motif de la troupe ambulante. Dans la lignée du Roman comique de Scarron et des Années d’apprentissage de Wilhelm Meister de Goethe, des œuvres comme Le Capitaine Fracasse de Théophile Gautier, L’Homme qui rit de Victor Hugo, Pierre qui roule de George Sand, ou encore César Cascabel de Jules Verne, mettent en scène les tribulations d’une compagnie théâtrale. Cette communication se propose d’étudier le rythme du voyage dans ces romans de comédiens pour mettre au jour le lien entre la dimension itinérante de la troupe et la poétique de la vitesse à l’œuvre dans ces textes. 


    Théâtres de société : improvisations dramatiques pour consommations éphémères par Valentina Ponzetto

    La pratique du théâtre de société connaît au XIXe siècle une très grande vogue qui s’intensifie sous le Second Empire. On y reprend quelque succès des théâtres publics, mais il existe également un répertoire composé ad hoc pour ces scènes, dont la poétique s’inscrit souvent sous le signe de la vitesse. Pièces de loisir ou de circonstance, elles sont brèves et assez simples, pour faciliter la mémorisation et la mise en scène. La consommation en est tout aussi éphémère : elles ne donnent souvent lieu qu’à une seule représentation, pour laisser vite la place à d’autres répertoires. Les pièces de société seraient-elles donc vite composées, vite joués, vite oubliés ? Je me propose d’étudier ces pratiques en interrogeant leur impact sur la poétique du répertoire produit, sur la manière de le jouer et sur sa postérité.


    Vertige d’un monde pris de vitesse. La mutation de la perception dans la littérature du XIXe siècle par Stanislas de Courville

    La Littérature du XIXe siècle a témoigné de mutations extrêmement rapides et variées de la perception sous l’influence de l’aire urbaine. À tel point que Walter Benjamin évoquait l’avènement d’une « perception sous forme de choc » dont l’art se serait fait l’écho et qui s’instituerait durablement au XXe siècle avec le cinématographe. Au centre de cette nouvelle forme de perception se trouve l’augmentation toujours croissante de la vitesse, conjuguée à l’explosion du phénomène des masses, entité résolument moderne qui se déverse sur le monde et s’avère la matrice de tous ses changements. En nous appuyant sur les théoriciens d’une historicité de la perception que furent Merleau-Ponty et Benjamin, nous proposerons de penser la ou les mutations de la perception en cours au XIXe siècle à travers leurs nombreuses expressions littéraires, de Balzac à Zola ou de Gogol à Gontcharov, en passant par Baudelaire, Nerval et Huysmans.


    Parnasse, Vapeur et Vitesse par Aimée Boutin

    Réfractaires au progrès technique, les Parnassiens se sont opposés à la modernité définie par la vapeur et la vitesse. Certains Parnassiens, cependant, se sont inspirés du chemin de fer, symbole de l’accélération moderne et point d’achoppement dans le débat qui opposait les chefs de file du Parnasse et les partisans des Chants modernes. À partir d’un corpus composé de poèmes de J. Soulary, Villiers de L’Isle-Adam, A. Mérat, L. Dierx, L. Siefert, S. Prudhomme et P. Verlaine, j’examinerai comment ces poètes ont mis en forme les rythmes de la locomotion et/ou les mutations de la perception du paysage devenu « panorama » sous l’effet de la vitesse. Selon les formes poétiques employées, les poètes maîtrisent plus ou moins bien le vertige moderne de la vitesse, souvent vécu entre rêve et réalité. Parmi les exemples traités, le pantoum de Louisa Siefert communique le mieux l’incertitude par rapport à l’avenir dont on pourra mesurer la portée individuelle et collective.


    « Disparu(s) comme une étoile filante » – les personnages balzaciens face à l’accélération de l’existence par Jérémie Alliet

    L’objet de cette communication est d’étudier le vécu subjectif du temps par les personnages balzaciens des romans de Balzac parus et publiés en feuilleton (principalement entre 1842 et 1848), dans un geste de comparaison avec la représentation du temps dans ses premières œuvres (Le Centenaire et La Peau de Chagrin). Cette comparaison permettra d’interroger la spécificité feuilletonesque de la chronologie balzacienne, en mettant principalement en avant le paradoxe d’une accélération interne des textes, marqués par le vieillissement ou la disparition prématurés des personnages, et une dilatation de la narration, conduisant à l’écriture d’œuvres très longues, dont l’intrigue ramifiée et répétitive s’étend souvent sur plusieurs années. On se demandera enfin si cette esthétique du temps balzacien se retrouve dans le travail d’autres feuilletonistes (Dumas, Sue).


    Temporalités de la jeune fille par Virginie A. Duzer

    « C’est de l’espace, toujours plus allongé, qui s’étend entre la nubilité des femmes et leur mariage qu’est née la question si compliquée de la jeune fille » remarquait Remy de Gourmont dans son célèbre article de 1907 intitulé « Jeunes filles ». Pour rendre compte de cet interstice, entre l’avant-goût du flirt et la soudaine ellipse de la nuit de noce, les romanciers des années 1850-1900 ont joué d’accélérations et de ralentissements, qui sont tout autant volontairement psychologiques que potentiellement érotiques. De sorte que ce serait au cœur des variations de vitesse que l’on serait le mieux à même de comprendre l’importance que la jeune fille a pu avoir, en tant que sujet, que thème et que personnage à la fin du dix-neuvième siècle. Et c’est à une évocation éclairée des différentes vitesses narratives et textuelles que sera dédiée cette communication, qu’accompagneront des toiles, des photographies et des cartes postales soigneusement choisies.


    Un éloge du sursis. Quelques réflexions autour de la mort et de la vitesse au XIXe siècle par Anne Carol

    On se propose d’explorer quelques pistes autour de l’articulation entre la mort et la vitesse au XIXe siècle. Il semblerait en effet que le mortuaire et le funéraire constituent des espaces de résistance à l’accélération qui caractérise la modernité.

    Une première piste pourrait être celle du temps des funérailles. Les usages funéraires se codifient, chez les professionnels comme chez les endeuillés. La lenteur (dans les déplacements, par exemple) semble faire partie des éléments qui participent désormais de la décence de la cérémonie, à l’instar du silence. Une deuxième piste pourrait être celle du rapport au temps et à l’éternité. Des pratiques comme l’embaumement, la transformation du cimetière en un espace de conservation ou la promotion des concessions perpétuelles semblent indiquer une volonté très forte de suspendre le cours du temps et de freiner l’érosion des corps et du souvenir, au delà du cas des grands hommes. 


    Non

    Manifestation et révélation. À propos du livre de Jean-Luc Marion, « D’ailleurs, la Révélation »

    Rediffusion sur singer-polignac.tv

    Avant-propos

    Depuis 2014, l’UR 3552 Métaphysique : histoires, transformations, actualité, bénéficie d’une collaboration fructueuse avec la Fondation Singer-Polignac, initiée par le regretté Yves Pouliquen, de l’Académie française, Président de la Fondation, Jean-Luc Marion, de l’Académie française, professeur émérite à Sorbonne Université et Vincent Carraud, professeur à Sorbonne Université et directeur de l’UR 3552. En 2021, c’est au Centre Emmanuel Levinas, composante de l’unité de recherches dirigée par Emmanuel Cattin, professeur à Sorbonne Université, qu’il revient d’organiser la présente manifestation, qui sera un colloque de phénoménologie et de philosophie de la religion, intitulé « Manifestation et révélation. À propos du livre de Jean-Luc Marion, D’ailleurs, la Révélation.

    Ce colloque sera centré sur la question de savoir de quel genre de phénomènes relèvent les phénomènes qui constituent la révélation et si une approche phénoménologique est pertinente pour les analyser. On remarquera que dans l’allemand Offenbarung s’entendent à la fois l’ouverture par laquelle quelque chose devient manifeste, offenbar, et la révélation (ἀποκάλυψις) : cette ambivalence doit-elle donner lieu à une distinction stricte de la phénoménologie et de la théologie ? La théologie — qui n’impose que tardivement le terme de révélation — n’a-t-elle pas au contraire tout à gagner d’une approche non plus métaphysique, mais phénoménologique, d’un apparaître qui requiert d’abord d’être décrit ? Le colloque posera ces questions à l’occasion de la parution du livre de Jean-Luc Marion, D’ailleurs, la Révélation (Grasset, 2020), non seulement professeur émérite à Sorbonne Université, mais titulaire d’une chaire à The University of Chicago qui est précisément une chaire de philosophie de la religion.

