Arcueil. Cachan, le 10 oct. 1918

 

Chère & Bonne Princesse ---- Je viens vous demander un grand service. Lors de ma condamnation, vous m'avez remis très amicalement une somme de onze cents francs. Sur cette somme, j'ai payé 211F, 26. Il reste donc 888F, 74.

C'est ici que je m'adresse à vous - -

A la suite des malheurs & des originalités de la présente guerre, je me trouve dépourvu de sous, ducats & autres objets de ce genre. Le manque de ces bibelots fait que je ne suis pas très à mon aise. Oui, - --  & La Nécessité* (*un bien drôle d'animal) me fait, Chère Madame, me tourner vers vous, & m'incite à vous prier de m'autoriser à me servir des 888F, 74 dont il est question plus haut.

Vous savez, Princesse, que je n'ai nullement l'intention de donner un sou au noble critique cause de mes maux judiciaires. Cent francs me suffiront pour le mener en référé & pour parer ses mauvais coups, & lui tenir tête, s'il m'attaque.

Puis-je disposer de ce reliquat ?

Comme avance ?

------ Comment allez-vous ? j'ai eu de vos nouvelles par Madame Cocteau. Picasso m'a dit vous avoir vue. Quand aurai-je ce plaisir ?

Je ne compte pas vous envoyer "Socrate" avant de vous l'avoir soumis (lire : de vous l'avoir soumis à l'audition). Je remets l'orchestre au net. L'ouvrage reste ainsi que nous en avions parlé tous deux, Chère & Bonne Princesse.

Nous aurons un joli spectacle avec le Renard, car l'oeuvre de Stravinsky est bien, très bien. Revenez vite, Madame ; portez-vous bien; & croyez-moi votre respectueux et dévoué,

Erik Satie.

DOUBLE DE LA 052à supprimer

 

6 mai 1903.

Madame,

Je m’empresse de vous assurer de ma plus profonde reconnaissance pour le service que vous venez de me rendre. Dès que de retour, je compte aller vous apporter de vive voix mes remerciements. Veuillez agréer, Madame, mes plus respectueux hommages.

Maurice Ravel

Affaires Etrangères  16 janvier 1931

Madame et respectée Amie,

Stanislas m'avait dit que ne souhaitiez qu'une recommandation de moi, et j'en suis fier. Permettez-moi de vous dire combien j'ai été heureux que mon ami Grinda se soit honoré en signant votre décoration.

La France vous doit beaucoup et la gratitude est un devoir très doux

Votre respectueux ami et admirateur

Philippe Berthelot

Fourques 1935-

Princesse,

Laissez-moi vous dire ma longue et profonde et respectueuse tendresse, faite de souvenirs du coeur, tous précieux et forts.

votre Jean Cocteau

                                                                                                              43 Avenue Henri Martin

Monsieur, Je m'excuse de n'avoir pu encore vous remercier de votre lettre, et vous dire mon regret d'avoir été obligée de remettre mon voyage en Espagne. Les nouvelles que vous me donnez de votre ouvrage me font bien grand plaisir, et j'ai hâte de le connaître. Ne devez-vous pas venir à Paris prochainement ? Des amis communs me l'avaient fait espérer. Je ne quitterai Paris qu'au mois d'août, et je serais très heureuse si d'ici là j'avais l'occasion de vous rencontrer.

Croyez je vous prie Monsieur à toute la part que je prends au deuil qui vous a si cruellement frappé, et que j'ai appris avec beaucoup de respect.

J'espère vous voir bientôt à Paris, ou en Espagne plus tard - et je vous envoie en attendant l'expression de mes sentiments très distingués

Pcesse Ed de Polignac

15 mai 19 

Ma très chère, très chère Winnie, j'arrive il y a une heure de la campagne et le directeur d'un journal me téléphone dans ces termes : "Voulez-vous me faire cinquante lignes sur la mort de Madame de Noailles ? " Voilà, ma chère Winnie, comment j'ai appris la nouvelle, qu'un grand esprit, un courage indompté, une femme exquise, les plus beaux yeux du monde, tout cela s'était éteint. Je pense que vous avez beaucoup de chagrin, que vous serez longtemps atteinte, que vous n'aimerez pas le dire à tout venant. Je sais aussi que vous ne m'en voudrez pas de vous avoir écrit comme si vous étiez sa plus chère parente. Je vous embrasse de tout mon coeur, votre Colette

Winnie chère, croyez-moi, Beauvallon n'est pas possible ! J'ai à Seawood Lodge (à 500 mètres de chez moi, villa isolée, propriétaire charmant, table excellente, c'est tout nouveau, jardins, fleurs, bord de mer très élevé) une chambre qui ne peut pas ne pas vous plaire ! Je reviens, je vais conduire Maurice Goudeket à un train inéluctable de 6h à St Raphaël, le povre ! Mais ne restez pas à Beauvallon, vous prendriez tout le pays en grippe ! A tout à l'heure, dînons ensemble, ou chez moi (frugalité) ou à Seawood (bon dîner et vin un peu là !) Naturellement, votre dépêche m'a été remise ce matin à 8 heures. Je vous dirai qui j'ai fait déménager pour vous, à Seawod. Votre Colette.

(janvier 1896 ? non daté)

Chère Princesse,

Je veux vous remercier encore pour la belle soirée d'hier. Je vous suis bien sincèrement reconnaissant !

Tâchez que je vous voie souvent : votre esprit me fait du bien ,même quand vous vous moquez de moi! et vous me donnez le désir de travailler.

Pour vous deux mes sentiments les plus dévoués et affectueux.

Gabriel Fauré

J'ai rêvé de votre Prélude. Mais comme il dénonce une âme agitée !

16 novembre 1932

8 place Charles Fillion XVIIe

 

Chère Princesse,

Je vous remercie beaucoup de m’avoir écrit avec autant de bonté ; naturellement je n’avais pas oublié votre invitation pour le concert Stravinsky et je m’en réjouis beaucoup. Je me permettrai seulement de vous téléphoner, si je n’ai pas eu le plaisir de vous voir d’ici là, pour savoir comment vous rencontrer le soir du 8 déc.

Je vous suis très reconnaissant aussi d’avoir pensé à me donner un acompte le 1er Décembre. Cela m’arrange très bien d’autant plus que je suis très inquiet de ce côté pour mon hiver ; à ce propos je veux vous demander quelque chose si ce n’est pas abuser de votre bienveillance : vous serait-il possible de me dire les dates éventuelles que vous envisageriez pour le reste, et cela pourrait-il être un quart le 1er Janvier, un quart le 1er Février et le reste à la remise du manuscrit ?

Je m’excuse de vous demander cela aussi simplement, mais je me le permets uniquement parce que l’assurance de ces dates me donnerait une tranquillité si nécessaire pour mon travail, qui sera durant quelques mois mon plus cher effort.

J’espère seulement, chère Princesse, que vous n’y verrez aucun inconvénient, et je vous prie de recevoir mes très respectueux hommages

Igor Markevitch.