    Il va de soi qu’il aura à revenir non seulement sur ce qu’on a appelé « le tournant théologique de la phénoménologie française » (Emmanuel Levinas, Michel Henry), mais surtout sur les enjeux théologiques de la phénoménologie qui sont apparus dès la première réception des œuvres de Husserl, dont beaucoup d’élèves se tournèrent vers le christianisme, comme Adolf Reinach, Edith Stein ou Hedwig Conrad-Martius. Mais il suivra aussi l’explication de Heidegger avec le christianisme et le Dieu d’Israël, telle que les Schwarze Hefte peuvent à présent en ouvrir l’accès avec une plus grande évidence, dont la confrontation avec l’œuvre immense de Karl Barth est l’un des aspects. Ces travaux se tiendront dans l’horizon du travail du Centre Emmanuel Levinas, à la fois par leur inspiration phénoménologique, qui donne depuis sa fondation leur tonalité directrice à de nombreux travaux du Centre, et par leur reprise des questions essentielles d’une philosophie de la religion ou de la révélation, précédemment étudiées, particulièrement, à travers l’œuvre de Franz Rosenzweig (2017).

    Comme on sait, l’UFR de philosophie n’a pas de chaire de philosophie de la religion. Ce colloque sera donc l’occasion de nouer les relations institutionnelles qui devaient l’être au printemps 2020 avec nos collègues romains du « Colloque Castelli » (Archivio di filosofia). Et du côté de la phénoménologie, nous nous réjouissons d’organiser ce colloque en collaboration avec les Archives Husserl de Paris (CNRS-ENS-PSL), que dirige Dominique Pradelle, professeur à Sorbonne Université.

    Enfin, nous avons toujours souhaité, lors des colloques organisés par l’EA 3552, que de jeunes chercheurs, récents docteurs ou encore doctorants, y soient associés. Ce colloque permettra également de donner la parole à plusieurs d’entre eux.

    Vincent Carraud, Emmanuel Cattin, Dominique Pradelle

    Comité de patronage

    • Jean-Robert Armogathe, de l’Institut
    • Barbara Cassin, de l’Académie française 
    • Philippe Capelle-Dumont, Université de Strasbourg, président d’honneur de l’Académie catholique de France
    • Jean Chambaz, Président de Sorbonne Université
    • Michaël Levinas, de l’Académie des Beaux-Arts
    • Andreï Makine, de l’Académie française
    • Hent de Vries, New York University
    • Michel Zink, de l’Académie française, Secrétaire perpétuel de l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres 

    Lundi 21 juin 2021

    14h : ouverture du colloque par Vincent Carraud, Emmanuel Cattin et Dominique Pradelle

    sous la présidence de Vincent Carraud : Métaphysique et révélation

    15h45-16h – pause

    • 16h-16h45 : Raphaël Authier, Phénoménalité et révélation : comment comprendre ce qui « succède à la métaphysique » ?
    • 16h45-17h30: Claudia Serban, Jean Hering, une première rencontre entre phénoménologie et révélation

    17h30 – discussion

    18h – fin de la première journée

    Mardi 22 juin 2021

    sous la présidence d’ Emmanuel Cattin : Ce qui se donne et ce qui se montre

    • 9h30-10h15 : Vincent Blanchet, L’apparaître de l’inapparent
    • 10h15-11h : Stefano Bancalari, La « puissante banalité » de la révélation. Signification et statut méthodologique du quotidien dans la phénoménologie de l’ailleurs

    11h-11h15 – pause

    • 11h15-12h : Fanny Valeyre, Φύσις. Une apparition homérique
    • 12h-12h45 : Dominique Pradelle, De la théologie à la phénoménologie : l’essence des phénomènes

    12h45 – discussion

    13h – déjeuner (selon protocole sanitaire strict)

    sous la présidence de Pierluigi Valenza : Alètheia et apocalypsis

    16h15-16h30 – pause

    17h30 – fin de la deuxième journée

    Mercredi 23 juin

    sous la présidence de Dominique Pradelle : Le retard du regard

    • 9h30-10h15 : Walter Schweidler, Événement et révélation selon Heidegger (Das Ereignis der Offenbarung nach Heidegger)
    • 10h15-11h :Vincent Holzer, Trinité ontique et Révélation. Généalogie d’un malentendu persistant

    11h-11h15 – pause

    12h45 – discussion

    13h – déjeuner (selon protocole sanitaire strict)

    17h – clôture du colloque


    Biographies

    Vincent Carraud

    Vincent Carraud est professeur d’histoire de la philosophie moderne en Sorbonne et directeur de l’unité de recherche Métaphysique : histoires, transformations, actualité. Il a reçu en 2010 le grand prix de philosophie de l’Académie française. Dernière publication : Ce que sait la foi, Communio / Parole et Silence, 2020.


    Olivier Boulnois

    Olivier Boulnois, né en 1961, ancien élève de l’ENS (1981), agrégé de philosophie (1984), professeur habilité à diriger des recherches (1997), directeur d’études à l’École Pratique des Hautes Études (1999), membre du « Laboratoire d’Études sur les Monothéismes » (EPHE, PSL, LEM, UMR 8584). Ses publications portent sur la philosophie médiévale et l’histoire de la métaphysique. Il est l’auteur d’environ 180 articles et 7 livres. Principales publications : Duns Scot, la rigueur de la charité, Paris, 1998 ; Être et Représentation. Une généalogie de la métaphysique moderne à l’époque de Duns Scot (XIVe siècle), Paris, 1999 ; Au-delà de l’image, Une archéologie du visuel en Occident (d’Augustin au Concile de Trente), Paris, 2008 ; Métaphysiques rebelles, Genèse et structures d’une science au Moyen Age, Paris, 2013.


    Dan Arbib

    Dan Arbib, ancien élève de l’Ecole normale supérieure, agrégé et docteur en philosophie, est professeur agrégé à l’Ecole normale supérieure. Secrétaire scientifique du Bulletin cartésien depuis 2010, il a publié La lucidité de l’éthique. Etudes sur Levinas (Hermann, 2014), Descartes, la métaphysique et l’infini (PUF, 2017, 2e éd. 2021) et dirigé le collectif consacré aux Méditations métaphysiques de Descartes, Objections et Réponses (Vrin, 2019).


    Raphaël Authier

    Ancien élève de l’École normale supérieure (Ulm), agrégé et docteur en philosophie, Raphaël Authier est l’auteur d’une thèse de doctorat intitulée Concevoir l’historicité. L’histoire et les différentes formes de temporalité chez Hegel et Schelling. Il est attaché temporaire d’enseignement et de recherche (ATER) à Sorbonne Université.


    Claudia Serban

    Agrégée de philosophie, docteur de l’université Paris-Sorbonne et ancienne pensionnaire de la Fondation Thiers, Claudia Serban est maître de conférences à l’université Toulouse Jean Jaurès. Elle est l’auteur de nombreux articles portant sur la phénoménologie allemande et française, ainsi que sur la philosophie allemande classique. Le livre issu de sa thèse de doctorat, intitulé Phénoménologie de la possibilité : Husserl et Heidegger, est paru en 2016 aux Presses universitaires de France.


    Emmanuel Cattin

    Emmanuel Cattin, né en 1966, ancien élève de l’École normale supérieure de la rue d’Ulm, est professeur de métaphysique à Sorbonne-université. Il est l’auteur de Vers la simplicité. Phénoménologie hégélienne (Paris, Vrin, 2010), Sérénité. Eckhart, Schelling, Heidegger (Paris, Vrin, 2012), Majestas Dei (Paris, Vrin, 2018).


    Stefano Bancalari

    Stefano Bancalari enseigne la philosophie de la religion à la Sapienza Università di Roma. Il est également professeur invité à l’université grégorienne de Rome et dirige la revue internationale « Archivio di filosofia ». Il a entre autres publié : Logica dell’epochè. Per un’introduzione alla fenomenologia della religione (2015), Fenomenologia e pornografia (2015), Intersoggettività e mondo della vita. Husserl e il problema della fenomenologia (2003), L’altro e l’esserci. Heidegger e il problema del Mitsein (1999). Il a édité les œuvres philosophiques de Rudolf Otto en italien (2010).


    Vincent Blanchet

    Vincent Blanchet est docteur en philosophie et professeur agrégé à Sorbonne Université, ses recherches portent sur la pensée allemande et la métaphysique.


    Fanny Valeyre

    Fanny Valeyre est agrégée de philosophie et attachée temporaire d’enseignement et de recherche à Sorbonne Université. Elle rédige actuellement une thèse sur la phusis à partir de l’œuvre de Heidegger.


    Dominique Pradelle

    Ancien élève de l’École Normale Supérieure, Dominique Pradelle est Professeur de philosophie allemande contemporaine à la Faculté des Lettres de Sorbonne Université et directeur des Archives Husserl de Paris. Ses travaux portent sur la phénoménologie, la philosophie des mathématiques et l’esthétique musicale. Il a publié L’archéologie du monde (Dordrecht, Kluwer, 2000), Par-delà la révolution copernicienne (Paris, Puf, 2012), Généalogie de la raison (Puf, 2013) et Intuition et idéalités. Phénoménologie des objets mathématiques (Puf, 2020). 


    Pierluigi Valenza

    N.C


    Rosaria Caldarone

    Rosaria Caldarone est née à Palerme le 18/11/1971. Elle a traduit en italien le livre de Jean-Luc Marion Étant donné. Essai d’une phénoménologie de la donation, PUF, Paris, 1997 (Dato che. Saggio per una fenomenologia della donazione, SEI, Turin, 2001) ainsi que de nombreuses conférences données par le philosophe dans les universités italiennes. Elle est professeur de Filosofia teoretica au Département de Sciences humaines de l’Université de Palerme. Dans ses travaux, d’une orientation herméneutique et déconstructrice, la question de l’amour s’impose comme un facteur décisif pour comprendre le statut de la philosophie et pour une approche non transcendantale de la question du sujet. Parmi ces études figurent : Eros decostruttore. Metafisica e desiderio in Aristotele (il melangolo, 2001) ; Caecus amor. Jean-Luc Marion e la dismisura del fenomeno (ETS, 227) ; Impianti. Tecnica e scelta di vita (Mimesis, 2011) ; Lo scambio di figura. Tre saggi sulla somiglianza e sulla differenza (Inschibboleth, 2015) ; La filosofia in fiamme. Saggio su Pascal (Morcelliana, 2020).


    Carla Canullo

    Carla Canullo enseigne la philosophie de la religion à l’Université de Macerata (Italie), où elle est aussi titulaire de la chair d’herméneutique interculturelle. Elle est également titulaire de la chaire de Philosophie de la Religion à l’Istituto Teologico Marchigiano (Université du Latran). Ses recherches portent sur des questions concernant la philosophie française et, maintenant, sur la pensée des Pères Cappadociens – notamment Basile et Grégoire de Nysse. Parmi ses publications : La fenomenologia rovesciata. Percorsi tentati in Jean-Luc Marion, Michel Henry e Jean-Louis Chrétien (Torino 2004) ; (ed.) Jean-Luc Marion. Un dibattito italiano (Mimesis, Milano 2010) ; L’estasi della speranza. Ai margini del pensiero di Jean Nabert (Assise 2005). Elle a traduit en italien le livre de Jean-Luc Marion Le visible et le révélé et elle s’est occupée de la réédition de Dieu sans l’être. 


    Inga Römer

    Inga Römer est professeur de philosophie à l’Université Grenoble Alpes. Ses recherches portent sur la philosophie d’Emmanuel Kant ainsi que sur la phénoménologie allemande et française. Ses études les plus récentes interrogent le lien entre l’éthique et la métaphysique. Elle est l’auteur de Das Zeitdenken bei Husserl, Heidegger und Ricœur (Springer, 2010) et de Das Begehren der reinen praktischen Vernunft. Kants Ethik in phänomenologischer Sicht (Felix Meiner, 2018).


    Danielle Cohen-Levinas

    Danielle Cohen-Levinas est philosophe et musicologue, professeure à la Faculté des Lettres de l’Université Paris-Sorbonne. Elle est fondatrice et responsable du « Collège des études juives et d philosophie contemporaine » (Centre Emmanuel Levinas), chercheure associée aux Archives Husserl de l’ENS-CNRS de Paris. Derniers ouvrages parus : L’impardonnable (éd. du Cerf, 2021) ; Beethoven, toujours. Trente-deux Sonates pour quel infini ? Entretiens avec Michael Levinas (éd. du Cerf, 2021).

    À paraître : Une métaphysique sans logos. Richard Wagner, Absolutiser le Monde (éd. Gallimard).


    Jean-Robert Armogathe

    Jean-Robert Armogathe (né à Marseille en 1947), directeur d’études à l’École pratique des hautes études, membre de l’Institut, historien de la philosophie et des sciences dans l’Europe moderne. Éditeur de Pascal et de Descartes, il a dirigé l’Histoire générale de l’Église, 2 vol., Paris, Puf, 2009.


    Simon Berger

    Né en 1997, Simon Berger est élève à l’École Normale Supérieure. Titulaire d’un Master d’histoire de la philosophie de Sorbonne Université, ses recherches ont porté sur les interactions entre la phénoménologie de Husserl et de ses disciples et la pensée chrétienne, qui ont permis de repérer quelque chose comme un tournant théologique de la phénoménologie allemande.


    Philippe Capelle-Dumont

    Philippe Capelle-Dumont, professeur de philosophie à l’université de Strasbourg et chercheur associé à l’université Paris-Sorbonne. Doyen honoraire de la Faculté de philosophie de l’Institut catholique de Paris, directeur de la Revue des sciences religieuses. Auteur d’une quarantaine d’ouvrages. À paraître : Politique et religion (collectif) PUF (2021) ; Le principe alliance, T. 1 Phénoménologie de l’alliance ; t. 2 Métaphysique du temps, Hermann (2021-2022).


    Walter Schweidler

    Prof. Dr. Walter Schweidler est titulaire de la chaire de philosophie de l’Université catholique d’Eichstätt-Ingolstadt depuis 2009. De 2000 à 2009 il fut professeur de philosophie pratique à l’Université de Bochum en Rhénanie. Centres d’intérêts et de recherches : conceptions modernes et contemporaines en éthique et en philosophie politique, philosophie du droit et théorie des droits de l’homme, phénoménologie, la philosophie de Heidegger dans le contexte des courants principaux du XXème siècle, métaphysique et critique de la métaphysique, philosophie interculturelle, bioéthique. Dernières publications : Wiedergeburt, Freiburg 2020 ; Kleine Einführung in die Angewandte Ethik, Wiesbaden 2017 ; Wittgenstein, Philosopher of Cultures (ed. w. Carl Humphries), Sankt Augustin 2017. 


    Vincent Holzer

    Vincent Holzer est professeur et docteur en théologie de l’Université Grégorienne de Rome et professeur de théologie systématique à la Faculté de théologie de l’Institut Catholique de Paris.

    Il a récemment publié Le Christ devant la raison. La christologie devenue philosophème (Paris, Cerf, 2018) et La Révélation. Lectures philosophiques et théologiques, Vincent Holzer et Jérôme de Gramont (eds.) (Paris, Herrmann, 2020).

    Est également à paraître sous sa direction Karl Rahner, Une dogmatique après le ConcilePrincipes et fondements de la théologie, de la doctrine de Dieu et de la christologie, Vincent Holzer directeur de l’édition française, Édition critique autorisée (Paris, Cerf, septembre 2021).


    Jean-François Courtine

    Jean-François Courtine, professeur émérite de l’Université Paris-Sorbonne, membre honoraire de l’Institut Universitaire de France. Auteur de vingt-cinq livres. Dernières publications : Levinas. La trame logique de l’être, éditions Hermann, Paris, 2012 ; Schelling – Entre temps et éternité, histoire et préhistoire de la conscience, Vrin, Paris, 2012 ; Archéo-logique, Husserl, Heidegger, Patocka, Paris, PUF (Épiméthée) 2013.


    Jean-Luc Marion

    Membre de l’Académie Française (2008).

    Membre de l’Accademia dei Lincei (Rome), 2009.

    Docteur honoris causa de l’Université d’Utrecht, 2006.

    Docteur honoris causa de l’Université Nationale San Martin (Buenos-Aires), 2009.

    Docteur honoris causa de Haverford College (Pennsylvania), 2010.

    Docteur honoris causa de l’Université Catholique Pàzmàny Péter (Budapest), 2011.

    Docteur honoris causa de l’Université de Glasgow, 2013.

    Docteur honoris causa de l’Université de Iasi (Roumanie), 2013.

    Docteur honoris causa de l’Université de Bucarest (Roumanie), 2013.

    Docteur honoris causa de l’Université «La Sapienza» (Rome-I), 2013.

    Docteur honoris causa de l’Université Catholique d’Australie (Melbourne), 2015.


    Paul Garapon

    N.C

    Résumés de communication

    Eros et alètheia par Rosaria Caldarone

    D’ailleurs, la révélation met en évidence une distinction décisive entre le concept d’alètheia, qui est neutre et n’implique pas la volonté, et celui d’apokàlypsis, dont la logique atteste la primauté de la volonté qui choisit parce qu’elle aime et qui, ainsi, découvre l’amant dans le sujet. Jouant de la vérité chrétienne contre la vérité grecque, cette distinction permet de penser à nouveaux frais la vérité des grecs, jusqu’à y reconnaître des cas exemplaires du débordement dans lesquels l’alètheia montre plus que ce que nous attendrions d’elle, et où se vérifient des effets d’apokàlypsis dans l’alètheia même. Une telle distinction a donc la puissance de ré-ouvrir la scène grecque en lui donnant une richesse nouvelle, c’est-à-dire en rendant possible la compréhension de questions restées d’énigmatiques détails aux yeux des spécialistes incapables de les prendre en compte.

    Renversant le schème courant, l’hermenéutique dont procède cette distinction impose de comprendre l’origine de la métaphysique à partir du christianisme, et non l’inverse : telle est la tâche que je ferai mienne en proposant une lecture de l’Alcibiade I de Platon où l’eros constitue la genèse de l’alètheia.

    D’où une double vérification : celle, d’abord, de la teneur philosophique du lien posé par Jean-Luc Marion entre le découvrement et la Révelation — dont la Trinité constitue à la fois l’épreuve et le développement — ; celle, ensuite, de la fécondité hermenéutique de ce lien, dont on montre qu’il conserve sa pertinence dans un autre champ théorique que celui pour lequel il a été conçu. 


    Non

    L’angiopathie moyamoya

    En rediffusion sur singer-polignac.tv

    Programme

    9h15 – ouverture des portes

    Session 1 : Histoire naturelle

    Modérateurs : Sonia Alamowitch et Hugues Chabriat

    10h30 Discussion

    10h45 – pause

    Session 2 : Données génétiques

    Modérateurs : Stéphanie Guey et Benoît Guillon

    11h45 Discussion

    Special lecture

    13h-14h – déjeuner

    Session 3 : Imagerie du Moyamoya

    Modérateurs : Vittorio Civelli et Mikael Mazigui

    15h Discussion

    15h15 Pause

    Session 4 : Revascularisation chirurgicale cérébrale

    Modérateurs : Sébastien Froelich et Luca Regli

    17h15 Discussion

    17h30 Fin du colloque

    Biographies

    Sonia Alamowitch

    Sonia Alamowitch est Professeure de Neurologie à Paris Sorbonne Université depuis 2009 et chef de service de Neurologie et d’Urgences Neuro-vasculaires à l’hôpital Pitié-Salpetrière, AP-HP, Paris. Après des études à l’université Pierre et Marie Curie, un internat en neurologie à Paris et un doctorat en Neurologie, elle a fait une année de recherche au Canada sur les traitements des sténoses carotidiennes au sein du groupe NASCET. 


    Manoëlle Kossorotoff

    Le Dr Manoëlle Kossorotoff, neuropédiatre à l’hôpital Necker-Enfants malades à Paris, est coordonnatrice du centre national de référence de l’AVC de l’enfant et responsable du Centre de Compétences Enfants pour le CERVCO (Centre de référence des maladies vasculaires rares du cerveau et de l’œil). Elle travaille sur plusieurs thématiques en lien avec l’AVC de l’enfant, notamment la prise en charge à la phase aiguë. Elle a développé la filière de prise en charge « Alerte AVC » à Necker et publié l’expérience Ile-de-France des premières thrombolyses et thrombectomies pédiatriques. Elle anime une étude nationale sur ces traitements de la phase hyperprécoce chez l’enfant. Une autre thématique est celle des artériopathies cérébrales chroniques : angiopathie de la drépanocytose, sujet de son doctorat en sciences qui a reçu un prix de la Chancellerie des universités de Paris, angiopathies génétiques et angiopathie de moyamoya. Elle est membre du conseil scientifique de l’association Tanguy Moyamoya et collabore à plusieurs études en cours concernant le moyamoya pédiatrique, sur l’aspect génétique, psychologique, radiologique et clinique.


    Dominique Hervé

    Ancien interne des hôpitaux de Paris, Dominique HERVE a ensuite exercé la fonction de Chef de Clinique-Assistant des Hôpitaux dans le service de Neurologie de l’hôpital Lariboisière. Durant cette période, son activité a été centrée sur la prise en charge en phase aigüe des pathologies vasculaires cérébrales. Depuis Novembre 2006, Dominique HERVE est Praticien Hospitalier temps plein à l’hôpital Lariboisière. Au sein du centre de recherche neurovasculaire translationnel, il est le responsable médical du CEntre de Référence des maladies Vasculaires rares du Cerveau et de l’Oeil (CERVCO). Sa mission est pleinement dédiée au développement de ce centre de référence. Dans le cadre du CERVCO, son activité clinique et de recherche concerne principalement l’angiopathie de moya-moya et les maladies héréditaires des petites artères cérébrales (CADASIL et autres leucoencéphalopathies vasculaires génétiques). Il prend également en charge les patients atteints de cavernomatoses cérébrales et de forme familiale d’anévrysmes cérébraux.


    Lionel Calvière

    N.C


    Stéphanie Guey

    Ancienne Interne et Chef de Clinique des Hôpitaux de Paris, et titulaire d’une thèse de science en Génétique, Stéphanie Guey est actuellement Praticien Hospitalo-Universitaire dans le service de neurologie de l’hôpital Lariboisière. Son activité clinique s’articule autour de la prise en charge des accidents vasculaires cérébraux et le suivi des maladies cérébro-vasculaires héréditaires. Ses travaux de recherche portent sur la caractérisation clinique et génétique des affections cérébro-vasculaires rares de l’adulte.


    Benoît Guillon

    Le Docteur Benoit GUILLON est Praticien Hospitalier temps plein au CHU de Nantes et responsable de l’UNV. Il est médecin référent du réseau national de compétence rattaché au CERVCO, en charge des patients ayant une angiopathie de Moyamoya. Membre du bureau de la Société Française Neuro-Vasculaire depuis 2015, il est également coordonnateur d’un PHRC-national sur la pathologie ischémique rétinienne aigue (THEIA).


    Elisabeth Tournier-Lasserve

    Le Pr Elisabeth Tournier-Lasserve est professeur de génétique médicale à l’université de Paris et dirige le service hospitalier de génétique moléculaire de l’hôpital Saint Louis et l’équipe de recherche GeneMedStroke au sein de l’unité INSERM U1141. Après un internat et un clinicat de neurologie, elle a effectué un stage post-doctoral de 1986 à 1989 dans le laboratoire de biologie moléculaire du Pr RA Lazzarini, au National Institute of Health à Bethesda aux USA. En 1989, elle est recrutée par l’Inserm et crée sa propre unité de recherche en 1999. Le Pr Tournier-Lasserve et son équipe ont eu une contribution majeure dans la caractérisation clinique et moléculaire de plusieurs maladies des petites artères cérébrales et des dysplasies vasculaires cérébrales, en particulier le CADASIL, les leucoencéphalopathies vasculaires et les angiomes caverneux cérébraux (CCM). Son équipe a obtenu des modèles très pertinents d’ angiomes caverneux chez la souris qui ont montré le rôle essentiel des protéines Ccm dans l’endothélium veineux et sont actuellement utilisés pour des essais thérapeutiques précliniques. Plus récemment son équipe a identifié plusieurs des gènes impliqués dans des formes syndromiques de moyamoya. Ces travaux ont été couronnés par 2 grands prix internationaux, le prix Lefoulon-Delaland 2016 et le Brain Prize 2019 de la fondation Lundbeck.


    Florence Riant

    N.C


    Vijeya Ganesan

    Vijeya Ganesan is Senior Lecturer in Paediatric Neurology at UCL Great Ormond Street Institute of Child Health and leads the Paediatric Neurovascular Service at Great Ormond Street Hospital London. Her research interests are focussed on elucidating the causes and consequences of cerebrovascular disease in children.


    Hugues Chabriat

    N.C


    Vittorio Civelli

    N.C


    Marc-Antoine Labeyrie

    Le Docteur Marc-Antoine LABEYRIE est neuroradiologue interventionnel à l’Hôpital Lariboisière. Il a obtenu un doctorat en épidémiologie. Ses principales thématiques de recherche sont centrées sur l’épidémiologie, le diagnostic et le traitement endovasculaire des causes artérielles rares d’ischémie cérébrale et d’hémorragie intracrânienne. Il s’intéresse également à la physiopathologie, au diagnostic et au traitement endovasculaire des syndromes de restriction chronique du drainage veineux cérébral et du vasospasme cérébral post hémorragie méningée.


    Marie-Odile Habert

    Le Docteur Marie-Odile Habert est Maître de Conférence-Praticien Hospitalier en Biophysique et Médecine Nucléaire depuis 1997, à l’Université Pierre et Marie Curie, et au département de médecine nucléaire de l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris.

    Elle est spécialiste en neurologie nucléaire depuis 30 ans, en Tomographie d’emission Monophotonique (TEMP) et d’Emission de Positons (TEP) cérébrale, en particulier dans le domaine des maladies neurodégénératives. Elle est également Co-directrice du CATI (Centre de l’acquisition et du Traitement des Images) pour l’optimisation et l’harmonisation des acquisitions cérébrales TEP et TEMP et responsable scientifique de la Recherche en TEP-IRM au CENIR, à l’Institut Cerveau Moelle (ICM). 


    Nathalie Boddaert

    Nathalie Boddaert est Professeur des Universités-Praticien Hospitalier depuis 2008 en radiologie pédiatrique à l’Hôpital Necker-enfants Malades où elle est chef de Service. Nathalie Boddaert est également membre depuis 2012 de l’institut hospitalo-universitaire IMAGINE où elle dirige l’équipe de recherche en Imagerie cérébrale de l’enfant: Image@Imagine (IHU-IMAGINE INSERM UMR1163). 


    David Grévent

    Neuroradiologue à l’Hôpital Universitaire Necker – Enfants Malades (Paris), depuis 11 ans, spécialisé en neuro-imagerie vasculaire clinique et recherche en pédiatrie. Depuis 5 ans, neuro-imagerie fœtale clinique et recherche au sein de la plateforme hospitalo-universitaire LUMIERE (Paris) qu’il co-dirige.


    Sébastien Froelich

    N.C


    Luca Regli

    Luca Regli a étudié la médecine à l’Université de Lausanne. Après avoir accompli sa formation en neurochirurgie auprès de son maître Nicolas de Tribolet, il a poursuivi une spécialisation dans le traitement microchirurgical des lésions intracrâniennes complexes à la célèbre Mayo Clinic de Rochester. En 2008, il a été nommé Professeur ordinaire et chef de service de neurochirurgie au Centre Médical Universitaire d’Utrecht, aux Pays-Bas. En 2012, l’Université de Zurich le nomme Professeur ordinaire et l’Hôpital Universitaire de Zurich l’invite à diriger le service de neurochirurgie, suivant ainsi les traces de ses prédécesseurs ; les Professeurs Krayenbuehl, Yasargil, Yonekawa et Bertalanffy. De renommée internationale, le service universitaire de Zurich est une référence pour la neurochirurgie. Luca Regli a développé ses intérêts de recherche autour des défis cliniques dans les domaines de l’ischémie cérébrale, du métabolisme cérébral, de l’homéostasie. Il contribue régulièrement à l’amélioration des techniques microchirurgicales de pointe pour la revascularisation cérébrale et l’imagerie pré-, intra- et postopératoire. L’activité universitaire se reflète dans plus de 200 publications et 18 chapitres de manuels. Il est régulièrement invité comme expert et conférencier lors de réunions dans le monde entier. Son expertise clinique se reflète dans le traitement quotidien des patients souffrant de lésions cérébrovasculaires ainsi que de tumeurs cérébrales. Il a opéré plus de 1’000 patients atteints d’anévrismes cérébraux. Il reçoit régulièrement pour deuxième avis des patients présentant des lésions vasculaires complexes.


    Thomas Blauwblomme

    Le professeur Thomas Blauwblomme est Neurochirurgien à l’hôpital Necker. Il est responsable de l’Unité Fonctionnelle de Chirurgie de l’Épilepsie, responsable du Centre de Compétence des Malformations Vasculaires Cérébrales Pédiatriques (centre de Référence AVANCE), référent chirurgical du centre de référence national des AVC de l’enfant, et membre du laboratoire INSERM U1163 « Translational Research in Neurological Diseases » à l’Institut Imagine.


    Anne-Laure Bernat

    Le Docteur Anne-Laure BERNAT est Praticien Hospitalier temps plein dans le service de neurochirurgie du CHU Lariboisière. Son activité chirurgicale se concentre sur les pathologies crâniennes tumorales, hypophysaires et vasculaires en collaboration avec les équipes de neuroradiologie interventionnelle, de neuroréanimation et de neurologie. Elle est également impliquée dans plusieurs projets de recherche collaboratifs au niveau international avec Toronto sur la génétique des chordomes et au niveau national avec plusieurs services de neurochirurgie, d’endocrinologie et l’ANESM sur le lien entre les hormones progestatives et la croissance des méningiomes.


    Laurent Thines

    Le Pr Laurent Thines est chef du service de neurochirurgie au CHRU de Besançon. Il est président de la section vasculaire de la Société Française de NeuroChirurgie. Il a poursuivi une formation à la neurochirurgie vasculaire au CHRU de Lille, au Toronto Western Hospital et à l’UMC Utrecht. Il est l’auteur de nombreux articles pédagogiques et de recherche clinique dans le domaine du traitement des anévrismes, des malformations artério-veineuses et de l’angiopathie de Moya-moya.


    Etienne Gayat

    Etienne Gayat est professeur d’anesthésie-réanimation à la faculté de médecine de l’Université Paris et a récemment été nommé Directeur médical du département médico-universitaire d’anesthésie-réanimation (DMU PARABOL) du groupe hospitalo-universitaire AP-HP.Nord. Son principal domaine d’intérêt est la recherche sur les conditions critiques et la médecine périopératoire. Il est responsable d’équipe au sein de l’unité MASCOT de l’Inserm, dont la thématique est le développement de biomarqueurs et les biothérapies pour les conditions aiguës, y compris les troubles neurologiques aigus. Il a établi une collaboration avec plusieurs équipes de l’Inria (PARIETAL et M3DISIM) autour de la modélisation des données de signaux physiologiques tels que l’EEG et la pression artérielle. Il a publié plus de 200 articles dans des revues à comité de lecture. Il est co-investigateur de l’étude FROG-ICU et co-coordinateur de l’étude HELP-MOM, toutes deux impliquant des patients dans des conditions aiguës et la collecte d’échantillons biologiques. Il est l’investigateur principal de l’essai STOP-OR-NOT. Il est membre du comité éditorial de la revue Intensive Care Medicine.


    Résumés de communication

    Le point de vue du chirurgien de l’enfant par Thomas Blauwblomme

    L’angiopathie de Moyamoya chez l’enfant provoque une ischémie cérébrale chronique dans le territoire carotidien, dont l’expression la plus sévère est un accident vasculaire ischémique d’origine hémodynamique. Notre présentation abordera les indications de revascularisation cérébrale chez l’enfant, en détaillant le bilan préopératoire à réaliser. Nous distinguerons les techniques directes (bypass), et surtout indirectes par EDAMS (encephalo duro arterio myo synangiosis) ou trous de trépans multiples. Nous exposerons les complications éventuelles, les résultats sur la prévention des récurrences d’AVC et l’évolution cognitive peropératoire.


    L’imagerie IRM de perfusion cérébrale (ASL) par Nathalie Boddaert et David Grévent

    Dans un 1er temps, seront abordées les différentes techniques d’imagerie dont l’ASL, utilisée en routine clinique pour la prise en charge des enfants moyamoya. Un 2è temps sera consacré à une revue de la littérature ciblée sur les avancées en IRM fonctionnelle (ASL, réserve cérébro-vasculaire, consommation en O2) dans l’étude de cette artériopathie. Enfin, nous présenterons notre retour d’expérience en ASL dans les moyamoya syndromiques notamment la drépanocytose.


    Non

    Arts, sciences et techniques : Jules Verne, une vision du XIXᵉ siècle 

    Rediffusion sur singer-polignac.tv

    Avant-propos

    Longtemps considéré comme un auteur inventif et récréatif, dont le premier mérite eût été d’anticiper un XXe siècle scientifique et technologique, Jules Verne apparaît comme un écrivain à succès, un génial vulgarisateur, docile aux idées libérales et républicaines de Jules Hetzel et de Jean Macé. Il est le romancier des synthèses éloquentes et des reformulations mémorables. Si elles ambitionnent d’instruire et de distraire tout en exaltant les vertus moyennes conformes à l’idéal d’éducation bourgeoise, ses fictions s’apparentent à des cartographies modestes, mais néanmoins précieuses et précises ; elles sont le reflet prismatique de la culture, artistique, scientifique et technologique, de son époque.
    A sa manière historien et sociologue, Verne s’intéresse moins aux événements saillants et aux doctrines linéaires du progrès qu’aux conditions ordinaires dans lesquelles un siècle s’investit – et se donne à lire en se projetant dans les situations, les objets et les projets qui dessinent comme les lignes de force d’une histoire culturelle et laissent affleurer les linéaments d’une anthropologie sociale.
    C’est pourquoi le propos de ce colloque se recentre sur la « vision du XIXe siècle » que le romancier rend sensible et invite à dégager, en prenant appui sur la représentation des arts, des sciences et des technologies – sur les formes diverses qu’elle revêt, les relations de pouvoir et de domination qu’elle engendre et les discours d’autorité ou d’insoumission qu’elle suscite. Mais au-delà de ces aspects, c’est sans doute vers un horizon élargi que se porte le regard puisque s’indique de la sorte la ligne fuyante d’une civilisation qui atteint son apogée et prévoit son propre dépassement. Quelle histoire du temps – et quel rapport au temps – ressortent des récits des « Voyages extraordinaires » ? Ou pour le dire autrement : quelle logique ordinaire et infra-ordinaire court sur l’envers et parfois à rebours de la grande fable humaine et culturelle dont le roman de Verne décline de façon parfois emphatique les exploits et les excès, les pouvoirs et les limites ? 

    C’est principalement à ces questions, solidaires à la fois d’une histoire des représentation et d’une histoire des mentalités, que le colloque « Arts, sciences et technique : Jules Verne, une vision du XIXe siècle » voudrait répondre.

    Comité scientifique

    • Daniel Compère
    • Jacques-Remi Dahan
    • Marie-Hélène Huet
    • Henri Scepi
    • Jean-Luc Steinmetz

    Partenaires


    lundi 5 juillet

    14h15 : Ouverture du colloque par Pauline Schnapper, Vice-Présidente de l’Université Sorbonne nouvelle Paris 3 et Eléonore Reverzy, directrice du Centre de recherches sur les Poétiques du XIXe siècle de Paris 3

    Session 1 – Verne, écrivain en son temps

    • Présentation du colloque Jules Verne dans l’épaisseur du siècle
  • Hetzel et moi
  • 15h30 : Discussion

    16h-16h15 – Pause

    17h : Discussion

    17h30 : fin de la journée


    mardi 6 juillet

    Session 2 – Sciences, arts et discours : de la représentation

    Sous la présidence de Jacques Noiray

    9h30 : ouverture de la deuxième journée

  • Au prisme du spectacle : les représentations des mondes verniens
  • 10h30 : Discussion

    11h-11h15 – Pause

  • Avertissements environnementaux au 19e siècle : échos d’une parole scientifique dans les « Voyages extraordinaires »
    • par Kevin Even (Université Sorbonne nouvelle/CRP19)
  • 12h15 : Discussion

    13h-14h – Pause déjeuner

    Session 3 – Inflexions et ambivalences

    Sous la présidence de Daniel Compère

  • Le savant et son secret : le partage des savoirs dans « Robur le Conquérant »
  • « La Chasse au Météore », une certaine vision de la science
  • 15h30 : Discussion

    15h45-16h – Pause

    Session 4 – Le monde des objets

    Sous la présidence de Jacques-Remi Dahan

  • Jules Verne, Walter Benjamin et le XIXe siècle
  • 17h : Discussion

    17h30 : fin de la journée


    Mercredi 7 juillet

    Session 5 – Espaces-temps verniens

    Sous la présidence de Marie-Hélène Huet

    9h30 : ouverture de la troisième journée

  • Jules Verne l’enchanteur et le ‘désenchantement du monde’. Le paradigme de la catastrophe
  • 10h30 : Discussion

    11h-11h15 – Pause

    Session 6 – Humour et contretemps

  • Coup de pub. Jules Verne et les affaires du siècle
  • 12h15 : Discussion

    13h-14h – Pause déjeuner

    Session 7 – Limites et mesures du siècle

    Sous la présidence de Daniel Sangsue

  • Une fantaisie du docteur Verne : les « Voyages extraordinaires » et la physiologie
  • 15h : Discussion

    16h-16h15 – Pause

    16h45 : Conclusion du colloque, par Daniel Compère et Henri Scepi (Université Sorbonne nouvelle)

    Biographies

    Pauline Schnapper

    N.C


    Eléonore Reverzy

    N.C


    Jean-Luc Steinmetz

    Poète et critique, Jean-Luc Steinmetz a longtemps enseigné la littérature française du 19e et du 20e siècle à l’Université de Nantes. Spécialiste entre autres de Rimbaud et de Lautréamont, qu’il a édités, il est l’auteur de nombreux ouvrages sur la poésie moderne et contemporaine. Il a procuré une biographie magistrale de Tristan Corbière (2012). Il est le coordonnateur de l’édition des Voyages extraordinaires de Jules Verne dans la Bibliothèque de la Pléiade (4 volumes de 2012 à 2017).


    Henri Scepi

    Professeur à l’Université Sorbonne nouvelle, Henri Scepi est spécialiste de Laforgue et de la poésie de la seconde moitié du 19e siècle. Il s’intéresse également aux formes romanesques et a publié plusieurs essais sur Flaubert, Zola ou Hugo romancier. En 2018, il a édité Les Misérables dans la Bibliothèque de la Pléiade. Il a participé à l’édition des Voyages extraordinaires de Verne dans la même collection (dir. Jean-Luc Steinmetz, 4 volumes, 2012-2017). Il a récemment publié Charles Baudelaire. La Passion des images (Quarto, Gallimard, 2021).


    Piero Gondolo della Riva

    Collectionneur de renom, grand spécialiste de Jules Verne, auquel il a consacré de nombreuses études pionnières, vice-président de la Société Jules Verne, Piero Gondolo della Riva a notamment été, avec Olivier Dumas et Volker Dehs, le maître d’œuvre de la correspondance de Jules Verne, publiée chez Michel Slatkine.


    Patrick Deville

    N.C


    Jacques Noiray

    Professeur émérite à Sorbonne-université, spécialiste de la littérature romanesque du second 19e siècle (Zola, Maupassant, Verne, Villiers…), Jacques Noiray est notamment l’auteur de l’ouvrage de référence Le Romancier et la machine (José Corti, 2 volumes, 1981). Il a également édité dans la collection Folio Vingt mille lieues sous les mers et L’Île mystérieuse


    Marie-Hélène Huet

    Professeur émérite à Sorbonne-université, spécialiste de la littérature romanesque du second 19e siècle (Zola, Maupassant, Verne,

    Marie-Hélène Huet, Professeur à Princeton University, a publié plusieurs ouvrages sur la littérature et l’histoire culturelle européenne, dont Rehearsing the Revolution (1982), Monstrous Imagination (Prix Harry Levin de Littérature Comparée, 1994); Mourning Glory, The Will of the French Revolution (1997); The Culture of Disaster (2012). Elle a également contribué à l’édition des romans de Jules Verne dans la Bibliothèque de la Pléiade (2012-2017).


    Sylvie Roques

    Sylvie Roques est chercheure associée HDR au Centre Edgar Morin- IIAC (EHESS/ CNRS). Elle enseigne à l’Université d’Evry Val d’Essonne. Elle a publié en 2015 Dans la peau de l’acteur (Armand Colin) et en 2018 Jules Verne et l’invention d’un théâtre monde (Classiques-Garnier).


    Daniel Compère

    Daniel Compère a été maître de conférences de littérature française à l’Université de la Sorbonne nouvelle-Paris 3 jusqu’en 2014. 

    Spécialiste de Jules Verne, il a publié plusieurs ouvrages et de nombreux articles sur cet auteur dont, récemment, La Science romanesque de Jules Verne (AARP/Encrage Edition, « Bibliothèque du Rocambole », 2013). 

    Il a également publié une étude sur Les Romans populaires (Presses de la Sorbonne nouvelle, 2011), et il est le responsable de la revue Le Rocambole qui consacre des dossiers à divers aspects des romans populaires.


    Kevin Even

    Docteur de l’Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle, Kevin Even est l’auteur d’une thèse sur La Question environnementale dans les Voyages extraordinaires de Jules Verne. Ses recherches l’ont conduit à participer au colloque Verne de l’Université d’Ottawa, à faire une séjour de recherche à New York et à s’investir au sein du collectif littéraire étudiant sur les questions écopoétiques ZoneZadir.


    Marie-Françoise Melmoux-Montaubin

    Professeur à l’Université de Picardie, Marie-Françoise Melmoux-Montaubin s’intéresse aux relations entre littérature et journalisme au XIXe siècle. Elle est en outre spécialiste de l’œuvre de Jules Verne. Avec Christophe Reffait, elle a coordonné l’ouvrage Les Voyages extraordinaires de Jules Verne : de la création à la réception (Encrage, 2012).


    Andrea Masnari

    Andrea MASNARI est jeune docteur en lettres de l’Université de Parme (IT) en cotutelle avec l’Université d’Angers. Actuellement, il vient de soutenir une thèse intitulée Savoirs scientifiques et savoirs occultes. Le texte littéraire et la transmission de la connaissance dans la littérature française de la fin de siècle. Au centre de son étude on retrouve la vision du savoir dans l’œuvre d’auteurs connus et moins connus de la littérature des dernières années du XIXe siècle, tels Villiers de l’Isle-Adam, Jules Verne, Émile Zola, Joris-Karl Huysmans, Gaston Danville, Jules Lermina et Léo Taxil.


    Laurence Sudret

    Certifiée de Lettres Modernes depuis 1993, Laurence Sudret a soutenu sa thèse de doctorat à l’Université de Nantes en 2000 ; l’ouvrage a été publié sous le titre Nature et artifice dans les Voyages extraordinaires (ANRT, 2000). Ce travail se consacrait à la place de la nature dans les romans verniens et aux liens qu’elle établit avec l’activité humaine. Elle est actuellement secrétaire générale de la Société Jules Verne (Paris) ainsi que membre du comité de rédaction du Bulletin publié par cette association littéraire. 

    Elle a enseigné dans le secondaire en Métropole, à Mayotte et en Polynésie française ; elle écrit également de la fiction sous le pseudonyme d’E. Louvieux. 


    Jacques-Rémi Dahan

    N.C


    Jean-Michel Gouvard

    Jean-Michel GOUVARD est Professeur de Langue et de Littérature françaises à l’Université de Bordeaux Montaigne et membre de l’équipe T.E.L.E.M. (EA 4195). Ses recherches portent sur les interactions entre littérature et société, du Second Empire aux années d’après-guerre. Son dernier essai s’intitule Le Nautilus en bouteille. Une lecture de Jules Verne à la lumière de Walter Benjamin (Renes, Pontcerq, 2019).


    Philippe Mustière

    Agrégé de lettres, Philippe Mustière est professeur honoraire en Sciences de la Communication, chargé de mission Culture à l’Ecole Centrale de Nantes. Spécialiste des méthodologies en sciences humaines, et notamment de la « nouvelle communication » (Ecole de Palo-Alto), il participe régulièrement à un certain nombre de colloques ou de publications universitaires.

    Auteur d’essais et d’articles sur deux écrivains majeurs du XIXème siècle français, Balzac et Jules Verne, membre d’une dizaine de sociétés savantes, il fait des conférences dans l’Europe entière et en Amérique du Nord, sur Jules Verne.

    Initiateur de colloques internationaux pluridisciplinaires “Les Rencontres Jules Verne », qui réunissent chaque fois plus de 500 personnes, autour de 50 conférenciers venus du monde entier, il organise ces colloques bisannuels sur la question de la vulgarisation, de l’éducation scientifique et des questions contemporaines posées à la science, Philippe Mustière prépare actuellement une encyclopédie sur le discours scientifique et sa vulgarisation.


    Daniel Sangsue

    Daniel Sangsue est professeur émérite de l’Université de Neuchâtel. Il a aussi enseigné à Genève, Smith College, Paris 3 et Grenoble. Il est l’auteur d’essais sur Stendhal, le récit excentrique, la parodie et les fantômes. Derniers ouvrages parus : Vampires, fantômes et apparitions (Hermann, 2018) et Journal d’un amateur de fantômes (La Baconnière, 2018).


    Bertrand Marquer

    Bertrand Marquer est maître de conférences H.D.R. à l’Université de Strasbourg, membre junior de l’Institut Universitaire de France. Ses recherches portent sur les rapports entre discours littéraire et discours médical au xixe siècle, et sur l’impact de ce croisement dans l’histoire des représentations. Il a notamment publié Les Romans de la Salpêtrière (Droz, 2008) ; Naissance du fantastique clinique (Hermann, 2014) ; L’Autre siècle de Messer Gaster ? Physiologies de l’estomac dans la littérature du xixe siècle (Hermann, 2017).


    Christophe Reffait

    Professeur à l’Université de Picardie, Christophe Reffait est l’auteur de La Bourse dans le roman du second XIXe siècle (Champion) et d’un essai intitulé Les lois de l’économie selon les romanciers du XIXe siècle (Classiques-Garnier). Avec Marie-Françoise Melmoux-Montaubin, il a coordonné l’ouvrage Les Voyages extraordinaires de Jules Verne : de la création à la réception (Encrage).


    Résumés de communication

    Hetzel et moi

    par Piero Gondolo della Riva

    On se propose de revenir sur les liens qui unissent le romancier à son éditeur. L’amitié qui les rassemble permet de cerner les enjeux affectifs et personnels d’une collaboration fructueuse et pérenne. Elle donne aussi à voir les lignes de force d’une entreprise littéraire et éditoriale novatrice, qui illustre pleinement l’essor de l’édition grand public au mitan du XIXe siècle. 


    Jules Verne à l’âge des Expositions universelles

    par Marie-Hélène Huet

    On a souvent cité la visite de Jules Verne à l’Exposition universelle de 1867 et mentionné le rôle qu’auraient pu jouer certaines de ses attractions dans l’écriture de ses romans. Mais au-delà de cette rencontre ponctuelle entre l’imagination vernienne et les nouvelles technologies, au-delà de la célébration simultanée de l’industrie et des arts, les expositions qui se sont succédé au XIXe siècle à Londres, Paris ou Chicago témoignent d’une vision des peuples et de leur culture qui reflète aussi le développement de l’anthropologie. Il s’agira de réfléchir à certains des concepts éthologiques qui président en même temps aux expositions universelles et aux Voyages extraordinaires.


    Au prisme du spectacle : les représentations des mondes verniens

    par Sylvie Roques

    Evènements spectaculaires, les adaptations de Jules Verne et Adolphe d’Ennery au Châtelet marquèrent durablement les esprits de toute une génération de spectateurs pendant près de 60 ans. 

    Créant un nouveau genre, ces fééries scientifiques renouvellent l’espace étroit de la scène, en installant sur le plateau les grandes machines contemporaines, les animaux, les phénomènes cosmiques, les ethnies éloignées. Brusquement, les frontières traditionnelles explosent bouleversant les vieilles unités de l’espace et du temps. Jules Verne a créé ce que l’on peut appeler « un théâtre monde ». Il s’est aidé de techniques innovantes inspirées sans doute aussi par les machineries utilisées dans les opéras, pour créer une instrumentation faite d’intensité lumineuse, de mouvements permettant une dynamisation des décors (imitation des flots, les ondulations de la flore, installation de panoramas, d’illusiorama, présence animée de machines monumentales (bateau, locomotive entre autres), présence animale enfin (éléphant, ours, cheveux, âne). La scène à l’issue d’un travail considérable d’organisation voire d’orchestration est ainsi devenue « autre ». 

    Cette accumulation multiforme mais très organisée ne pouvait que satisfaire un nouveau public populaire à la fin du XIXe avide de connaissances et de curiosité, éduqué sans doute par une presse d’information florissante mais avide aussi de surprises, de merveilles voire d’enchantement. Aucun doute de tels changements inaugurent déjà ce que le cinéma saura inventer : un avantage majeur donné au mouvement, un décloisonnement radical des horizons, une extraordinaire variété de points de vue sur le même objet, l’utilisation de techniques mouvantes telles le « diorama » (reprises pour représenter le « Tour du Monde » lors de l’exposition 1900 à Paris). Ce Jules Verne, homme de théâtre s’avère aussi important que Jules Verne homme de roman. 

    C’est bien cette entreprise théâtrale qu’il s’agit ici de mettre en perspective et d’exposer. C’est elle dont il s’agit de montrer le contexte, l’importance, l’originalité. Tous les éléments existent pour faire d’une telle réalisation, un événement intellectuellement séduisant autant que culturellement vivant et stimulant. 


    Irrespect scientifique et discours bouffon

    par Daniel Compère

    Le discours scientifique que les romans de Verne assument souvent avec sérieux et conscience d’un savoir fiable à apporter aux lecteurs, il existe parfois un contre-discours qui joue avec le premier, le moque, voire le remet en cause.

    Comment cela se manifeste-t-il ? Ce contre-discours est-il pris en charge par un type de personnage ? Et quel but l’auteur poursuit-il en mettant ainsi en cause l’un des fondements de son œuvre romanesque ?


    Avertissements environnementaux au 19e siècle : échos d’une parole scientifique dans les « Voyages extraordinaires »

    par Kevin Even

    La présence de la thématique environnementale dans les Voyages extraordinaires s’explique par la dimension géographique de l’œuvre, la nature est l’endroit privilégier du voyage et de l’émerveillement, mais également car Jules Verne est attentif à toutes les découvertes scientifiques susceptibles d’enrichir le contenu didactique de ses ouvrages. Au XIXe siècle, les conséquences négatives de l’industrialisation sont connues et perçues bien au-delà des centres urbains : des scientifiques préviennent contre l’épuisement des ressources fossiles, contre l’extinction d’espèces animales, mais également contre le recul des forêts ainsi qu’à-propos des pollutions industrielles. Lecteur de revues spécialisées et de bulletins scientifiques, Jules Verne est au fait de ces inquiétudes qu’il relaie tout au long de son œuvre. 

    Dans cette communication il s’agira de mettre en parallèle ces avertissements avec quelques textes verniens pour comprendre quelles informations sont traitées, comment et dans quels buts. Cette lecture, au cours de laquelle les noms de Michelet, Reclus, Toussenel et Simonin seront évoqués, est l’occasion de comprendre la place méconnue des Voyages dans la littérature soucieuse des écosystèmes, et donc de voir comment s’articulent art, science et technique au sein de ce projet romanesque.


    Jules Verne et l’idée européenne : les « Voyages extraordinaires » en Europe centrale et balkanique

    par Marie-Françoise Melmoux-Montaubin

    Au moment où se mettent en place les conséquences du Congrès de Berlin (1878), Verne consacre coup sur coup plusieurs romans à l’Europe centrale et balkanique. Évoquant successivement l’Empire ottoman (Kéraban-le-Têtu, 1883), la Grèce (L’Archipel en feu, 1884), les revendications de la Hongrie (Mathias Sandorf, 1885) et la Transylvanie (Le Château des Carpathes, 1892), il produit un ensemble que complèteront deux romans publiés de manière posthume (lourdement transformés par son fils), Le Beau Danube jaune écrit en 1902 et publié en 1908 sous le titre Le Pilote du Danube et Le Secret de Wilhelm Storitz. Cette concentration témoigne d’un regard singulier sur une partie de l’Europe alors mal connue, tiraillée entre les grandes puissances et en pleine mutation : c’est en ces terres que commence la construction européenne, avec ses faiblesses et ses ambitions. Il s’agira de voir à la lecture de ces textes ce que Verne a compris de l’Europe naissante, ce qu’il en attend, ce qu’il en rêve. 


    Le savant et son secret : le partage des savoirs dans « Robur le Conquérant »

    par Andrea Masnari

    En occasion du présent colloque de la Fondation Singer-Polignac, intitulé « Arts, sciences et technique : Jules Verne une vision du XIXe siècle » je me propose d’interroger la représentation et la valeur de la science qui transparaissent de la lecture de Robur le conquérant (1886) et Maître du Monde (1904) du célèbre cycle des Voyages Extraordinaires.

    Plus spécifiquement, l’analyse portera sur les changements qui semblent s’avérer par rapport à la vision et au rôle du progrès scientifique dans les deux romans, publiés à dix-huit ans d’écart, en interrogeant tout particulièrement la façon dont le savoir est présenté et inséré par l’auteur dans l’univers diégétique.


    « La Chasse au Météore », une certaine vision de la science

    par Laurence Sudret

    La Chasse au météore est l’un des derniers romans écrits par Jules Verne. Publié parmi les « posthumes » il a été profondément remanié par Michel qui lui a ajouté des éléments scientifiques importants. Pourtant, le roman original n’est pas dénué de science mais elle n’est pas, a priori, valorisée comme elle l’est habituellement. 

    En effet, les lauriers d’une science dont le propos et l’objectif seraient de rendre l’homme plus fort voire omnipotent lui permettant de vivre de mieux en mieux grâce à un progrès bienvenu, ont disparu pour laisser la place à une science inutile, inopérante voire néfaste. L’image glorieuse du scientifique – ingénieur n’est plus ; le lecteur est confronté cette fois à des êtres orgueilleux, sans morale et sans valeur. 

    Cette Chasse serait-elle la représentation symbolique de celle que Jules Verne entreprit toute sa vie : courant après le savoir, la science, la technologie et leur efficacité concrète dont le monde pourrait bénéficier, mais considérant au crépuscule de sa vie que cette course était, en fait, vaine et inutile ?


    L’orgue du Capitaine Nemo

    par Jacques Noiray

    Il s’agira d’étudier l’orgue du Nautilus de trois points de vue différents : 1. L’objet technique, métonymie du sous-marin tout entier. 2. La machine à fabriquer de « l’extase musicale » et à produire l’atmosphère de mélancolie qui enveloppe Nemo et son navire. 3. La fonction de la musique et la relation qui, par l’intermédiaire de l’instrument, réunit les deux fluides essentiels du roman, la mer, « infini vivant », et l’électricité, « âme de l’univers », pour créer l’harmonie supérieure qui exalte la surhumanité de Nemo et du Nautilus.


    Jules Verne, Walter Benjamin et le XIXe siècle

    par Jean-Michel Gouvard

    Walter Benjamin n’avait guère lu Jules Verne, sur lequel il prononce un jugement pour le moins lapidaire dans son célèbre article « Expérience et pauvreté ». Toutefois, la vision du XIXe siècle que développe le philosophe allemand dans ses textes sur Baudelaire et sur Paris aurait trouvé une confirmation spectaculaire dans l’œuvre de Jules Verne, non seulement par les motifs récurrents auxquels recourt le romancier, mais aussi par la qualité même du regard qu’il portait sur son époque. C’est à montrer en quoi Les Voyages extraordinaires constituent une plongée au cœur même du « rêve collectif du XIXe siècle », pour reprendre une formule clé de Walter Benjamin, que sera consacrée cette communication.


    « Autour de la lune » : ombres et lumières d’une genèse

    par Jacques-Remi Dahan

    N.C


    Jules Verne l’enchanteur et le ‘désenchantement du monde’. Le paradigme de la catastrophe

    par Philippe Mustière

    Jules Verne décrit, dans ses Voyages extraordinaires, les bouleversements successifs de la société industrielle de la fin du XIXe siècle. Le monde dans lequel vit Jules Verne est loin d’avoir toutes les qualités dont le triomphalisme scientiste a bien voulu le décorer ; c’est déjà un monde qui suinte d’une étrange angoisse, un monde déjà perverti par la technologie, Il faut oser parler de cette névrose générale, de cette névrose historique et conjoncturelle, qui a touché la plupart des écrivains de cette époque, à commencer par Flaubert, Zola ou Huysmans. Les mondes verniens partent tous à la dérive, se démantèlent, le système les constituant semblant bien être, à chaque fois, le bouleversement, le soubresaut, la cassure.

    Avec la notion de catastrophe, Jules Verne exploite un nouveau paradigme, dans ce XIXème siècle où l’impossible devient certain, provoquant une sorte d’exaltation et d’effroi qui ressemble au sentiment du sublime, au sens que donnent à ce mot Burke et Kant. Le temps des catastrophes, c’est cette temporalité en quelque sorte inversée. Catastrophes industrielles, sanitaires ou climatiques dans les Voyages extraordinaires, l’homme ne peut se réaliser que dans une société dont les mythes sont bornés de cauchemars.

    Jules Verne, l’enchanteur de nos lectures d’enfance, serait-il devenu désenchanté, voire désenchanteur ?


    Jules Verne et le récit de voyage humoristique

    par Daniel Sangsue

    La communication sera consacrée au Voyage [à reculons] en Angleterre et en Ecosse (1859), texte refusé par Hetzel et resté inédit jusqu’en 1989. Par ses références explicites à Sterne et Nodier, son parcours en zigzag, ses fantaisies de composition, son goût pour le paradoxe et l’ironie, ce récit s’inscrit dans la tradition de ce que j’ai appelé le voyage humoristique (voir La Relation parodique, chap. 16), lui-même province du récit excentrique. Jules Verne y présente souvent une peinture satirique du Royaume Uni, de ses mœurs et de son industrialisation, peinture qui nous en apprend beaucoup sur la vision du 19e siècle du jeune auteur.


    Coup de pub. Jules Verne et les affaires du siècle

    par Henri Scepi

    Le propose se recentre sur le discours et les manœuvres publicitaires dans la pratique littéraire de Verne – à la fois en bordure des œuvres et à l’intérieur des textes. Il s’agira plus précisément d’étudier la façon dont sont loués et « vendus » le succès et ses gratifications, qu’elles soient matérielles ou non : l’argent, la notoriété, le pouvoir, la gloire. C’est bien à l’aune de cette fin qu’il convient de scruter et d’évaluer dans la production romanesque de Verne ce que nous appellerons les scénarios de la réussite : la morale de l’action s’y ordonne aux abscisses de la publicité définie d’abord comme sphère publique et scène de l’échange et du débat, ensuite conçue comme success story enlevée sur fond d’illusion ou de mystification – apothéose en d’autres termes du « glorieux mensonge » dont il se peut, qu’en dernière analyse Verne propose le démontage. 


    Jules Verne : le « goût » de l’aventure

    par Bertrand Marquer

    Cette communication a pour but d’explorer la tension qui traverse ce « goût » de l’aventure, tension par exemple illustrée par le dialogue entre Conseil et Ned Land à propos du dugong, bête « bonne à manger » que Conseil veut épargner « dans l’intérêt de la science » et Ned chasser « dans l’intérêt de la cuisine ». Ce conflit d’intérêt permet de comprendre la structuration de nombreux récits verniens, dans lesquels l’appétit de découverte passe aussi par la consommation de ce qui est découvert. 


    Une fantaisie du docteur Verne : les « Voyages extraordinaires » et la physiologie

    par Christophe Reffait

    Citant le texte d’Anatole Le Braz sur « La légende de la science », Charles Lemire tendait en 1908 à perpétuer l’idée selon laquelle Jules Verne aurait introduit la science dans le roman tandis que d’autres, réalistes et naturalistes, y faisaient entrer la physiologie. À lire les pages où le Docteur Ox est donné comme « un rival heureux des Davy, des Dalton, des Bostock, des Menzies, des Godwin, des Vierordt, de tous ces grands esprits qui ont mis la physiologie au premier rang des sciences modernes » (chap. IV), ou bien à lire le chapitre VII d’Autour de la Lune (inséparable de la nouvelle publiée deux ans plus tard) dans lequel Michel Ardan expose accidentellement ses compagnons à une « exaltation singulière » par abus d’oxygène, on se prend à penser que le roman vernien est bien plutôt un lieu éminent de la physiologie. Mais une physiologie burlesque qui passerait presque pour une charge des protocoles du roman expérimental et des autorités alléguées par Zola, et qui vaudrait à la fois comme analyse des passions, ironie de la normalité et diagnostic social, en même temps qu’elle définit une poétique du personnage ou du dialogue.


    Comment finir

    par Christophe Reffait

    Sous ce titre aux résonances presque beckettiennes se dissimule à peine le projet de cerner, dans les romans de Verne, ce qui pourrait être un art de la fin. Entre dénouement dramatique et clausule narrative, entre logique de l’achèvement et pensée du devenir, il s’agit d’examiner plus concrètement ce que les conclusions romanesques verniennes peuvent nous enseigner – non seulement sur la manière de construire et de conduire le récit, mais aussi sur la philosophie du temps qui s’y développe et la vision de l’histoire (Histoire ?) qui s’y révèle.


    Jules Verne à sa table de travail, photographie de Ch. Herbert, 1900

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